Du déni d’humanité à l’écologie humaine

déni humanitéPlusieurs évolutions récentes et beaucoup des revendications actuelles qui concernent notre société et ses pratiques, notamment dans tous les domaines qui concernent la vie, trouvent leurs germes dans les 3 tentations de la nature humaine :

  • La tentation d’un monde sans faille, qui mène à l’incapacité d’accepter l’échec, la mort, de vivre avec humilité et de prendre patience avec ses limites.
  • La tentation de l’indifférenciation, en opposition avec l’altérité et la  promotion de l’autre.
  • La tentation de la toute-puissance qui conduit au refus de vivre dans le réel et d’ajuster son rapport aux troubles et aux plaisirs.

DONNER DU SENS

Ce qui se revendique aujourd’hui comme une culture et un progrès apparaît ainsi comme un rejet de la nature humaine, c’est à dire un déni d’humanité. Alors qu’une des aspirations les plus profondes des hommes et des femmes est l’unification de leur corps et de leur esprit, ce déni d’humanité mène forcément à une impasse et devient  insupportable. Les jeunes de la génération Y (moins de 30 ans) l’illustrent bien ; leur besoin immense de donner du sens à leur vie, à la fois du sens-direction et du sens-signification nous révèle que la société est appelée à une véritable conversion.

« La défense de la nature doit se faire en protégeant l’homme de sa propre autodestruction, c’est-à-dire par la promotion d’une écologie humaine, qui ne peut déconnecter la préservation et la défense de la dignité humaine de l’acceptation de la nature humaine. »

La tentation de toute puissance des hommes les a conduits à passer d’un objectif d’apprivoisement  de la nature à un besoin de soumission, voire d’asservissement. Les désordres écologiques nous ont montré les limites d’une telle relation de l’homme à la nature, et la leçon est terrible. Cette leçon nous invite aujourd’hui à revenir également au principe de réalité dans notre relation à la nature humaine. La défense de la nature doit se faire en protégeant l’homme de sa propre autodestruction, c’est-à-dire par la promotion d’une écologie humaine, qui ne peut déconnecter la préservation et la défense de la dignité humaine de l’acceptation de la nature humaine.

L’euthanasie, l’avortement, le clonage, la GPA, la théorie du Gender, et autres « progrès » nous éloignent de la vérité,  de la liberté, de la dignité et de la vocation humaine.

Les oppositions à ces évolutions, loin de correspondre à des replis sur soi, des conservatismes, des phobies, sont au contraire les germes annonciateurs d’une nouvelle société écologique et humaine, capable de tempérer la tentation d’un monde sans faille, celle de l’indifférenciation et celle de la toute-puissance. Une telle société, congruente avec notre nature humaine, nous rapprochera de la vérité, de la liberté, de la dignité et de la vocation humaine et nous permettra alors de les transmettre avec fidélité aux générations futures.

AMOUR ET FAMILLE

« L’écologie humaine se décline d’une façon plus générale dans le domaine de la sexualité. Elle nous invite à un nouveau regard sur la chasteté, souvent confondue avec la continence. »

Le CLER Amour et Famille a été créé il y a 50 ans pour travailler au départ sur la fécondité. Depuis la mise au point de sa méthode sympto-thermique (Méthode d’Auto-Observation)  au service de la planification familiale naturelle, le CLER a développé un semble d’activités au service des adultes ou des jeunes dans tous les domaines de la vie affective, familiale, conjugale et sexuelle. Il  cherche à ancrer toujours plus ses activités dans ses fondements anthropologiques, exprimés à l’occasion de son cinquantenaire en 2012 et à rendre visible ses activités auprès des jeunes ou des adultes comme maillon important du mouvement qui est en train de naître autour de l’écologie humaine.

Il souhaite promouvoir et développer ses activités, et tout autant les inscrire dans un ensemble d’initiatives destinées à restaurer une approche de l’homme cohérente avec sa vraie nature et ses aspirations profondes.

L’expertise du CLER dans la Planification Familiale Naturelle (www.methodes.naturelles.fr)  lui permet par exemple de collaborer désormais avec des naturopathes,  conscients que la PFN est une  réponse écologique.

L’écologie humaine se décline d’une façon plus générale dans le domaine de la sexualité. Elle nous invite à à un nouveau regard sur la chasteté, souvent confondue avec la continence.

La chasteté n’est pas d’abord un code de loi ou une norme morale mais plutôt une qualification, une qualité de l’agir humain. La chasteté se découvre dans les gestes qu’une personne pose et elle  est une école de croissance en humanité. L’autre est une fin ou un sujet, par opposition à un moyen ou un objet. La chasteté est le signe et l’expression du respect dû à la dignité de l’autre. En ce sens, la chasteté est un moyen d’accéder à une relation véritablement humaine et épanouie.

La chasteté implique la  tempérance, c’est-à-dire la maîtrise de soi, de ses passions, de ses émotions  et de ses pulsions. La maîtrise de soi est difficile, souvent sollicitée et fragile. Elle suppose un effort repris à tous les âges de la vie. Mais cette maîtrise peut être bénéfique, telle l’eau du torrent de montage, à la fonte des neiges, dont la force est canalisée dans un lac de barrage. Toute l’énergie y est contenue, mais prête à être transformée dans une énergie électrique maîtrisée et utile. Ainsi nos passions, nos émotions et nos pulsions, si elles sont accueillies et donc non refoulées, peuvent être plus facilement maîtrisées ; elles deviennent alors des forces de vie qui peuvent être mises au service de la relation à l’autre.

UNE EDUCATION A LA SEXUALITE

Dans sa séance des 25 et 26 mai 2013, le Conseil d’Administration du CLER, constatant au travers de son activité d’Education Affective, Relationnelle et Sexuelle que les jeunes sont envahis de plus en plus, et de plus en plus jeunes, par la pornographie, et d’une façon générale par ce qui conduit à une sexualité « désordonnée », a décidé de mettre au rang de ses priorités la lutte contre la pornographie et les dérives de la théorie du  GENDER.

Des initiatives ont été prises  pour agir :

  • auprès des adultes en responsabilité de jeunes pour les aider à « gérer » les comportements des jeunes ;
  • auprès des parents pour les sensibiliser à ce que vivent leurs jeunes ou à ce à quoi ils sont confrontés, et les aider à parler affectivité et sexualité avec leurs enfants ;
  • auprès des jeunes eux-mêmes en les invitant à un autre regard sur le corps humain et la sexualité, et en les aidant à magnifier le corps humain. C’est un des sens de l’engagement du CLER dans les ateliers CYCLOSHOW ou XY Evolution.
  • Du déni d’humanité à l’écologie humaine
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À propos de l'auteur

JEAN-EUDES TESSON
JEAN-EUDES TESSON

Jean-Eudes TESSON est chef d'entreprise. Par ailleurs conseiller conjugal et familial et ancien Président du CLER Amour et Famille, il est spécialiste des interactions travail et vie privée. Il est également président Fondateur de la Fondation de la Famille et auteur du livre "Osez le couple durable" (Éditions Mediaspaul). Il intervient également dans le champ de la protection sociale comme président de l'Acoss (Caisse Nationale des Urssaf) et de l'Ucanss (Union des Caisses Nationales de Sécurité Sociale).

Vos réactions

3 personnes ont donné leur avis pour "Du déni d’humanité à l’écologie humaine"

  1. LEMAITRE dit :

    Excellent article qui participe à l’éveil nécessaire des consciences….Merci pour l’interpellation et à notre devoir d’alerter le champ publique pour prévenir la tentation des dérives infiltrées par de nouveaux concepts et idéologies qui sont un déni de la réalité, une manière de manifester que l’homme n’est en soi pas aimé tel qu’il est….Ces idéologies veulent construire un homme nouveau, l’histoire nous a enseignés sur les dévastations morales, spirituelles, sociales, qu’engendrent l’enseignement de ces dernières quand celles-ci sont imposées et transmises par la société qui se substitue à un Père et à une Mère…

  2. Geoffroy B. dit :

    « L’euthanasie, l’avortement, le clonage, la GPA, la théorie du Gender, et autres « progrès » nous éloignent de la vérité, de la liberté, de la dignité et de la vocation humaine. »
    Cette phrase mérite multiple discussions, elle est un peu mise comme ça, sans justification, et à mon sens décrédibilise à tort le reste du propos.
    On ne va pas débattre de tous ces sujets sous cet article, chacun en mérite un propre 🙂

  3. Cap2006 dit :

    L’écologie humaine doit en effet réaffirmer avec force que l’amour entre deux êtres est une chose merveilleuse… que cela se définit par le partage, la complicité, le respect….

    La sexualité fait aussi partie des choses qui peuvent être agréable à partager pour le simple plaisir qu’elle procure… mais que c’est bien plus fort quand cela s’inscrit au service d’un projet sentimental…. de l’ambition d’une vie…

    Je pense en effet qu’il ne faut pas laisser les enfants sans repère face aux tentations, à la transgression, à la violence pornographique ou idéologique.
    C’est le rôle de la famille, des parents ; dont bien peu sont préparés, capables, à l’aise face à l’exploration adolescente des émotions liées aux sentiments, aux désirs. Il faut donc aussi aider les parents à éduquer… Je ne peux que me féliciter d’actions en ce sens.

    Mais si l’écologie humaine entend combattre la différenciation sexuelle, ce serait tomber dans une généralisation réductrice et déconnectée de la réalité, de l’histoire de l’humanité…
    Ce serait surtout définir une norme, et forcément de l’exclusion et de la souffrance pour ceux qui se sentiraient en dehors de cette norme…du rejet et des préjugés par ceux qui détiendraient cette vérité suprême…
    L’écologie humaine ne doit pas singer les intégristes de l’écologie environnementale.

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