De notre rapport au cinéma

Romain est écrivain en littérature fantasy, avec trois ouvrages publiés à son actif, et hautement cinéphile. Il a fondé en 2015 le site la maison des films. Son objet ? Aider ceux qui le souhaitent, à travers une présentation complète et une critique bienveillante, à sélectionner la crème de la crème : des films divertissants, enrichissants, propices au rire et à la réflexion.
Cet article est issu de l’ouvrage « Société de Bien Commun vol.2, révéler l’humanité, combattre l’inhumanité ».

Que souhaitons-nous retirer d’une séance lorsque nous prenons la peine d’aller au cinéma ? Voulons-nous être bousculés par une oeuvre ou simplement divertis ?

Chaque voix compte

Le cinéma est le premier art audiovisuel. Bien avant que la télévision ne s’impose ou que les jeux vidéo n’évoluent au-delà de simples paquets de pixels, le cinéma avait déjà acquis son statut d’art à part entière, avec ses chefs-d’oeuvre, ses navets et ses œuvres controversées. Il connaît en cela la même schizophrénie que tous les arts populaires, tels que la littérature, la musique ou le théâtre. Il navigue perpétuellement entre l’expérimental et le pur produit de consommation ; et nul ne saurait vraiment dire où l’une de ces deux démarches cède le pas à l’autre, car tout film qui sort en salle aujourd’hui tient forcément un peu des deux. Des choix artistiques doivent être faits, même dans une grosse machine comme Transformers ou Fast & Furious.
Et même des réalisateurs expérimentaux comme Gaspar Noé ou Darren Aronofsky doivent songer dans une certaine mesure à rendre leurs films regardables pour au moins une frange du public, sans quoi leur carrière s’achèverait brutalement.
Nous avons tous à cœur de regarder des films « de qualité », autrement dit des films qui reflètent des messages positifs et qui suscitent des émotions authentiques. Toutefois, il suffit de voir quels films remportent les plus grands succès au box-office pour se rendre compte que les meilleurs ne sont pas toujours récompensés par les succès les plus éclatants. Le succès d’un film sera plutôt conditionné par l’idée que s’en fait le public avant même de l’avoir vu, et dans une moindre mesure par le bouche-à-oreille. Les films les plus vus de toute l’histoire du cinéma sont ceux qui étaient susceptibles d’attirer le plus de catégories différentes d’individus. Le fameux Titanic de James Cameron était en cela un petit miracle. De par son sujet, il touchait à la fois les adolescents, les adultes et les seniors. Il pouvait prétendre être un film à grand spectacle, une romance construite sur la vieille recette shakespearienne de Roméo et Juliette, et un film historique dont le titre faisait référence à un événement connu de tous ou presque. La mise en scène et le montage très efficace ont fait le reste. Et voilà que ce qui s’annonçait comme un gouffre financier est devenu l’une des entreprises les plus rentables qui soient en engrangeant 2 milliards et 187 millions de dollars dans le monde entier.

Le public n’est pas aussi passif qu’il le croit. Nous avons tous une responsabilité lorsque nous choisissons d’aller voir un film, que nous en parlons autour de nous, voire que nous y retournons une deuxième fois. Chaque succès et échec entraîne des conséquences. Ainsi le flop retentissant du film L’Île aux pirates au milieu des années 90 convainquit si bien les producteurs que le public détestait les films de pirates qu’il fallut attendre presque vingt ans avant de voir un autre film sortir sur le sujet, un long métrage produit par Disney et appelé Pirates des Caraïbes – La Malédiction du Black pearl dont les résultats au box-office furent mirobolants (654 millions de dollars de recettes dans le monde, et la quatrième place au box-office de l’année 2003). Comme quoi, cette prétendue allergie du public aux pirates était en fait inexistante. Le public avait simplement boudé, à raison, un film médiocre, et était revenu en masse sitôt que l’industrie hollywoodienne en avait produit un bon.
Le succès de Gladiator en 2000 engendra la sortie d’une flopée de péplums plus ou moins réussis. Celui de la trilogie du Seigneur des anneaux redonna un nouveau souffle à la Fantasy au cinéma, alors que le genre était considéré auparavant comme trop risqué.
C’est nous, spectateurs, qui avons le pouvoir d’orienter les choix des grands studios dans les projets qu’ils acceptent de financer. Nous déterminons ce qui vaut la peine d’être lancé et ce qui ne vaut rien. Même si notre voix paraît bien insignifiante parmi des millions, elle compte néanmoins, tout comme notre voix compte dans un scrutin politique.

Alors comment savoir quel film aller voir ou non ? Faut-il se fonder uniquement sur les bandes annonces plus ou moins aguicheuses, sur des campagnes de promotion qui mettent toujours en avant les films les mieux financés ? Nous avons tous déjà été déçus par un film qui ne tenait pas ses promesses. Que faire pour limiter ce risque ?
La solution traditionnelle semble être d’écouter les critiques bien sûr, mais l’opinion d’un critique n’engage jamais que lui-même. Et il n’existe pas deux individus sur Terre qui aient très exactement les mêmes goûts. Il n’y a donc aucune garantie que le conseil soit bon, si bien argumenté qu’il puisse être.
De façon amusante, la solution qui a émergé plus récemment a été de combiner un maximum de critiques afin d’établir une pseudo-vérité statistique. Cela se retrouve sur le célèbre site internet Rotten tomatoes mais aussi dans les systèmes de notation par nombre d’étoiles, comme sur le site Allociné. La loi de la majorité parmi les critiques suffirait-elle donc à définir la véritable qualité artistique ? Dans ce cas, est-ce que l’avis du grand public ne devrait pas primer sur celui de quelques centaines d’experts auto-proclamés ? Le raisonnement tourne en rond.

Quel spectateur êtes-vous ?

Ce qui apparaît après réflexion, c’est la nécessité de distinguer deux approches chez les amateurs de cinéma. Certains d’entre nous aiment aller voir des films en bonne partie pour leur imprévisibilité. Si la frustration est grande lorsqu’un film très attendu se révèle être un navet, que dire de la joie ressentie lorsque l’on se trouve contre toute attente devant un petit bijou ? Le cinéphile curieux veut voir des choses nouvelles, et il accepte de devoir ingurgiter beaucoup d’oeuvres plus ou moins bancales avant d’avoir son comptant de bons films, car il estime que c’est le jeu. Pour ma part, j’assimile cette démarche au fait de fouiller dans un vide-grenier  Même si l’on nourrit des espoirs raisonnables, on n’a jamais la garantie que l’on va trouver ce que l’on cherche. Souvent, quand on fait une découverte, ce n’est pas du tout celle à laquelle on s’attendait, mais le plaisir n’en est que plus intense.

Ce spectateur-là est celui qui va aller voir des films parfois choquants, parfois engagés, avec de la violence, ou un discours difficile à entendre. Il va au cinéma pour être bousculé et explorer des chemins toujours nouveaux. C’est le spectateur baroudeur, l’éternel curieux au coeur bien accroché.

Mais il serait naïf de croire que tout le monde veut, ou peut, aborder le cinéma de la sorte. Une famille avec des enfants en bas âge, des personnes émotionnellement sensibles, ou même quelqu’un qui voudrait simplement passer un moment léger et agréable, ne sont pas le public ciblé par la plupart des films qui sortent en salle. Les signalisations « interdit au moins de 12, 16 ou 18 ans » sont extrêmement vagues, et il est rare que les critiques professionnels se soucient de décrire précisément les contenus qui pourraient être rebutants pour une partie du public. Lorsqu’un film porte un message politique discutable, qu’il recèle une forme de violence physique ou psychologique, qu’il dépeint la sexualité de manière plus ou moins explicite, beaucoup de gens aimeraient en être prévenus à l’avance, ne serait-ce que pour les aider à choisir quel film a le plus de chance de les satisfaire.

La Maison des films

Le site la Maison des films a été créée dans ce but, afin d’aider cette deuxième catégorie de spectateurs à choisir les films à aller voir en salle. L’idée est tout ce qu’il y a de plus simple : écrire des fiches critiques sur les films récemment sortis, en les classifiant selon le public auquel ils sont principalement destinés (enfants, adolescents, adultes, ou bien tout cela à la fois). Une section spéciale placée à la fin de la fiche donne également le détail sur le ton général de l’oeuvre et les types de spectateurs auxquels le film semble destiné.
Si une note artistique est attribuée, par l’attribution d’une à cinq étoiles, une autre notation est également donnée sur le caractère plus ou moins sulfureux du film, là aussi, par l’attribution d’un à cinq points. Mais les points sont ici à considérer comme des malus. Une oeuvre qui ne soulève aucune inquiétude restera à zéro. Si un petit avertissement est nécessaire, un point sera attribué, et ainsi de suite, jusqu’à la note fatale de cinq points, qui désignerait un film que nous déconseillons par principe à toute personne sans distinction (le cas ne s’est jamais produit en plus de trois ans d’existence du site cependant).
La démarche de la Maison des films nécessite un nombre important de contributeurs. Si j’ai rédigé la plupart des critiques moi-même – étant un spectateur plutôt actif – il est tout de même nécessaire que plusieurs personnes contribuent à alimenter le site, car chaque mercredi, les sorties cinéma se font plus nombreuses. Toute bonne volonté est donc la bienvenue afin de traiter un maximum de films. Et si l’urgence est avant tout de couvrir l’actualité, il est aussi utile de mettre régulièrement en avant des bijoux méconnus ou oubliés.
Avis aux cinéphiles réguliers ou occasionnels : venez contribuer à faire de la Maison des films la référence d’un cinéma dépouillé de tous ses oripeaux marketing, un cinéma populaire ou exigeant, familial ou sulfureux, un cinéma, enfin, destiné à tous ! Cela fait partie des multiples facettes pour ériger une société où l’humanité, la créativité de l’homme, est bellement révélée.

>> Pour approfondir cette réflexion sur la Société de Bien Commun, cliquer ici. <<

Ce livre est un appel lancé aux femmes et aux hommes d’ici et d’aujourd’hui : les idées pour humaniser le monde se trouvent dans la vie de tous les jours ! Nous sommes tous de potentiels acteurs de cette conversion positive. Pourquoi pas vous ?


Si vous souhaitez rédiger des critiques pour la maison des films, n’hésitez pas à nous contacter !

À propos de l'auteur

Courant pour une écologie Humaine

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