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La Recharge : à bas les emballages !

26 juin 2019
La Recharge, c’est une épicerie française garantie sans emballage jetable. Zoom sur un concept inspirant, à l’initiative de deux Bordelais qui ont à cœur de proposer une alternative aux modèles de distribution alimentaire classiques, plus respectueuse de l’environnement.

La Recharge : une déploration qui provoque l’action

5 millions de tonnes : c’est le poids des emballages jetés en France chaque année. Quid du recyclage ? Pour Jules, c’est « un moindre mal », pas une réelle solution. En effet, seulement 37 % de nos déchets ménagers sont recyclés. Ces chiffres plutôt catastrophiques font tilt chez deux amis de lycée, Guillaume Desenderval et Jules Rivet : « On se rend subitement compte de la quantité effarante de déchets que l’on produit, notamment à cause des emballages jetables ».

Lorsque Guillaume Desenderval  et Jules Rivet sont encore étudiants, ils tentent de faire leurs courses sans emballage… sans succès. Il n’existe pas encore en France de magasin sans emballages jetables. Les deux amis se font la promesse de lancer le concept à la fin de leurs études.

Fraîchement diplômés, le projet prend enfin forme et La Recharge ouvre ses portes en juillet 2014 en plein cœur de Bordeaux, après un long travail pour construire un circuit d’approvisionnement local, sans intermédiaire. Un circuit très court qui permet de réduire les emballages à la source : « Forcément, il fallait travailler avec des producteurs de la région, on ne peut aller chercher des produits désemballés à l’autre bout du monde ». Aujourd’hui, une centaine de producteurs du Sud-Ouest alimente La Recharge en produits du quotidien, choisis pour leurs produits de qualités et leurs méthodes de production respectueuses de l’environnement.

La Recharge : écolo de A à Z !

Petite épicerie de quartier, La Recharge attire pourtant une clientèle fidèle soucieuse de réduire son impact environnemental et friande de bons produits locaux et de saison. À La Recharge, tout est vendu en vrac, au poids ou au détail. Si les deux co-fondateurs mettent à disposition des contenants vides, ils invitent également leurs clients à venir avec leurs propres contenants pour « les recharger » en produits frais, céréales, produits d’entretien, etc. Pour ce qui ne peut pas être vendu en vrac, comme les produits laitiers par exemple, les pots sont consignés.

Un gros avantage de la vente en vrac est qu’elle limite le gaspillage alimentaire en permettant à chacun de choisir la quantité exacte dont ils ont besoin. D’autre part, débarrassé du prix des emballages – qui représente habituellement 30% du coût final du produit – le coût final du produit est réduit !

 

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Cette épicerie d’un nouveau genre est une alternative intéressante aux grandes surfaces toujours gourmandes en emballages plastiques, dont la surproduction entraîne les problèmes de pollution et de gaspillage que l’on connait. La Recharge, elle, valorise les produits des fermes de la région et ce, toujours à prix abordable. Jules et Guillaume, à travers leur boutique, partage un mode de vie éco-responsable, éthique, basé sur le principe du recyclage, à l’image de la jolie boutique qui mêlent objets de récup’ et meubles chinés. On aime !

 

La Recharge : 

38 rue Saint Colombe, 33000 Bordeaux

Ouvert de 10h30 à 19h30 du mardi au samedi

 

Sources :

Le Potiron.fr : partager le surplus de son potager

19 juin 2019
Gérer son jardin de façon écologique et solidaire, c’est le projet enthousiasmant du site Le Potiron.fr, un réseau d’échanges de récoltes entre particuliers qui promeut biodiversité et partage.

Le Potiron : origines

Le projet de la plateforme Le Potiron.fr voit le jour en décembre 2009 lors de la première édition française du Start-up Weekend à Paris (événement qui valorise des projets nés et développés le week-end même). La grande idée du Potiron.fr est de lutter contre le gaspillage alimentaire en mettant en relations particuliers et jardiniers (amateurs ou professionnels) afin qu’ils puissent donner, troquer, acheter ou vendre leurs surplus de récoltes.

Si cette idée est excellente, au lancement du site internet en 2010, le projet ne se développe pas comme prévu : Le Potiron.fr traverse des difficultés techniques et un cruel manque de ressources humaines pour se déployer.

En mars 2017, Luc Page, concepteur web indépendant, déménage à Rheu, près de Rennes. Passionné de jardinage, il a un déclic en notant que son potager produit beaucoup plus que ce qu’il ne peut consommer à lui seul. Habitué à partager ses surplus de fruits et légumes mais ne connaissant pas ses nouveaux voisins, Luc Page décide de relancer la plateforme d’échanges. Le Potiron.fr bénéficie alors d’un nouvel essor.

Aujourd’hui, le site comptabilise 1100 jardins en ligne et compte s’élargir aux départements d’Outre-mer et à d’autres pays francophones, dont certains, comme la Belgique, comptent déjà quelques jardins. « Plus il y aura de poticulteurs, plus on pourra s’auto-satisfaire et donner du sens au projet »

Le Potiron : comment ça marche ?

Le Potiron est une plateforme en ligne qui géolocalise le surplus de récoltes des poticulteurs près de chez vous. Vous y trouvez fruits et légumes de saison ainsi que graines, boutures, aromates, ou encore produits de confection artisanale comme des confitures, du miel, du fromage… ces trocs, dons et ventes / achats favorisent de belles rencontres. Le Potiron.fr est avant tout une communauté de passionnés qui partage volontiers conseils, savoir-faire et secrets de jardinage !

Vous souhaitez vous aussi faire profiter à vos voisins du trop-plein de tomates de votre jardin et de vos précieux savoir-faire en horticulture ? Pour cela, rien de plus simple : il vous suffit de vous inscrire sur le site en cliquant sur « Créer mon profil » puis ensuite de choisir « Créer mon jardin » pour pouvoir mettre en ligne ce dont vous disposez et en informez vos voisins. Si vous êtes simplement acheteur, pas besoin de compte ; contactez directement le poticulteur via le formulaire de contact disponible sur chaque jardin.

Le Potiron.fr est gratuit et à but non lucratif, à date. Mais pour financer l’évolution et les frais du site liés à son déploiement, un système d’abonnement annuel va être mit en place pour les vendeurs dès ce printemps 2019.

Pour conclure

Le Potiron.fr nous plait beaucoup par son côté social et solidaire. Il met en lien des particuliers qui ont cette même passion du jardinage, de lutte contre le gaspillage et d’alimentation saine et locale. Il dynamise les territoires en donnant aux particuliers l’opportunité d’élargir leur cercle social local, favorisant au passage la transmission de savoir-faire précieux. Bref, c’est une initiative qu’on a beaucoup de plaisir à valoriser !

Découvrez également le blog www.lepotiblog.com qui propose retours d’expérience et astuces autour du jardinage biologique !

Sources :

Notre vulnérabilité, une chance ?

11 juin 2019
Gérard Langlois Meurinne, psychiatre, psychothérapeute et membre du CEH propose régulièrement la « chronique du Mycelium », réflexion axée sur l’écologie humaine.

« Depuis quelque temps j’étais habité par cette question a priori paradoxale. Je tardais pourtant à l’aborder, souhaitant le faire « de l’intérieur », à partir de ma propre expérience. Et la vie m’a fait un drôle de cadeau : dérapage et chute face contre terre … Une claque magistrale ! Résultat immédiat : une douleur intense et de belles tuméfactions mais rien de cassé. Ainsi ma vulnérabilité s’était invitée sans crier gare en me mettant presque k.o.. J’étais finalement plus vulnérable que je ne le pensais et, en trois secondes, j’étais passé du stade de vulnérable (celui qui peut être blessé) à celui de vrai blessé (léger).

Je peux enfin aborder ma question : ma propre vulnérabilité est-elle une chance ? Très franchement, j’ai d’abord éprouvé de la malchance : une vive douleur physique et la sensation bête de me fracasser, sans compter la frustration d’interrompre le sport que je pratiquais avec mes amis.

Et puis, très vite, j’ai ressenti comme une chance, celle d’avoir évité le pire : cela aurait pu être plus grave, merci la vie ! Et, plus positivement, la chance d’être secouru par mes compagnons attentionnés. Enfin est venue la sensation la plus forte : j’ai éprouvé le bonheur tout simple de me sentir vivant ! J’ai alors eu envie d’écrire : sais-tu mon ami que quand tu as mal, cela veut dire que tu es vivant ! Souviens-toi aussi : quand tu as soif et que tu bois ou quand ta tristesse se dissipe, alors ta vie s’éclaire et te sourit.

L’homme, un roseau pensant ? 

Peut-on généraliser cette expérience à toute notre « condition humaine » ? D’abord un petit détour : dans ma dernière chronique j’évoquais les propos de Thierry Magnin, ce scientifique et théologien qui parle si bien de l’évolutivité du vivant. À la question « pourquoi évoluons-nous ? », Thierry Magnin offre une réponse simple et éclairante : il rapproche évolutivité et fragilité ou vulnérabilité humaine. Cette fragilité, inhérente à notre vie que nous le voulions ou pas, nous amène à évoluer… sans pour autant que nous ne cessions jamais d’être vulnérables : il est étonnant de voir que notre « vouloir vivre » nous pousse à aller chercher en nous des forces latentes et parfois insoupçonnées pour surmonter les épreuves, pour nous reconstruire et pour recommencer à créer. Ainsi nous changeons, nous avançons… : à notre échelle, c’est cela évoluer.

Notre condition humaine est bien difficile à définir : car elle rime avec beauté, amour, don de soi et créativité mais aussi avec fragilité, contingence, incomplétude et dépendance ! Blaise Pascal a cherché à exprimer en une seule image ce mélange de grandeur / dignité et de fragilité/vulnérabilité : L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant… Une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée.

Pour ma part, je médite cette proposition en me permettant d’écrire « roseau conscient » plutôt que « roseau pensant ». En effet la conscience humaine, dans les deux sens que nous lui prêtons, est pour moi au cœur de l’extraordinaire dignité de notre condition humaine et de notre libre arbitre.

Vulnérabilité, quand tu nous tiens

La petite expérience que je vous ai contée évoque une vulnérabilité physique. Mais bien entendu, notre vulnérabilité touche toutes les dimensions de notre personne : nous sommes en effet vulnérables affectivement, intellectuellement et spirituellement. Nous pouvons nous tromper, nous pouvons souffrir et faire souffrir !

Mais il faut le redire : c’est notre vulnérabilité, associée à notre évolutivité, qui produit quelque chose d’admirable. Nous pouvons reconnaître nos erreurs, nous pouvons pardonner et être pardonnés. Sans vulnérabilité, pas d’interdépendance entre nous, avec les contraintes mais aussi les miracles qu’elle suscite ! Sans incomplétude pas d’attrait pour l’autre sexe, ni pour l’autre tout court ! Sans finitude, pas d’intérêt d’avoir des descendants, sans interdépendance, pas de solidarité… et ainsi de suite.

Revenons à nos propres vies

Je me suis alors demandé : très concrètement qu’est-ce que ma vulnérabilité m’apporte ? Voici, en vrac, quelques réponses, qui sont, je le sens, encore incomplètes. Je reconnais en effet que je suis devant une expérience que je n’ai pas vécue et déchiffrée jusqu’au bout :

  • j’éprouve plus le besoin et le goût des autres,
    • je m’émerveille devant leurs dons et leurs ressources,
      • ma vulnérabilité peut me faire vivre de l’humilité qui me grandit,
    • vulnérable, je peux mieux comprendre et aider les autres,
      • ma vulnérabilité m’amène à aller chercher en moi des forces insoupçonnées : c’est une des plus grandes joies qui soit,
        • être vulnérable fait de ma vie une aventure de tous les jours,
          • ma vulnérabilité m’aide à éprouver de la compassion devant ceux qui souffrent : ils deviennent alors comme mes frères en humanité,
            • pouvoir grandir malgré ma vulnérabilité me donne confiance dans les étonnantes forces cachées des autres et de toute l’humanité.

Et vous ?

Et vous, quelle est votre expérience de la vulnérabilité ? Je serais heureux de recevoir vos histoires personnelles, vos observations, vos témoignages. »

 

 

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