Cultiver : bonnes pratiques #Toulouse #Bordeaux…

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Dans le cadre du parcours Cap 360°, nous avons demandé à chaque participant de révéler ce qui le rattachait personnellement au fait de « cultiver ». Sachant qu’il y a deux façons d’interagir dans son quotidien avec ce thème : soit indirectement, via nos approvisionnements personnels, familiaux ou professionnels (fruits, légumes, autres produits alimentaires), soit directement, par ce que nous cultivons, plantons ou récoltons…

Bonnes pratiques, découvertes de savoir-faire et savoir-être, échanges d’adresses en circuits courts : les retours sont nombreux et passionnants. Des pépites qu’il nous semble vital de partager avec le plus grand nombre, persuadés que nous sommes de leur impact sur nos vies respectives et sur la planète.

Ci-dessous, les retours de Meaux, Bordeaux, Toulouse, Roquefort les pins, Nion (Suisse) et Oslo (Norvège).

 

Meaux

Philippe : « CULTIVER, et notamment cultiver le commun. Que dire de personnel ?
Tout d’abord exprimer le souci que j’ai (mon foyer/ma famille) de reconnaître que la nature est notre matrice originelle. Le respect des lois de la nature est un excellent indicateur pour trouver et maintenir un environnement utile et apaisé pour notre vie quotidienne.

C’est ainsi que le compostage systématique de nos déchets organiques pour notre jardin est devenu une nécessité reconnue et nous permet de joindre l’utile et l’agréable.

Par ailleurs, nous faisons appel à la grande distribution pour notre alimentation, mais nous avons le souci de nous fournir en produits locaux ou nationaux.

Il peut arriver que nous nous fournissions en légumes auprès de l’exploitation « chapeau de paille » proche. L’inconvénient en est de nous transformer un peu en agriculteur nous-mêmes. La solution reste donc partielle. Voilà ce que je peux dire pour la Culture agricole.

Cultiver n’est cependant pas seulement une question alimentaire, puisque le terme s’applique par contagion aux domaines que nous souhaitons voir enrichi par un travail ou une attention particulière : cultiver ses dons vocaux en participant à une chorale, enrichir son patrimoine intellectuel par des lectures / rencontres, etc.. C’est alors que je peux apporter ma contribution personnelle à l’héritage commun et à l’enrichissement de la collectivité.

Me poser cette question de la Culture me permet de mieux réaliser ce que je peux apporter et ce que les autres apportent en partage. »

 

Norvège

Domitille : « Nous ne cultivons pas – encore – nos propres légumes ou fruits mais nous avons la ferme intention d’en cultiver prochainement par 2 moyens :

  • acheter un citronnier pour avoir une plante qui allie l’utile à l’agréable dans notre salon. Nous attendons le prochain arrivage de la bonne variété de citronnier qui donne des citrons jaunes comestibles.
  • fabriquer notre potager en bois pour y planter quelques graines au printemps prochain, s’occuper de ce petit bout de jardin avec les enfants et en profiter pour leur transmettre l’attachement à la terre et leur faire prendre conscience des bienfaits de la nature quand on s’occupe bien d’elle.

De manière indirecte, nous avons changé notre consommation et nos modes d’achat depuis quelques temps déjà. Nous sommes membres de la Coopérative d’Oslo qui propose des paniers de produits locaux et bio : légumes, crèmerie, viande, auprès de qui nous nous approvisionnons au rythme de la mise à disposition. Nous redécouvrons que les légumes poussent dans la terre (eh oui ! il faut brosser les légumes !), que la peau des carottes est belle, douce et tendre, que certains légumes ont un goût prononcé et qu’il faut éduquer le « palais des saveurs » cher au Prof Joyeux des petits et des grands !

Le recours à la grande et moyenne surface est nécessaire pour compléter le caddie, en privilégiant les fruits et légumes de saison bio (un calendrier est affiché dans la cuisine pour aussi éduquer les enfants à la saisonnalité des fruits et légumes), en supprimant pratiquement l’achat de produits chimiques ou transformés.

Cette démarche est née de la prise de conscience que notre alimentation est notre premier médicament. Nous avons donc repensé notre alimentation d’un point de vue nutritionnel. Il se trouve que notre démarche s’inscrit également dans la préservation de notre « maison commune », nous en sommes donc doublement ravis ! »

 

Annecy

« Deux bonnes adresses du côté d’Annecy :

  • Le marché biologique du Pré Ombragé à Montagny-Les-Lanches.
    Vente à la ferme le vendredi après-midi de 15h à 19h.
    A la vente : légumes, pain (culture du blé par la ferme), lait, yaourts, fromages, viande (occasionnel), quelques produits transformés de la ferme comme confiture, huile, jus de pomme, etc. et, depuis peu, poisson proposé par un jeune pêcheur (bio mais pas seulement).
  • Le magasin des produits locaux à Seynod : C’ nos terroirs
    Les producteurs tiennent à tour de rôle le magasin »

 

 Roquefort les Pins

Martine : « Je me suis mise à la permaculture dès mon arrivée ici en avril 2012 car je dispose d’un grand jardin. J’ai façonné des buttes où j’ai planté mes légumes. Mais bien qu’ayant toujours été très branchée sur la nature, j’avais une culture très réduite en matière d’agriculture. Durant toute ma vie active j’étais à Paris. J’habitais une maison en banlieue entourée d’un petit jardin. Il m’a permis de garder le contact avec la terre. Cette prise de terre a toujours été pour moi un remède à tous mes maux psychologiques. Ayant entendu parler par des amis de cette permaculture, j’ai trouvé des sites sur Internet qui m’ont fourni des informations. C’était « tout nouveau, tout beau » et soit disant, ça poussait tout seul. J’ai déchanté. La nature fait ce qu’elle veut quand elle veut. Le climat du midi est un climat difficile. Soit c’est la grande sécheresse, soit il tombe des trombes d’eau, puis un coup de mistral arrive, le soleil réapparait et dessèche à nouveau la terre comme s’il n’avait jamais plu. Compte-tenu de ces aléas climatiques, depuis 4 ans, j’observe comment réagit la nature. Tous les matins je surveille ce qui se passe. J’ai constaté que les graines que je plante sont beaucoup plus résistantes que les quelques plantes que j’ai achetées en jardinerie. Certaines plantes poussent toutes seules, d’autres meurent vite ou sont mangées par les bêtes. Je me suis donc rendue compte à quel point ce métier d’agricultrice est à la fois très beau mais bien difficile « La critique est facile mais l’art est difficile ». J’ai installé des wc sec pour enrichir le compost que j’ai mis en place à côté. Je nourris donc ma terre avec ce fumier auquel j’ajoute du fumier de cheval qui nous est fourni par le haras proche de la maison. Grâce à cet enrichissement, ma production de tomates progresse un peu tous les ans. De plus, mes poubelles se sont considérablement allégées.

Mais je suis bien loin de l’autosubsistance. Je me sens en parfaite harmonie avec le commentaire de l’agricultrice Louise Bellet qui indique « qu’un changement de modèle implique une transition sociale, environnementale et économique qui concerne l’ensemble de la chaîne de production, du champ à l’assiette ».

Une transition douce entre les 2 types d’agriculture me semble la solution la plus raisonnable et la seule envisageable.

A côté du potager, j’ai creusé un trou que mon mari et moi avons aménagé en mare et qui reçoit toutes les eaux des toits de la maison grâce à un système astucieux de tuyaux qui partent de la terrasse jusqu’à la mare. J’arrive donc à arroser mon potager en partie avec ces eaux de récupération. Pour ne pas être envahis par les moustiques, nous avons mis des gambusies, de tous petits poissons qui se nourrissent uniquement de larves de moustiques. Des grenouilles, des crapauds se sont installés autour de cette mare ainsi que des couleuvres qui régulent les naissances de tout ce petit monde. Je suis en admiration devant toute cette vie qui s’est installée. Tous les matins, été comme hiver, je fais un tour dans ce coin pour surveiller ce qui s’y passe. J’ai la chance d’avoir un de mes petits-fils qui est lui aussi très proche de la nature. Sa curiosité, l’attention qu’il porte à la nature me réjouissent. L’autre de mes petits fils adore les travaux manuels. Son pouvoir créatif me procure également une grande joie. Cet écosystème familial qui m’entoure me maintient dans une belle énergie bien vivifiante.

Je finis en conseillant la lecture d’un livre qui s’intitule « Soigner l’esprit, guérir la terre » de Michel Maxime EGGER qui parle d’écospychologie. Ce livre explique la corrélation entre les maux de la terre et ceux de l’être humain, partie intégrante du cosmos. »

 

Bordeaux

« Anne-C. a une vie complètement citadine, en plein centre de Bordeaux. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais elle ne peut vraiment pas cultiver où elle habite !

Pour la viande, le fromage, le poisson, elle s’approvisionne encore au supermarché. En revanche, pour ses fruits et légumes, elle achète dans les épiceries de son quartier :

  • l’une est une boutique bio locale qui fournit des paniers… le rythme de vie d’Anne-C. lui permet difficilement de prévoir les quantités, donc elle les commande assez rarement
  • l’autre ne vend pas spécifiquement du bio, mais aussi de l’agriculture raisonnée. Anne-C. leur fait confiance : ils n’hésiteront pas à la conseiller intelligemment car ils font du local et ils connaissent leurs produits.

Depuis quelques temps, Anne-C.  n’achète plus de plats cuisinés. Elle prépare elle-même la plupart de ses repas, sachant qu’elle se tourne parfois vers la restauration rapide pour des contraintes de temps.

Anne-C. conseille un bon plan de sa grand-mère, qui va acheter ses légumes directement dans une ferme : bonne idée pour une balade familiale, pour se rendre compte de ce que produit la terre et du travail qu’il faut fournir pour obtenir de bons fruits et légumes…  »

 

Suisse

Juliette : « J’ai essayé de consommer local et bio, ce qui est assez facile en Suisse, même dans les supermarchés, car c’est dans la mentalité. On trouve du beurre bio, du pain bio… enfin tous les produits de base bio.
Après, je me suis rendue compte que j’avais plus de mal à faire le tri des emballages et à gérer le gaspillage. Ce thème a intéressé beaucoup de mes amis par son application concrète et certains ont choisi d’intégrer l’écologie plus concrètement à leur vie quotidienne :). »

 

Toulouse

« L’une d’entre nous est agricultrice, avec son mari, dans Le Lauraguais. Ils sont passés d’une agriculture plutôt productiviste à une agriculture bio, insistant sur la qualité des produits et prenant le temps de cultiver selon leur cœur. Cette expérience est viable économiquement, car c’est une activité professionnelle secondaire. Leur problème majeur : des normes surabondantes.

Armelle, quant à elle, a son jardin potager à la campagne. Elle y consacre une partie de son week-end et cela la ressource personnellement.

Pierre, vient de quitter son boulot en PME industrielle pour monter une petite société de commercialisation de produits bio avec des amis agriculteurs.

Isabelle écoule les paniers de légumes de l’ESAT de la communauté de l’arche de Blagnac. »

 

Les autres régions :

À propos de l'auteur

Courant pour une écologie Humaine

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