Entreprendre : ensemble, tout est possible !

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Dans le cadre du parcours Cap 360°, nous avons demandé à chaque participant de présenter une action réalisée dans laquelle il avait personnellement entrepris, dans quelque domaine que ce soit en développant la part purement individuelle et celle qui s’appuyait sur / développait des communs. Ci-dessous, un florilège de réponses passionnantes et inspirantes !

 

Thierry : « Le thème entreprendre est complexe à traiter. Pourtant nous avons effectivement tous des expériences de vie qui peuvent se rapprocher de cette action…

J’ai en souvenir une action dont je vous relate le détail.  Il y 6 ans, je me suis occupé d’un projet de restauration d’un orgue historique en alsace.  J’ai pu faire créer une commission municipale en charge du suivi du projet, en relation avec les experts des affaires culturelles de Strasbourg et quelques amis musiciens et experts d’orgue. Cette commission s’est d’abord attachée à définir les travaux à effectuer, après analyse, puis à formaliser l’appel d’offre et, enfin, à sélectionner l’entreprise en charge des travaux jusqu’à la livraison finale. Ce projet a pu être mené à bien par la participation de tous et aujourd’hui, ce merveilleux instrument contribue par sa beauté au patrimoine organistique alsacien et participe à la vie culturelle de la citée à travers les nombreux concerts organisés et son utilisation liturgique régulière…  Il participe ainsi au partage d’un commun culturel et cultuel pour tous ceux qui franchissent la porte de cette église… »

 

Maria : « Dans mon entreprise, nous avons dernièrement effectué un groupe de travail pour améliorer le fonctionnement de notre service « administration des ventes » et rendre ainsi son processus plus fluide. J’ai pu animer ce groupe de travail (je suis responsable de production et formée pour animer des groupes de travail faisant appel à diverses méthodologies). Nous avons formé un groupe pluridisciplinaire avec les personnes concernées elles-mêmes (ADV), des commerciaux, des personnes de la logistique, de la qualité, de la production, du service informatique et du service comptabilité… bref des personnes qui sont – à l’intérieur de l’entreprise – leurs clients ou fournisseurs.

J’ai fait travailler toutes ces personnes sur les gaspillages du service ADV, de façon à faire émerger ce qui, au quotidien, complique la tâche des assistantes commerciales, ou leur fait perdre tout simplement du temps ou des opportunités de répondre aux clients avec réactivité, d’honorer plus vite leurs demandes, de les facturer plus vite…

Le groupe de travail a ensuite planché sur la description du processus de travail actuel en administration des ventes et sur ce qui serait le processus amélioré (tendant vers l’idéal). De là, nous avons pu faire émerger des solutions pour réduire toutes les pertes de temps inutiles, pour simplifier le travail quotidien des personnes, leur donner des outils de travail plus efficaces et des outils plus ergonomiques… De ce groupe de travail, nous avons aussi conclu qu’il était nécessaire de davantage communiquer entre services. Nous avons ainsi établi une réunion hebdomadaire entre services qualité, production, ADV, commerce et logistique. La production et la qualité sont désormais plus conscientes des urgences commerciales et en tiennent davantage compte dans la planification de leur service.

En 1 mois, les résultats sont palpables. Nous avons pu optimiser nos préparations en magasin, en limitant le nombre de parcours de prélèvements tout en augmentant le nombre de colis préparés par parcours (+45.8%).

Les assistantes commerciales sont heureuses de voir les améliorations mises en place, de voir qu’elles portent du fruit et qu’elles travaillent désormais avec plus de sérénité (plus de sensation de travailler dans le stress ou l’urgence du fait d’à-coups dans leur charge de travail) : leur travail est facilité et les résultats sont gratifiants, et ce sans travailler davantage mais en travaillant tout simplement mieux. La communication entre services s’est également améliorée, et les bons résultats obtenus en si peu de temps enthousiasment l’ensemble du personnel. »

 

Véronique : « Je pense qu’à chaque étape de la vie, nous sommes entrepreneurs.

Hier : en fondant un couple et une famille, mon mari et moi avons été déjà entrepreneurs : généreux en amour, en temps, en énergie, en permettant à chacun de nos 6 enfants de développer leurs compétences, au départ au service de la famille et maintenant de tous, de la société, par leur métier. C’était un projet commun, un objectif de couple. Et cela a créé du commun, puisque la famille est la famille de tous ses membres, puisque tous y ont participé et crée la valeur inestimable de l’amour fraternel et de l’entraide (la famille est le premier lieu de solidarité).

Aujourd’hui : nous essayons de prendre des initiatives qui créent du commun : comme le collectif des « amis d’Isabey ». Il ne vit que par la participation de chacun et dans la mesure où il concerne tout notre quartier qui est un espace commun, il revalorise ce commun et le fait vivre. Et surtout il remet l’homme et la relation aux autres comme ressources essentielles pour le bien commun.  L’entraide qui s’est créée permet de « mettre ensemble », de « combiner » les savoir-faire et les savoir-être des uns et des autres, chacun apportant ses compétences au service de ceux qui en ont besoin. »

 

Grégoire : « Pour moi, entreprendre est associé à une certaine complexité : le désir de faire aboutir un projet se mélange à l’incertitude de l’inconnu, du quand / comment / avec qui faire avancer le projet. C’est cette complexité qui crée de facto du commun, un projet nécessite un travail en commun, de l’inventivité, de la réactivité – c’est ça le sel ! – mais aussi beaucoup d’obstacles à surmonter.

Un projet qui m’a donné l’impression d’entreprendre est cette année recherche, en Master 2, à la fin de mes études. Pour un médecin, se tenir au courant de la recherche est naturel. En faire et y participer l’est beaucoup moins, surtout la recherche expérimentale. C’est un univers qui ressemble à l’hôpital mais la liberté d’explorer est déstabilisante face aux protocoles « rassurants » de la médecine factuelle qui a déjà digéré et transformé toutes les données de la science. Le commun qui se développe de cette expérience est celui d’un regard critique qui garde du recul sur les données de la science que la médecine utilise et met en pratique. Les données de la science sont complexes et parfois contradictoires, ce qui aboutit à des modes et à des changements de dogmes relativement régulièrement. Le bon côté : la médecine est un art qui peut ne pas s’enfermer dans la routine. Le pendant : ce n’est pas une science exacte, c’est aussi une science humaine. C’est un art qui se transmet mais s’enrichit de tous ceux qui y participent : médicaux et paramédicaux. »

 

Anne-Claude : « Je suis dans une petite structure, où chacun travaille en autonomie sur un projet : pas beaucoup de communication, l’information circule mal…et à la pause de midi, chacun mange devant son ordinateur. Avec quelques collègues, nous avons décidé d’investir la salle de pause en début d’année, en instaurant de déjeuner ensemble. Depuis, les autres nous ont rejoint, et c’est le moment où l’information est partagée.

D’autre part, même si je n’ai rien « entrepris » de bien concret au niveau individuel, je passe tout mon temps libre à réseauter, c’est-à-dire à rencontrer des gens qui évoluent dans un domaine professionnel qui me plait bien, afin de leur poser des questions sur leur formation, leur activité, etc… en espérant que cela affinera mon projet professionnel.

Je fais beaucoup de belles rencontres, et notamment je rencontre beaucoup de personnes qui ont « entrepris » : chacune me raconte son histoire, et c’est passionnant ! Une chose revient souvent : « tu trouveras toujours raison de ne pas te lancer, il y a toujours du risque : mais plus tu attends, moins tu auras de chance de te lancer » 😉

Bref, ça donne envie d’entreprendre ! »

 

Chrisbelle : « Je suis missionnée par des médecins pour visiter des logements et déterminer les causes possibles d’éléments malfaisants (acariens, insectes, produits etc…). La conduite de mon travail, relativement autonome, a évolué. Il y a quelques années, il se résumait à des visites suite à quoi je proposais des recommandations. De plus en plus, et petit à petit, j’ai appris à travailler « en réseau » avec d’autres professionnels sur la réduction du mal-logement (Assistante sociale, médecin, autres intervenants à domicile par exemple, pour construire des rangements et apprendre à ranger, etc…). Ce travail en réseau, où l’on créé du commun, permet de traiter bien plus efficacement des problèmes de vie lié à l’habitat. »

 

Sylvie : « Orthophoniste en structure hospitalières, j’ai décidé il y a deux ans de créer un cabinet en libéral. Mon objectif : servir dans la joie dans un lieu donné bien accessible. J’ai eu la chance d’être bien aidée par mes confrères et consœurs. L’inauguration du local a donné lieu à une petite fête rassemblant consœurs, amis et patients du moment : un vrai commun de vie et d’efforts partagés ! »

 

Philippe : « Nos enfants cherchent à se lancer à entreprendre :

– reprise à deux de la gestion d’un gite de Grande Randonnée

– recherche de reprise ou création de ferme agricole locale

Nous prenons conscience particulièrement de notre rôle essentiel de soutien bienveillant dans ces débuts d’entreprise. »

 

Etienne : «  j’ai proposé la semaine dernière à chaque personne de mon équipe élargie (une dizaine de personnes) de faire un feedback sur des présentations que chacun a faites récemment.

Concrètement, chacun (managers compris) va relire les présentations de deux autres personnes (managers compris) et leur faire des commentaires constructifs, positifs et négatifs.

Pourquoi ai-je lancé cette idée ?

Je veux renforcer les liens entre les membres de l’équipe, en encourageant deux pratiques pas si courantes en entreprise :

  1. proposer aux gens de faire des commentaires sur le travail de leurs pairs
  2. inciter à faire un feedback direct sur le travail de son manager.

En bouleversant le schéma classique du feedback (manager -> collaborateur), je pense ouvrir la porte à des échanges d’idées fructueux, car inhabituels.

Affaire à suivre ! »

 

Domitille : « Mon environnement de travail est la maison !

« Hier », je préparais les repas, mettais le couvert, débarrassais la table et les enfants disposaient.

« Aujourd’hui », le vendredi soir est notre repas « plus que commun » où les enfants participent à la préparation du repas et du couvert (pas encore du rangement). Chacun demande ou s’attribue une tâche en fonction de son âge. Chacun cuisine notre repas commun et apprend par la même occasion quelques notions de nutrition ! »

 

Agnès : « Pierre-Yves Gomez dit, lorsqu’il s’exprime sur le fait d’entreprendre : « L’entrepreneur est celui qui, par ses opportunités et ses compétences, va « coaguler » une activité et ainsi produire un commun, possiblement bienfaisant pour ses diverses parties prenantes. »

En réfléchissant à ma propre expérience, j’ai essayé de trouver un exemple qui aurait fait de moi la créatrice d’un commun à un moment donné. Cela dit, la difficulté est de trouver un exemple qui montre que ce que j’ai lancé a été suivi, partagé et continué par d’autres. C’est là le point difficile.

En effet, il m’est arrivé d’organiser un week-end rallye pour une vingtaine d’amis dans un gîte pour créer du lien et souder des amitiés, ou d’organiser une soirée de 40 personnes pour se retrouver entre amis, ou de participer à un petit groupe de responsables d’un groupe qui organisait quelque chose pour d’autres personnes, mais dans tous ces exemples, il y a plutôt une organisation centralisée par moi pour un seul évènement qui n’est ensuite pas recommencé ou complété ou relayé par les participants pour devenir un « commun » bienfaisant pour les parties prenantes… »

 

Laure : « Il y a quelques années, j’ai entrepris un bilan de compétences

– Part individuelle : connaissance de soi, mieux connaître mon profil, besoin de plus d’épanouissement personnel

– Part qui développe des communs : par l’analyse de ma situation professionnelle et familiale, j’ai pu discerner comment je peux tenir ma place dans la société ;

J’ai retrouvé le sens de mon travail : être au service des malades (et des médecins) par la réalisation d’analyses de laboratoire de qualité, en équipe avec tous mes collègues.

J’ai repris conscience de ce qui est à privilégier dans ma vie : pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Pour cela, garder une qualité de vie (travail à temps partiel) et conserver cet emploi  qui m’assure une sécurité financière (sécurité de l’emploi).

Et puis, aujourd’hui, dans le laboratoire où je travaille :

– Je dialogue avec les collègues pour voir si tout va bien, ou partager leurs problèmes.

– Je m’informe des nouveautés (lecture des affiches, des mails, fiches de consignes…) pour un travail meilleur en équipe.

– Je m’occupe de la gestion des contrôles de qualité dans un secteur du labo (en coopération avec une collègue), pour une meilleure qualité des résultats.

– J’utilise, j’améliore ou je crée des modes opératoires (au service de tous). »

 

Bernard : « Nous sommes une PME d’une vingtaine de personnes où on se concentre à 95% sur nos 2 fonctions principales : vendre des voyages et élaborer une offre par destination.

En nous inspirant d’une démarche mise au point par un cabinet anglo saxon baptisée « carte stratégique », nous avons recensé les tâches transversales, jamais beaucoup travaillées et pourtant essentielles au bon fonctionnement de notre société : la méthodologie pour produire une offre de qualité, la fidélisation client, la gestion des retours clients, la communication interne, la démarche commerciale, notre offre responsable, etc… Nous nous sommes répartis ces tâches entre nous et cela a donné de bons résultats.

Ce travail est passé au second plan et j’ai prévu de le réactiver au prochain séminaire en mai. Deux idées me sont venues, suite au Cap 360° sur « entreprendre » :

– Renommer cet outil au titre un peu pompeux de « carte stratégique » pour l’intituler « nos communs ».

– Changer l’objectif « communication interne », qui n’est pas celui qui a le plus apporté en « développer la bienveillance ».

Je suis sûr qu’il y a plein d’autres choses à regarder. Je vais approfondir tout cela d’ici ce séminaire.  Je vous dirai si mon idée d’un mini groupe de travail autour du thème de la bienveillance a eu du succès ! »

 

Thérèse : « J’ai choisi un métier qui n’est pas répertorié au catalogue officiel… mais qui à mon sens est indispensable, avec une proposition « à la mode » malgré tout : apprendre à apprendre. J’ai créé en 2007 une auto-entreprise. Je prends en charge des personnes « à flux tendu » car les suivis sont courts : pas d’abonnement pour une année ou par lot de 20 séances. Les personnes suivies sont de tout âge : adultes, étudiants, mais surtout jeunes collégiens…

Je les rencontre quand ils ne sont pas en cours : les soirs, mercredis, samedis…

La part individuelle : ma motivation, mon travail, mes compétences.

Les communs utilisés :

  • Le commun familial : le temps, l’espace, l’argent « pris » à la famille …
  • la formation, les connaissances qu’on m’a transmises, pour lesquelles l’auteur n’a jamais déposé de propriété intellectuelle pour les mettre au service du Bien Commun, car les moyens d’apprendre, leur découverte et leur transmission sont des Communs.

Les communs créés :

  • La création en elle-même d’une auto-entreprise puis d’une association pour permettre la mise à disposition d’autres services à d’autres associations, établissements scolaires, etc…
  • Le partage de connaissances, d’intuitions pédagogiques par une communauté de personnes passionnées, idéalistes, ayant le goût de la transmission.
  • Les échanges constructifs avec des professionnels motivés par le mieux-être des personnes suivies : enseignants, médecins, psychologues…

Entre autres… ! »

 

Martine : « Dans notre école, nous avons entrepris une campagne de sensibilisation au respect de l’environnement par les écoliers :

  • la propreté : apprendre à ne pas jeter les papiers dans la cour
  • le respect des fleurs qui entourent leur école située au sein d’un magnifique parc.

L’idée est de faire participer les élèves : c’est à eux de fabriquer des panneaux rappelant à tous qu’il est nécessaire de préserver la beauté de leur environnement.

Nous avons également choisi de faire un spectacle avec les enfants pour leur faire découvrir la fondatrice de leur école, Marthe Robin. Et ce spectacle, qui a mis à contribution maîtresses, élèves et parents d’élèves, a eu lieu le 13 mars, jour anniversaire de la naissance de Marthe.

Nous voyons dans ces deux exemples comment « entreprendre »  créé du liens entre humains qui vont se découvrir mutuellement, en racontant l’histoire de la fondation de leur école et en entretenant ensemble ce lieu de vie. »

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Courant pour une écologie Humaine

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