COOPÉRER AU SEIN D’UNE EQUIPE PROJET #4

Gilles le Cardinal est professeur émérite en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Technologie de Compiègne (UTC). Il a, notamment, co-développé la méthode PAT-Miroir © qui compte aujourd’hui près de 500 applications. PAT, c’est pour Peurs, Attraits et Tentations. Gilles, qui est également auteur auteur de deux livres sur la confiance – « La dynamique de la confiance » et « Construire la confiance, de l’utopie à la réalité » – partage son expertise en vous proposant 10 étapes pour faciliter la coopération au sein d’une équipe projet. Quoi de plus « écologie humaine » que la coopération ?

 

QUATRIÈME ETAPE : découvrir la triple relation réciproque entre « le couplage des revenus », « la croissance de la confiance », «  la baisse des Peurs et des Tentations et la croissance des Attraits des équipiers »

Le couplage des acteurs, dont nous venons de montrer les effets, a  une double signification : il permet aux acteurs de prendre conscience qu’ils sont dans le même bateau. Si le bateau coule, ils coulent ensemble mais s’il atteint le port, ils gagnent ensemble. Une autre image symbolique permet de comprendre l’effet du couplage : la corde à laquelle s’attache deux alpinistes faisant une ascension dangereuse. Ils décident concrètement de lier leur sort. On atteint le sommet ensemble ou on tombe ensemble. C’est un couplage maximum, à la vie à la mort, qui n’est envisageable que si une très grande confiance s’est déjà instaurée par une expérience commune passée.

Accepter de se coupler avec un autre, c’est décider de tenir compte de ce qui lui arrive en bien ou en mal, en gain ou en perte. Il n’est pas toujours nécessaire de se coupler à 100 %, mais au moins de considérer que si l’autre gagne, je gagne virtuellement quelque chose, car notre relation a gagné et que si l’autre perd, je perds virtuellement quelque chose parce que l’autre a perdu. En fait c’est notre relation de confiance qui s’accroît où se détériore, ce que nous avons appelé « la dynamique de la confiance ».

Notre travail a montré qu’il n’est pas nécessaire que le couplage soit à 100 % pour démarrer une coopération. Une bienveillance initiale est suffisante comme par exemple se relier à 20 %, c’est-à-dire tenir compte et s’approprier virtuellement le quart des gains et des pertes de l’autre. Cela suffit à sécuriser la coopération initiale. La dynamique de la confiance joue alors pour, si la séquence précédente s’est bien passée, augmenter le couplage et donc la capacité à prendre un risque plus grand à la prochaine séquence.

L’injonction du Lévitique : « Aime ton prochain comme toi-même » peut ici se réinterpréter comme : « Donne autant d’importance à ce qui arrive à l’autre qu’est-ce qui t’arrive à toi-même, lorsque tu es en interaction avec lui ».

Cette injonction, que l’on retrouve dans presque toutes les sagesses, traduit un couplage à 100 % qui, nous l’avons démontré dans le cas du dilemme du prisonnier, conduit à rendre certaine la coopération. En effet, nous avons montré par ailleurs que, si le couplage est à 100%, les peurs et les tentations ont alors disparu et les attraits sont augmentés. En effet, un couplage positif diminue les peurs et les tentations et conforte les attraits. De même qu’un couplage négatif qui revient à se réjouir quand l’autre perd et à déplorer quand l’autre gagne, rend la situation de plus en plus dangereux jusqu’à garantir la non-coopération lorsque le découplage atteint 100 %.

Nous en avons déduit trois types d’action qui  construisent la confiance :

  • les actions qui font baisser les peurs, c’est-à-dire les précautions qui permettent d’éviter les dangers, ce qui rassure les acteurs. Exemple : faire appel à un expert qui définit les compétences nécessaires pour le projet ;
  • les actions qui font baisser les tentations en signalant les mauvaises pratiques et en mettant en lumière les valeurs à respecter, puis en énonçant les bonnes pratiques souhaitées, ce qui permet de clarifier ensemble les pratiques que l’on veut voir adopter de celles qui sont inacceptables. Cela revient à concevoir ensemble une éthique que l’on partage. Exemple : organiser une concertation pour toute les décisions importantes ;
  • les actions qui visent à conforter, à augmenter les attraits : ce sont les moyens et stratégies permettant d’atteindre les objectifs signalés par les attraits qui sont les éléments motivants de la coopération. Exemple : co-construire le plan d’action du projet avec toute l’équipe

Ainsi, la représentation du projet par les PAT débouche sur des préconisations visant à faire baisser les peurs et les tentations et à conforter les attraits, ce qui assure une confiance renforcée et une coopération durable.

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À propos de l'auteur

Courant pour une écologie Humaine

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