DROIT & JUSTICE

Le droit est un ensemble de règles destinées à organiser la vie en société. « Là où il y a une société, là il y a un corps de droit » nous dit l’adage. Il n’y a pas de droit sans société ou de société sans droit. Ainsi, l’importance donnée aux règles de droit et leur sens dessinent les contours du type de société dans lequel nous vivons.

Deux courants juridiques majeurs se distinguent : le droit naturel et le droit positif.
Le droit naturel prend en considération la nature de l’homme et sa finalité dans le monde. La règle de droit prend alors sa source dans la nature humaine, elle transcende l’organisation sociale pour être universelle à tous les individus et ses principes sont immuables.
Le droit positif désigne quant à lui l’expression contemporaine d’un ordre législatif, par une autorité donnée, sur un territoire donné, à un moment donné. C’est un droit vivant, qui s’adapte aux mutations de la société.
Ces deux courants s’opposent souvent et se complètent parfois.
Se pose la question de la finalité du droit. Là est tout l’enjeu. Le droit oscille entre justice et équité, morale et utilité, individualisme et communauté, droits subjectifs et bien commun.
Le droit doit-il avoir une finalité purement utile afin d’organiser la société ? Doit-il considérer la personne dans son individualité afin de préserver ses droits subjectifs ou penser avant tout au service de la communauté ?

Nécessairement, le droit doit se situer dans une position intermédiaire, empruntant aux différentes doctrines. In medio stat virtus, nous disait Aristote… Et c’est l’homme et son humanité qui doivent être la suprême mesure permettant d’équilibrer la balance de la justice.
Il est important alors de replacer l’humain au centre de la pensée juridique. La législation actuelle est en proie à un consumérisme normatif : on adopte des lois pour résoudre la nécessité du moment. Mais la nécessité du moment, n’est-elle pas la place durable de l’homme et de sa dignité ? Comment penser un droit juste, équitable, qui permette la mise en place du bien commun et la sauvegarde des droits individuels fondamentaux, si nous ne prenons pas la mesure de ce qu’est l’homme et de sa place dans la société ? Le droit doit redevenir un moyen d’assurer le bonheur durable de l’homme et de la société des hommes.

L’écologie humaine apporte un éclairage nouveau en « ré-humanisant » notre réflexion. En réaffirmant la dignité de l’homme, on ne peut qu’humaniser davantage et nos normes sociales générales, et l’application de nos droits individuels.
Remettre l’homme au centre permettra en amont de réfléchir à des règles de droit visant à garantir le bonheur et la sécurité de chacun ainsi que le bien commun de tous; et en aval permettra une application de ces règles tout en respectant ce qui fait la dignité de l’homme.

Lorsque la norme juridique et son application judiciaire viennent toucher à la personne, à la famille, à la propriété, au travail,… Quand le droit sanctionne et vient priver de libertés l’homme qui a enfreint les règles, mais également cherche à le réinsérer dans la société… Il faut alors reprendre une réflexion approfondie et une action renouvelée sur notre système juridique en ayant comme point de départ et comme ultime but l’homme et ce qui fait son humanité.