Cultiver : partage de bonnes pratiques #Paris

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Dans le cadre du parcours Cap 360°, nous avons demandé à chaque participant de révéler ce qui le rattachait personnellement au fait de « cultiver ». Sachant qu’il y a deux façons d’interagir dans son quotidien avec ce thème : soit indirectement, via nos approvisionnements personnels, familiaux ou professionnels (fruits, légumes, autres produits alimentaires), soit directement, par ce que nous cultivons, plantons ou récoltons…

Bonnes pratiques, découvertes de savoir-faire et savoir-être, échanges d’adresses en circuits courts : les retours sont nombreux et passionnants. Des pépites qu’il nous semble vital de partager avec le plus grand nombre, persuadés que nous sommes de leur impact sur nos vies respectives et sur la planète.

Ci-dessous, les retours de Paris.

 

Kevin : « Nous avons réalisé un potager en famille il y a 2 ans. Potager fort simple, avec des plants de tomates, des courgettes, des blettes et des radis. Pour l’enfant des villes que j’étais, ce fût l’occasion de renouer un lien avec la nature, la terre, notre civilisation et le temps :

  • redécouverte des saisons et des cycles pour savoir quand planter/semer et quand récolter chaque espèce,
  • apprentissage des gestes nécessaires à l’agriculture (préparation de la terre, choix des plants/semis, soins réguliers, récolte),
  • prise de conscience de la quantité de travail à fournir, des soins permanents à apporter : il faut être prêt à donner de son temps et de l’énergie si on veut réussir.
  • émerveillement de voir sortir des graines de terre, former des plants puis donner des fleurs et des fruits,
  • éloge de la patience : malgré tous les soins apportés à une culture, une plante a besoin avant tout de temps pour donner du fruit,
  • développement d’un rapport différent à la météo, souhaitant parfois la pluie quand les plantes risquaient la sécheresse,
  • délice de déguster les légumes cultivés soi-même,
  • déception parfois quand il faut arracher la totalité des 18 plants de tomates, attaqués par le mildiou,
  • joie d’une activité partagée en famille, tous ensembles à travailler sur un petit bout de terre. »

 

Marie : « En tant que pure citadine, mon lien à la terre se résume souvent à mon plein de courses de mère de famille…

Cependant, sensibilisée par mon père à la saisonnalité et à la valeur du travail, et plus particulièrement à la juste valeur des choses, je suis touchée quand que le producteur de mes carottes, celui de mon lait ou de mes œufs ne vit pas du fruit de son travail

Modestement, à travers mes achats, j’essaye donc de coller un maximum aux produits français de  saisons (quitte à payer plus cher mes clémentines corses et à manger souvent la même chose en hiver !). J’essaye d’acheter bio pour le lait et les œufs, non pas forcément pour le bio en lui-même, mais pour créer une demande dans des circuits où les agriculteurs vivent mieux de leur travail.

En vacances, mon mari et moi essayons de consommer des produits locaux et de faire vivre les spécificités locales…

Mais les tentations ne sont jamais loin ! Souvent, quelques entorses, par praticité ou manque de temps / curiosité. J’essaye déjà de ne pas avoir comme premier coup d’œil le prix. Je pense être prête à payer le juste prix des choses : merci papa ! 🙂 »

 

Régis : « Sujet vaste ! Je vous livre deux facettes sur mon rapport personnel au thème « cultiver ».

J’ai grandi à la campagne, au rythme de la ferme et des saisons :

– voyant nourrir ou nourrissant les cochons, les paillant de pailles bottelées et ramassées après la moisson, les voyant abattre, récolter le sang,  découper plus tard, nettoyant les boyaux pour préparer le boudin consommé le jour même, puis tout au long de l’année, séché ou congelé, …

– suivant, ou ensuite chassant à la saison, la plume ou le poil, comme en une harmonie avec la nature, quelque chose de naturel, de nécessaire.

J’ai repris un tout petit verger un peu abandonné en Bretagne il y a trois ans et je mesure :

– l’immense travail physique que j’ai dû réaliser pour remettre en état ; puis chaque année pour tailler les branches, abattre les arbres défaillants, les débotter, ranger le bois ; pour endiguer la pousse de l’herbe entre les arbres tant elle pousse drue.
Une lutte avec la nature qui met d’abord l’homme face à son projet et à sa faiblesse, la technique n’est que secondaire.
J’ai bien souvent eu envie de renoncer et de laisser la nature reprendre le dessus, en attendant que la passion habite mes enfants !

– la joie de ramasser avec famille et amis des kilos et des kilos et d’en donner, de pommes, de cerises, de prunes, de châtaignes et de noix,

– la satisfaction d’en conserver nature pour les pommes, les noix et les châtaignes ou en confiture et de les consommer plusieurs mois après la récolte,

– je n’applique aucun traitement autre que la taille des arbres et la tonte des herbes,

– parfois des arbres meurent, deux noyers récemment et je regrette un peu une poudre magique pour guérir l’attaque subie ; un pin également affecté par la chenille processionnaire que je piège avec une méthode naturelle (cerclage, gouttière et sac). »

 

Corinne : « J’ai choisis d’aller échanger avec des producteurs sur un marché dans mon quartier :

– un apiculteur qui a plus de 400 ruches et a récemment diversifié ses produits. Il m’a fait part de ses difficultés lors de l’année de diversification, car il a perdu quelques ruches ne pouvant être autant présent sur la production et sur le développement de son exploitation.

–  Pierre Méjane de la ferme de Mayrinhac à Rodelle, producteur de porcs et d’agneaux. Un producteur qui aime son métier et cela se ressent dans ses produits, qu’il promeut avec une grande bienveillance. La qualité est au rendez-vous, et j’attends avec impatience sa prochaine venue à Paris les 19-20 mars bd R. Lenoir, les 21-22 mai métro Daumesnil.

– et le producteur de fromages de chèvre….

Intéressante cette balade en circuit court et réjouissante pour les papilles ! »

 

Florence : « voici un lien vers le « Manuel des jardiniers sans moyens« 

À vous de le télécharger, il est gratuit. Il y en a d’autres sur la cuisine. L’association qui l’édite est axée sur le bien-être et notre avenir alimentaire. C’est très intéressant pour ce thème « cultiver » : je conseille à tous les gens du Nord d’aller les rencontrer ! » 

 

Agnès : « Depuis un mois je réfléchis, mais je me sens purement citadine et j’ai du mal à voir quel est mon lien avec la nature au quotidien… Je n’ai pas le réflexe de regarder la provenance des fruits et légumes que j’achète et je privilégie souvent la facilité. En revanche, si je sais que ce n’est pas la saison d’un fruit/légume (encore faut-il le savoir !) ou qu’il ne pousse pas en France, j’évite de l’acheter, si cela est possible.

J’ai parfois eu l’occasion de lire des articles ou d’entendre des émissions à la radio au sujet des agriculteurs, notamment récemment à l’occasion du salon de l’agriculture et je suis frappée de voir que malgré la pénibilité physique de ce métier et la difficulté à gagner financièrement sa vie en en vivant, ils sont profondément attachés à ce travail de la terre, aux saisons, à la nature, aux animaux, à la transmission et qu’ils ne veulent surtout pas changer de mode de vie.

 

En tant que citadine, j’ai l’impression de vivre sur une planète différente des agriculteurs et je comprends leur désarroi quand ils ont des réclamations et veulent se faire entendre (quoique je n’approuve pas les barrages et la violence). Ce qui est triste, c’est qu’ils sont accablés par la paperasserie et les normes européennes et passent apparemment beaucoup de temps à remplir des obligations administratives au lieu d’être dans leurs champs ou dans la gestion de la production. »

 

Emmanuel : « De mon côté c’est surtout « au bout » de l’assiette que ça se joue puisque je participe à un compost qui est utilisé pour des jardins partagés depuis janvier.

Sinon en matière de consommation quotidienne j’essaye de pousser jusqu’à choisir les produits en vrac de mon magasin bio, mais ça manque cruellement de biscuits and co 🙂

Hier, un ami m’a proposé d’aller dans la maison de campagne de ces parents et, ni une ni deux, on a lancé le potager ! Pas sûr que le bêchage ait été très conventionnel, mais on y a mis du cœur, de l’amour et des jolies étiquettes 🙂 »

après midi potager-EmmanuelC

 

Axelle : « Voici, en deuxième partie d’émission sur l’automatisation des caisses, un reportage sur mon filleul, agriculteur normand qui vend des produits bio et de producteurs locaux dans des casiers.

Sinon, en pleine crise agricole, j’ai aussi eu des échanges sur les marchés pendant les vacances, les producteurs se plaignent beaucoup des normes qui les contraignent et entraînent surcoûts et gâchis. »

 

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Courant pour une écologie Humaine

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