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Méthode Vittoz : trouver une unité tête – cœur – corps

8 novembre 2019
Laurence Oudjani est thérapeute, formée, entre autres, à la méthode Vittoz. Elle en décrit les bienfaits dans cette rapide vidéo.

La méthode Vittoz, à mon sens, permet d’apprendre à vivre en trouvant une unité tête – cœur – corps :

– apprendre à mieux penser, à pouvoir agir sur nos pensées pour éviter ce que j’appelle les « virus » qui nous empêchent de voir la réalité telle qu’elle est et de nous ouvrir à l’autre,
– apprendre à accueillir nos émotions et à consentir à leur présence. Elles ont un message à délivrer ; nos besoins, notamment, qui se cachent derrière,
– apprendre à habiter notre corps pour être pleinement nous-mêmes, en relation avec l’autre.

Ce sont ces trois pôles que nous allons essayer peu à peu d’unifier pour développer notre état de présence : présence à nous-même, à l’autre, au monde qui nous entoure.

Le docteur Vittoz invitait à « regarder comme l’enfant au réveil », c’est-à-dire à apprendre à s’émerveiller, mais pas seulement devant ce qui est beau – même s’il est formidable d’apprendre à goûter et à savourer ce qui est bon. Il faut aussi apprendre à accueillir ce qui l’est moins, parce que dans notre vie, il y a des moments plus difficiles, plus douloureux. Si j’apprends à les accueillir avec cette ouverture du cœur, avec authenticité, sincérité, souplesse et simplicité, je vais devenir de plus en plus vrai et je vais alors vivre ces moments autrement. Je ne peux pas les empêcher certes, mais je peux apprendre à me déconditionner par rapport à tous mes a priori et mes souffrances passées. Osons accueillir nos émotions, notre histoire, nos souffrances, nos blessures avec bienveillance en vérité. Ca va tout changer, à la fois pour nous-même mais aussi pour ceux qui vivent autour de nous, ceux que nous accompagnons…

Quand je dis que ça change tout, c’est que je deviens beaucoup plus vrai et j’ai une plus grande liberté intérieure. Je me détache du regard de l’autre, de l’attente de l’autre : j’ai moins d’attente par rapport à l’autre ou des attentes plus ajustées. Ainsi, je vais prendre une place plus juste et je vais permettre à l’autre, par la même occasion, de prendre lui aussi une place plus juste. Je vais m’aimer mieux, je vais donc aimer l’autre plus en vérité ; ça améliore ma relation avec moi-même ainsi que ma relation avec les autres et le monde.

Cette méthode s’applique au quotidien, avec de toutes petites choses : par exemple, j’apprends à vivre au présent lorsque je fais ma vaisselle ou mon repassage, des activités qui ne sont pas forcément transcendantes. Or, si j’apprends à les faire en les sentant, c’est-à-dire en étant dans mes cinq sens au lieu de penser déjà à tout ce que je vais faire dans ma journée, je vais me recharger :

Je recharge mes batteries –> je suis moins tendu –> j’arrive à mieux faire ce que je fais –> les choses se font plus simplement, plus souplement –> il y a moins de raideurs –> il y a moins de fatigue –> j’ai de plus en plus confiance en moi –> ce que je fais est plus efficace –> j’arrive à plus en faire alors que je ne cherche pas à en faire trop.

Grâce à cet art de vivre – car oui, la méthode Vittoz est un art de vivre, en plus d’être une pédagogie et une psychothérapie – il n’y a que des bénéfices ; aussi bien pour moi que pour ceux qui m’entourent !

Réussite des territoires : diffuser les bonnes pratiques territoriales

21 octobre 2019
Dans le cadre de ses activités professionnelles, Axelle, membre du CEH, a participé à la troisième édition des Trophées de la réussite des territoires. L’initiative lui parait très « écologie humaine », elle dit pourquoi ci-dessous.

Comment encourager le développement de nos territoires ?

Dans un livre intitulé Réenchanter la vie, un chantier pour aujourd’hui – Économie de proximité et revitalisation des territoires, Thierry du Parc Locmaria, économiste et co-fondateur de l’association réussite des territoires, opère une synthèse des opportunités actuelles, tant techniques que culturelles, qui participent à une dynamique territoriale pour les 55 millions de français qui vivent hors de Paris. Il explore, dans cette perspective, des voies concrètes pour se réapproprier l’économie tout en reconstruisant le lien social dans un contexte de mondialisation.

Grâce à une fertilisation croisée, les solutions trouvées et bonnes pratiques méritent d’être diffusées et déployées à l’échelon local à travers une stratégie d’empowerment (l’octroi de davantage de pouvoir à des individus ou à des groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés) visant à prendre son destin en main. Il importe, à cette fin, de mettre en valeur la proximité qui est lien, relation, tradition, culture, engagement local, tremplin et source de véritables écosystèmes régionaux.

Pragmatisme et simplicité sont également préconisés pour favoriser l’innovation frugale, la valorisation des ressources et la création de maillages multiples.

L’auteur conclut sous forme de 12 exhortations aux acteurs concernés :

– À l’État et aux pouvoirs publics : abandonnez le colbertisme, permettez les démarches administratives de n’importe où ;

– Aux collectivités territoriales : valorisez l’attractivité du territoire, réalisez les aménagements, les infrastructures modernes, sécurisez le parcours de ceux qui se lancent, favorisez le financement de proximité, recensez et diffusez les bonnes pratiques ;

– Aux journalistes et politiques : valorisez ce qui est fait, parlez des expériences positives ;

– À tous : reprenez les entreprises, les commerces ou créez votre activité (en solo, en télétravail, en entreprise…), aidez ceux qui se lancent avec vos propres possibilités, grandes entreprises, favorisez le travail de proximité de vos collaborateurs dans les territoires, vivez sur place.

Une récompense qui valorise l’initiative humaine

Née à la suite de la publication de ce livre, l’association Réussite des territoires, créée avec le syndicat de la presse hebdomadaire régionale (SPHR) et le syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), a pour objet d’identifier et de valoriser les réussites territoriales en France et de diffuser les bonnes pratiques qui y président. Les acteurs de proximité sur les territoires (élus, responsables associatifs, dirigeants d’entreprises, commerçants, artisans ou simples citoyens) pourront ainsi, à leur échelle, mettre en œuvre des solutions qui auront fait leurs preuves ailleurs pour le développement économique, pour l’emploi, pour retisser le lien social, pour favoriser la vie associative et remettre la culture au cœur des territoires.

Trois trophées ont été ainsi remis depuis la création de l’association :

– En 2017, Lavaur, ville du Tarn, a été récompensée pour la vitalité de son territoire dont la population a augmenté de 25 % entre 2002 et 2012 avec une activité locale riche (300 commerçants, 200 entreprises créées). La présence des laboratoires Pierre Fabre et de quelques activités (imprimerie, coopérative agricole, fabrique d’engrais) et la dynamique locale ont permis cette croissance. À noter également, un partenariat innovant dans le domaine médical avec le CHU de Toulouse.

– En 2018, la commune de Brach a été élue pour sa vitalité. Cette bourgade a gagné 200 habitants en 20 ans. Elle a ré-ouvert l’école du village et créé un champ photovoltaïque.

– En 2019, le prix a été décerné à Dunes attitude, association de l’île de Ré qui a mené une action intitulée Un sapin pour ma dune, initiative invitant les particuliers à déposer leur sapin de Noël dans des points de collecte aux fins de recyclage. En collaboration avec La Verdinière, association de réinsertion, les végétaux ont été découpés puis, sous les conseils de l’Office national des forêts et avec l’appui des services techniques de la commune ainsi que des bénévoles, les branchages ont été disposés sur des secteurs considérés comme fragiles. Ils participent au captage du sable apporté par l’action du vent pour engraisser le pied de dune. Les résultats, bien qu’aléatoires, ont permis à la dune de gagner du terrain par endroits et à des végétaux de reprendre de l’essor. L’opération s’est étendue à plusieurs communes de l’île confrontées à un recul du trait de côte.

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Face à la mondialisation des échanges, il importe de réinstaurer le lien social par la redécouverte de nos racines et de nos terroirs en rétablissant la relation, fondement de toute société, laquelle se manifeste en tout premier lieu dans la proximité. S’enraciner, se relier, mettre l’humain au centre, entreprendre dans une optique de bien commun, la démarche initiée par l’association réussite des territoires s’inscrit dans les valeurs du Courant pour une écologie humaine.

 

Sources :

Falling Fruit : une carte comestible pour apprendre à glaner

17 octobre 2019
Ramassez fruits, noisettes, champignons… hyperlocaux grâce à Falling Fruit (que l’on peut traduire par fruit qui tombe), une carte comestible participative.

La passion du glanage

Ethan Welty, chercheur et photographe, a la passion du glanage depuis toujours ; d’abord en France où il grandit, puis aux États-Unis où il vit aujourd’hui. Dans le Colorado, à Boulders, ses récoltes sont tellement importantes qu’elles sont quasiment auto-suffisantes !

L’histoire de Falling Fruit commence par un souhait : Ethan Welty possédait un pressoir à pommes et il voulait que ça serve ! Il a donc parcouru sa ville et a constaté qu’elle comptait de nombreux arbres fruitiers. Muni d’une carte répertoriant tous les arbres de la ville obtenue à la mairie, d’un appareil photo et d’un GPS, il a créé une base de données des arbres fruitiers de sa ville. Le hasard faisant bien les choses, un jour de cueillette, il rencontre Caleb Phillips, chercheur en informatique et amateur de cueillette sauvage. Leur passion commune et leurs compétences complémentaires fait naître Falling Fruit, une carte mondiale interactive pour populariser l’art du glanage permettant de trouver les arbres fruitier les plus proches de chez soi, les voir en photo et connaître leur nom (parfait pour les enfants !). Bientôt rejoints par Jeff Wanner, ingénieur et constructeur écologique, le trio travaille au développement du site et de son application mobile pendant trois mois avant d’ouvrir leur projet à l’international en 2013.

 

Un projet interactif et collaboratif

À son lancement, Falling Fruit profite d’une visibilité médiatique généreuse, dans un contexte de transition écologique et éthique où les citoyens cherchent à privilégier une alimentation plus locale et biologique. La carte interactive se développe ainsi très rapidement aux États-Unis, puis en Europe, avec, en tout, près de 2700 aliments différents et plus de 1,4 million de localisations répertoriées. Aujourd’hui, le site est disponible en sept langues grâce aux douze bénévoles qui travaillent à sa traduction.

Si Falling Fruit dispose à sa création d’une importante base de données récupérée directement auprès des villes, elle repose avant tout sur la participation active de chacun pour y renseigner tous les lieux de glanage peu connus. Elle bénéficie déjà du repérage dans le monde entier des forestiers, des freegans et des associations qui plantent des vergers publics, des jardins-forêts, cueillent dans les arbres des villes et dans les champs de fermiers des fruit et légumes avant qu’ils ne soient jetés, pour les partager avec le voisinage ou les gens dans le besoin. Quant à vous, si vous avez repéré un cerisier près de chez vous dont les fruits se perdent, en quelques clics et une photo, vous pouvez l’ajouter à la carte commune. Le site ne requiert pas de compte ; il suffit simplement de remplir une fiche produit qui donnera l’opportunité à ceux qui le souhaitent de profiter de votre découverte. Assurez-vous que ces aliments soient bien comestibles pour éviter d’empoisonner tout le monde !

La carte est éditable par tout le monde, la base de données est téléchargeable en un clic, et le code est en open source.

Quelques conseils pratiques : éviter de ramasser les fruits situés près des autoroutes, être bien sûr de l’arbre que vous avez rencontré avant de mettre ses fruits à la bouche, vous méfier des lieux trop pollués et laver les fruits avant de les manger.

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Le glanage est une activité peu connue. Souvent, ceux qui rencontrent Ethan en train de cueillir pommes, noisettes, prunes, etc. sont intrigués. Ils réalisent que ces denrées sont abondantes près de chez eux, mais que personne ne pense ou n’ose les cueillir, ce qui entraîne un gaspillage facilement évitable. S’initier au glanage, c’est – notamment – s’émerveiller de l’abondance de la nature, entretenir les espaces verts dans nos villes, les valoriser et devenir acteur de la transition écologique en ville : lancez-vous !

Sources :
Télécharger l'application Falling Fruit :