Cette nourriture qui nous enracine

En quoi la nourriture participe à notre enracinement ? Dans le cadre du parcours Cap 360°, Jean-Luc Moncorgé, Diététicien, nous rappelle tout le respect et la poésie qu’il est possible d’avoir vis-à-vis de cette nourriture que nous incorporons.

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Jean-Luc Moncorgé : « La nourriture nous vient soit directement de la terre, soit via une transformation effectuée par les animaux : en cela, elle nous enracine nécessairement !

En étant incorporée (ce qui est le principe même de la nourriture !), elle fait le lien entre la terre et l’Homme. Elle nous nourrit, renouvelle nos cellules, nous faire grandir (notamment lorsque nous sommes enfants).

 

Une source de plaisir et d’harmonie

Cette nourriture, elle sera d’autant plus fructueuse s’il y a une certaine harmonie entre ce que l’on pense d’elle et le fait de l’ingérer. C’est-à-dire que si ce qui est bon à manger est aussi bon à penser, ça aura probablement plus de vertus que si ce qui est bon à manger n’est pas bon à penser. Je prends souvent l’exemple du chocolat : « Si je pense que chocolat fait grossir et donc que ça n’est pas bon pour moi parce qu’il fait grossir, contient du gras, du sucre etc., il pourra difficilement nourrir mes sens. Mais le chocolat, c’est quand-même un bon élément gustativement et sensoriellement ! La nourriture est aussi une source de plaisir importante : il est nécessaire d’accueillir cela.

 

Un goût, une saveur qui enracinent… et vice versa !

Quand j’achète des carottes sur un marché, qu’elles me viennent directement des mains du producteur et qu’elles sont encore un peu terreuses et qu’elles portent fièrement leurs fanes, je leur découvre une saveur, une odeur, un goût qui vont être différents de celles que je vais acheter dans un supermarché, pré-emballées et dont je ne connais ni la provenance ni le producteur. La notion d’enracinement à travers la nourriture est donc variable si j’absorbe une nourriture plus anonyme. Si j’ai l’occasion de prendre un repas chez ma grand-mère et que c’est mon grand-père qui a sorti les légumes directement du jardin, ça a un autre sens, une autre saveur que ce repas que je vais prendre en collectivité, un jour, à midi. Je ne sais pas ni qui l’a fait, ni qui l’a produit, etc. Et cela, au fond, me déconnecte d’une réalité terrestre, humaine etc.

 

Ouvrir au cosmos

Quand nous mangeons une tomate qui s’est développée sur son pied, enracinée dans la terre et mûrie au soleil, au fond, c’est un peu de soleil que je mange, qui entre dans mon corps et me donne sa chaleur, sa lumière, etc.

Si cette même tomate a mûri dans un champ de mûrissement, sans que je sache trop de quel pays, de quelle terre elle vient, elle n’a non seulement pas la même saveur mais je n’ai sans doute pas non plus la même approche pour la manger. Je vais peut-être l’avaler avec plus de résistance, ou en me disant qu’elle est forcément moins bonne…

 

Un mot sur le bio ?

Le bio nous enracine d’autant plus qu’il respecte à la fois le sol, l’aliment et le mangeur. Le bio rejoint assez naturellement le local, ce qui permet de préserver une activité, de protéger le travail d’un agriculteur, de valoriser des projets autour de cette culture de nourriture. Ces agriculteurs savent d’ailleurs que leurs produits seront mangés localement. Quelque part, c’est aussi peut-être une satisfaction pour eux ! »

 

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À propos de l'auteur

Courant pour une écologie Humaine

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