Accueillir l’altérité et se dépasser

Subjuguante altérité : Cyrille Krebs, responsable de l’alvéole Éducation, a écrit un mémoire dédié à la paternité dans lequel il est nécessairement question de ce rapport homme/femme. Un beau moteur de dépassement de soi !

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L’altérité, qui trouve sa source dans la différence des sexes, vécue dans l’amour, trouve sa manifestation dans les corps et son prolongement dans l’esprit. Elle est au cœur de l’amour conjugal. Elle est ce qui fait de cet engagement une source permanente de tension qui nous pousse mieux que toute autre relation à un décentrement radical de nous-même [1] et nous fait progresser sans fin dans la compréhension de l’autre et la délicatesse à son égard en cherchant à mieux le connaître et mieux l’accompagner dans l’atteinte de sa finalité propre. L’altérité fait de l’amour un mouvement, une recherche sans fin de l’autre en tant qu’il est à la fois mon alter ego et en même temps différent. L’altérité « alimente » le feu. Seul l’amour entre un homme et une femme peut être de cette nature parce que fondé sur cette altérité qui n’est pas simple différence accidentelle mais source irréductible de dépassement et d’engendrement.

« Être une personne, c’est exister comme être de don trouvant son plein accomplissement dans la communion ».  Karol Wojtyla affirme que « par le corps nous pouvons être don de nous-mêmes sans rompre notre unité » [2]. Il ajoute que la « communion des personnes dans l’unité du corps et de l’âme est l’accomplissement naturel le plus grand qui soit donné à l’homme » […] « La sexualité devient un achèvement du don total de soi pour l’homme et la femme dans la mesure où ils intègrent la finalité dans un acte volontaire donc libre et réciproque et où l’unité (corps et âme) de l’un et de l’autre est portée par la communion des deux. »
L’amitié entre époux prend toute sa signification dans le don qui se fait à travers toutes les dimensions de la personne, corporelle, affective, spirituelle. Il va jusqu’au don du corps. Ce don prend sa signification dans la durée par un engagement mutuel, un consentement à poursuivre ensemble, progresser ensemble, se donner soi-même pour aider l’autre à parvenir à son accomplissement et réciproquement, chacun aidant l’autre à grandir dans l’unité de l’amour et de la vérité dans le respect de sa nature [3]. L’amour n’enferme pas l’homme sur lui-même dans une fusion de deux êtres. Au contraire, il nous révèle le mystère de notre singularité (caractère unique et non interchangeable) et de notre altérité, le mystère de notre complémentarité et nous élève dans une aspiration commune au bien Ultime. Ainsi l’amour ne s’achève pas dans la relation conjugale mais il appelle à déborder et porter du fruit au-delà. La procréation est pour l’homme un lieu particulier de cette révélation.

 

[1] « Libération de soi par la désappropriation de soi, qui transforme notre moi possessif en un moi oblatif, totalement ouvert aux autres, en emportant tout notre être dans une relation d’amour » Quel homme quel Dieu, Maurice Zundel, p 221

[2] Mariage : La révolution de la révolution du corps, Yves Semen, tiré de Jean Paul II héritage et fécondité

[3] « Dans l’ordre de l’amour, l’homme ne peut rester fidèle à la personne que dans la mesure où il restera fidèle à sa nature. En violant les lois de la nature, « il viole » également la personne en en faisant un objet de jouissance au lieu d’en faire un objet d’amour. La disposition à la procréation dans les rapports conjugaux protège l’amour, elle est la condition indispensable d’une union véritable des personnes » Karol Wojtyla, Amour et responsabilité

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Courant pour une écologie Humaine

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