Faire du temps un allié

Solweig est déléguée générale du Courant pour une écologie humaine. Dans le cadre d’un séminaire organisé sur le rapport au temps, regroupant 7000 personnes en France, elle propose ce témoignage.

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« Au sein du Courant pour une écologie humaine, nous proposons un parcours de form’action qui aide à prendre de la hauteur sur notre condition humaine, dans le temps et dans l’espace, et nous pousse à agir pour devenir acteur d’un monde plus bienveillant.

Dans le cadre de cette form’action, pour produire des vidéos tout au long de l’année, j’ai eu la chance de rencontrer de très belles personnes. J’ai notamment interviewé un cultivateur de la Drôme, qui a choisi de gérer son exploitation de façon vraiment respectueuse de la nature et de l’environnement. Son témoignage en tant que tel est édifiant : en prenant son temps et en se faisant aider, il a mis ses actes en cohérences avec ses convictions. Mais ce qui m’a le plus touchée, ça a été le temps qu’il a choisi de consacrer à ce témoignage : venir me chercher à la gare, préparer un repas longuement mitonné sur un poêle avec des produits de sa terre, exprimer sans impatience sous dix formes différentes le message que j’espérais de lui, etc.

Ces cinq bonnes heures passées ensemble se sont déroulées hors connexion : nos téléphones portables étaient en mode avion. Aucune sollicitation autre que d’être là, en totale présence. Ce temps m’a paru d’une qualité extraordinaire et m’a incité à la réflexion sur mon propre rapport au temps.

Il y a clairement une question de consommation, d’arbitrage, voire de renonciation dans le fait qu’on ait – ou pas – un rapport au temps apaisé.
En une question, ça donne : qu’est-ce qui dans ma vie me prends du temps et ne me nourrit pas ?
Moi, par exemple, je suis une « sérievore ». J’adore, le soir, quand enfin, je me retrouve chez moi sans plus aucune obligation, m’assoir et me laisser bercer par des histoires inventées par d’autres, dont les personnages, au fil des saisons, me deviennent parfois plus proches et familiers que ceux de la vraie vie… Et là, j’avale, sans réfléchir, beaucoup de vide, de violence, d’absurdité, de bien-pensance imposée : bref, tout un package qui, à dose généreuse, me fait plutôt régresser sur de multiples plans.
Alors que si je choisis sciemment de consacrer ce temps au fait d’être, de créer, de donner, tout de suite, le temps devient un allié pour me faire grandir : soit dans des qualités techniques, soit dans des qualités humaines. Et ça, indubitablement, ça apporte de la joie.

Et puis, il me semble qu’il y a également une question de regard, de façon d’aborder le temps. Un choix de continuité ou de discontinuité. Soit on vit L’INSTANT PRÉSENT, une succession de moments forts, plutôt sympa, accolés les uns aux autres, qui ne sont pas nécessairement reliés entre eux et qui n’engagent à rien.
Soit on vit LE TEMPS PRÉSENT. Le temps présent qui est inséré entre un passé et un futur et qui, dans cette continuité, permet de faire surgir une cohérence globale. Et évidemment, avoir plus de cohérence dans sa vie, ça permet d’être plus apaisé et donc plus serein pour s’ouvrir à l’autre et hop ! Ca y est, le cercle vertueux est lancé.

Donc c’est frappant de voir qu’à petits pas, en prenant son temps, en posant des choix « à hauteur d’homme », comme on dit dans le Courant, on peut rassembler tous les éléments de nos vies qu’ils soient en lien avec tout l’homme – c’est-à-dire soi-même – ou tous les hommes – ceux qui nous entourent – pour y trouver un sens et une cohérence. »

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Courant pour une écologie Humaine

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