A la recherche d’une agriculture de transition

AgricultureTransition-RS

Dans le cadre du parcours Cap 360°, nous avons approfondi le thème « Cultiver ». Louise Bellet, jeune agricultrice de l’Aisne, pilote un projet d’agriculture de transition, sur l’exploitation familiale où sont produits céréales, colza, betteraves et endives. Elle nous raconte :

« Lorsque l’on parle de communs en agriculture, il faut savoir que l’agriculture est en elle même une culture bien à part, et que les agriculteurs, où qu’ils soient sur la planète, partagent beaucoup de communs culturels. Ils sont, pour la plupart, liés par des valeurs de travail, d’autonomie, d’entraide. Ils entretiennent souvent un lien fort avec  la terre comme patrimoine familial, naturel, paysagé et culturel, sur lequel s’est construit leur activité de production agricole.

L’agriculture est d’abord définie par son environnement, son sol et un climat avec son lot d’incertitudes. Et c’est l’agriculteur qui devient ensuite garant du paysage, de la fertilité de son sol, de la biodiversité ambiante. Une expression française inscrite dans les baux de fermage, décrit bien cet état de fait : « cultiver en bon père de famille ».

Je ne pense pas qu’il y ait de clivage spécifique entre agriculteurs, mais il peut y en avoir entre modèles de production.  Les modèles de production s’adaptent plus ou moins bien aux valeurs agricoles. Le modèle agroindustriel développé après guerre apparaît aujourd’hui, pour beaucoup, trop coûteux pour l’environnement et pour le bien-être social. Par conséquent, son devenir économique est remis en question.  La logique du « toujours plus », issue du capitalisme, va à l’encontre même des valeurs de durabilité et de transmission de l’agriculture. Ce qui est l’une des causes du mal-être de nombreux agriculteurs modernes.

Le changement de modèle n’est pas aussi simple qu’on le voudrait car l’économie de l’agriculture s’est fortement adaptée au modèle agroindustriel. Nous avons aujourd’hui une logique de production à grande échelle, où la quantité prime sur la qualité et où le consommateur est éloigné du producteur. La finalité prime sur les moyens, et cela souvent au dépit du bon sens agronomique.

Un changement de modèle implique une transition sociale, environnementale et économique qui concerne l’ensemble de la chaîne de production, du champ à l’assiette.

C’est pourquoi, avec un groupe d’agriculteurs engagés pour la conservation des sols et de la biodiversité, nous avons monté un projet de ferme expérimentale participative. Ce site doit servir de base d’évaluation scientifique. Il sera la démonstration pédagogique d’un itinéraire de transition vers un système performant et vertueux. Il s’agit ainsi de renouer avec l’humain, entre agriculteurs et avec les consommateurs et résidents ruraux. De renouer avec l’agronomie et les valeurs de garant dont l’agriculteur doit faire preuve vis-à-vis de son outil de production : « l’agroécosystème ».

Nous parlons d’agroforesterie pour le retour de la biodiversité dans nos parcelles, nous parlons d’agriculture de conservation et de protection intégrée pour redonner à l’agronomie et à l’agro-écosystème le pouvoir de produire, nous parlons de productions locales à valeurs ajoutées pour l’agriculteur et son territoire.

Notre projet souhaite permettre une mobilisation collective grâce à une dynamique de groupe local. Allier sciences, techniques et pédagogie pour le renouveau agricole : voilà notre pari. »

 

>> Cultiver : la vidéo à voir et revoir !

  • A la recherche d’une agriculture de transition
    Notez cet article

À propos de l'auteur

Courant pour une écologie Humaine

Vos réactions

Soyez le premier à donner votre avis

Donnez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.