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LA SOCIÉTÉ DE BIEN COMMUN

20 juin 2017
Comment faire advenir la Société de Bien Commun ? Cette question passionne le Courant pour une écologie humaine, qui lance le premier volume d’une collection dédiée à la recherche des conditions et des moyens nécessaires pour faire émerger cette société.
Pour changer la donne, à hauteur d’homme.

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Présentation

Cet ouvrage que vous pouvez télécharger gratuitement en version numérique comprend 21 contributions qui émanent de personnes exerçant diverses activités : agriculteur, enseignant, médecin, magistrat, chercheur, financier, entrepreneur, militaire, ingénieur, architecte, travailleur social, responsable associatif, médiateur…

La diversité des angles de vue est une richesse : elle permet une vision « à hauteur d’homme » de questions complexes posées à notre société aujourd’hui.
Certains de ces contributeurs se sont exprimés anonymement ; devoir de réserve oblige.
Ces 21 points de vue ont un objectif commun : comment développer la Société de Bien Commun dans son domaine d’activité ? Quelles sont les conditions requises ?
Autres points communs qui lient ces textes :
• chaque contributeur a à coeur de faire surgir une société où l’homme – digne de confiance – peut prendre toute sa place, une place centrale,
• tous posent un regard bienveillant – dans le sens de « veiller au bien » – sur le contexte dans lequel ils évoluent. Cette bienveillance les pousse à souligner, avec le plus de justesse possible, les dysfonctionnements et les atouts de ce contexte,
• tous, enfin, sont engagés sur le terrain depuis longtemps. Ils connaissent de façon empirique la problématique qu’ils abordent.

Cet ouvrage n’est donc pas le fruit d’une approche « par le haut ». Chaque contribution s’enracine dans une expérience de vie : c’est à partir du terrain que l’on peut agir de façon réaliste et mesurer le chemin à parcourir, en prenant en compte, au mieux, la complexité et la richesse du monde qui nous entoure.

Ce livre est un appel lancé aux femmes et aux hommes d’ici et d’aujourd’hui : le Courant pour une écologie humaine veut vous encourager à vous engager pleinement dans la transformation de notre société. Ces premières contributions révèlent qu’il est possible à chacun d’apporter sa pierre. Elles amènent à prendre conscience de notre responsabilité, de notre désir et de notre pouvoir de transformation. Notre société peut et doit évoluer dans le sens du bien de tout l’homme et de tous les hommes.

Puisse ce premier livre nous encourager tous à changer la donne, à hauteur d’homme !

Le travail, fondement de notre société

20 mai 2017
Entretien avec Pierre-Yves Gomez, économiste et co-initiateur du Courant pour une écologie humaine. Pierre-Yves évoque le lien étroit entre le travail de l’Homme et son environnement naturel. Il nous invite à prendre conscience des différentes formes de travail qui fondent notre société.

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Pierre-Yves Gomez : « Le travail fait l’Homme. Il l’humanise. L’Homme est un animal qui travaille. Bergson le qualifie d’Homo faber : l’Homme qui fabrique.

La différence entre l’animal et l’Homme est le travail : l’animal peut, certes, utiliser des outils mais l’Homme les fabrique. Or, fabriquer des outils signifie anticiper une transformation de l’environnement pour le rendre plus sûr, plus fécond, plus beau.

Le travail : un lien entre l’Homme et la nature

Le travail permet à l’Homme de transformer la nature et de la recevoir. Sachant cela, il est légitime de se poser régulièrement la question : qu’est-ce que le travail de l’Homme permet de transformer dans la Nature, pour la rendre plus belle ou moins belle, plus féconde ou moins féconde, plus juste ou moins juste ? Et de trouver des actions à mener lorsque les réponses ne sont pas aussi positives qu’on l’espérerait.

Les différentes formes de travail

Le travail n’est pas simplement réduit au travail salarié. Le travail salarié est né dans les années 1940. Pendant des siècles, le travail était essentiellement domestique. Ce dernier reste important dans nos sociétés : éducation des enfants, entretien de la maison, du lieu de vie… C’est un travail qui nous prend des heures chaque jour.

Nous avons aussi le travail collaboratif. Une grande partie de notre économie sociale et culturelle dépend du travail de milliers de bénévoles, non salariés. Leur travail, leur activité soutenue, tournée vers les autres, permet de réaliser des biens et des services utiles à tous. S’ajoute au travail social ou associatif, le travail collaboratif. On le trouve sur Internet, par exemple, à travers l’alimentation d’une encyclopédie comme Wikipedia. Il y a également le travail du client : remplir une feuille d’imposition, réserver un train. Ces activités échappent au travail salarié et appartiennent à ce grand univers du travail non rémunéré.

Et il existe donc, également, le travail rémunéré.

Nous devons décaler notre regard et découvrir les autres formes de travail qui fondent notre société. Il y a vivre ensemble parce qu’il y a humanisation par le travail. Il y a aussi humanisation de notre environnement par le travail. A travers le travail que nous réalisons, nous créons une société particulière : la société française n’est pas la société birmane ni la société japonaise, parce que la façon de travailler y est différente, l’environnement que nous produisons est différent, les formes de travail y sont différentes.

La qualité du travail : une importance déterminante

La qualité du travail est déterminante. C’est pour cette raison que la question du travail est un sujet politique si important depuis toujours et en particulier aujourd’hui.

Depuis toujours, car se battre contre le servage, l’esclavage, les conditions de travail dans les usines du XIX ème siècle, était bien un sujet politique et d’écologie humaine. C’était bien à la fois l’environnement qui était impacté et chaque Homme.

Aujourd’hui, la question de la qualité du travail, rémunéré ou pas, est une question politique centrale. Pourquoi ?  parce que le travail fait à la fois l’Homme et donc la qualité de l’Homme, et l’environnement, et donc la qualité de l’environnement. C’est notre conviction au sein du Courant pour une écologie humaine.

Un travail violent dégrade l’Homme et aussi l’environnement. Voici le message qu’il faut porter dans les entreprises, les administrations, dans les nouvelles formes de travail précaires : c’est l’enjeu d’une écologie humaine authentique.

Réparer l’Homme, un acte révolutionnaire

18 mai 2017
Cécile Grinda, Orthophoniste, témoigne des bienfaits de la réparation de la fonction de communication de l’Homme. Tant pour elle, que pour ses patients. Entretien réalisé dans le cadre du parcours de form’action Cap 360°.

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« En tant qu’orthophoniste, je suis en contact avec des personnes souffrant d’un trouble du langage ou de la communication. Pour beaucoup, il est impossible de guérir la cause du problème. On va donc tenter de réparer grâce à des stratégies de compensation, afin d’atteindre le but qui est de parler et communiquer.

Réparer avec patience est une belle éducation

Réparer, pour moi, revient à trouver avec le patient des moyens d’atteindre le but de communiquer, malgré une impossibilité par un chemin traditionnel.

Une personne qui souffre d’aphasie, suite à un accident cardio vasculaire, a une partie du cerveau endommagé. On ne va pas guérir son cerveau mais trouver des chemins autres pour arriver à la faire communiquer.

Dans le cadre de mon métier, il s’agit donc de réparer, humblement, d’accueillir la « pâte humaine » et d’avancer avec elle, patiemment, pas à pas. A vrai dire, c’est très belle éducation pour moi, dans ma vie personnelle.

Réparer pour plus d’Amour et de liberté

Être « réparé » dans sa fonction de communication va bouleverser la vie du patient. On le sait tous : un problème de communication, que ce soit avec ses parents, dans son couple, ou autre, peut faire beaucoup souffrir. Ne pas se faire comprendre est une grande source de souffrance.

Un de mes patients, âgé de 4 ans, devenait violent à cause de la frustration de ne pas pouvoir communiquer. Personne ne le comprenait, c’était très difficile pour lui. Avec ce travail technique et relationnel, le fait de pouvoir être réparé dans cette fonction de communiquer, fut révolutionnaire. La vie reprend.

Être actrice dans ce processus de réparation est exaltant : je me sens un instrument pour les aider à développer leur potentiel, leurs talents, leur liberté et leurs facultés à tenir leur place dans le monde. La place de chacun est importante. C’est grand et puissant. Je suis très fière du métier que je fais.

Mes patients, au travers de cette fonction rétablie, vont améliorer, approfondir, affiner leurs capacités à manifester un amour. C’est une des choses les plus essentielles au monde.

Si chacun tient cette place, est capable de manifester un amour, déploie sa liberté et ce qu’il est, le monde est alors plus beau… »