La Protection Maternelle et Infantile (PMI)

B. est infirmière spécialisée en puériculture au sein d’une PMI de Paris depuis quelques années. Elle livre ci-dessous une réflexion sur son métier.

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La PMI : qu’est-ce que c’est ?

Structure publique gérée par le conseil départemental, le service de Protection Maternelle et Infantile (PMI) accompagne les parents à la suite d’une naissance. La PMI fournit un service de protection sanitaire des nouveau-nés. Elle joue un rôle essentiel auprès de la famille, cellule de base d’une société dans laquelle les relations de filiation ne cessent d’évoluer. À l’heure actuelle, la protection de l’intérêt de l’enfant, ou “L’intérêt supérieur de l’enfant” au sens de l’article 3 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, est un enjeu majeur. En France, la loi du 4 mars 2002 a, pour la première fois, pris en compte l’intérêt de l’enfant comme finalité de l’autorité parentale (article 371-1 du Code Civil). Les pouvoirs publics tentent, dès lors, de le préserver au mieux.

La PMI est un exemple concret de l’action étatique concernant la préservation de l’intérêt de l’enfant nouveau-né. Elle s’est vue attribuer deux principales missions pour favoriser un environnement propice au développement de l’enfant jusqu’à ses 6 ans.

  • Dans le cadre de la prévention sanitaire de l’enfant, elle assure le suivi du poids et la vaccination de l’enfant au cours de sa croissance.
  • Elle soutient les parents et propose un accompagnement pédagogique adapté à leurs situations sociale et économique.

 

La PMI oriente les familles vers les organismes idoines pour répondre à leurs besoins matériels ou de service. L’assistante maternelle, les centres médico-psychologiques, les établissements d’accueil et d’hébergement ou les associations caritatives sont, parmi d’autres, susceptibles de prendre le relais.

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Comment ça se passe, concrètement ?

Au sein d’une PMI, les femmes enceintes et les jeunes mères ont la possibilité de consulter un médecin (sur rendez-vous) ou de venir lors des heures de permanence. L’infirmière puéricultrice B., les auxiliaires de puériculture et un agent « Petite Enfance » les accueillent et orientent du mieux possible. Ils conseillent les parents sur tout type de sujet tels que l’allaitement ou l’habillement de l’enfant en hiver. L’accompagnement personnalisé dont la famille peut bénéficier favorise l’émergence d’une confiance, sans laquelle une société ne peut vivre ensemble sereinement.

A travers la PMI, l’État intervient dès la naissance de l’enfant, au moment où l’être humain est le plus vulnérable. Cette intervention dans la sphère privée est opportune dès lors qu’elle contribue au développement de la dignité et de l’intégrité de la personne humaine.

Au sein de sa PMI, l’infirmière puéricultrice B. accueille un grand nombre de familles de milieux sociaux divers, sans discrimination. 90% des familles que le centre de B. accueille sont d’origine africaine, souvent en situation précaire. Logées dans de petits espaces ou en centre d’hébergement d’urgence du Samu Social, ces familles ont besoin d’un accompagnement sanitaire et de conseils en matière d’éducation infantile. De nombreuses familles mono parentales passent aussi la porte de la PMI.

Plus récemment, de nouvelles populations provenant des centres d’hébergement d’urgence nouvellement construits pour faire face aux dernières vagues de migration, ont été prises en charge. Le personnel de la PMI est à l’écoute des difficultés de toutes les familles, qu’elles soient régularisées ou pas, qu’elles bénéficient d’une couverture maladie ou pas.

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Les obstacles rencontrés

En France, un droit au remboursement des dépenses de santé est accordé sous certaines conditions de résidence et revenu. Pour les personnes en situation économique et sociale fragile, il existe plusieurs types de couverture :

  • La protection universelle maladie (PUMA) est accordée à toute personne résidant en France et ayant un revenu faible.
  • L’aide médicale d’État (AME) est une prise en charge des soins médicaux octroyée aux étrangers en situation irrégulière depuis plus de trois mois en France.

En plus de ces deux couvertures maladie, des permanences d’accès aux soins de santé (PASS) ont ouvert, depuis quelques mois, dans certains hôpitaux publics afin d’offrir des soins et un accompagnement social aux personnes en grande précarité et sans résidence en France.

 

Malgré ces mesures, la PMI rencontre des obstacles dans l’accomplissement de sa mission et constate que son champ d’action reste limité face à la pauvreté affluente. L’absence de couverture maladie de certaines personnes accueillies est compensée par un financement de l’État accordé à chaque PMI. Hors de la PMI, ces personnes se trouvent souvent face à un mur : les hôpitaux ou autres structures publiques requièrent souvent une couverture minimale. Aussi, il arrive que les PMI orientent leurs patients vers des organismes qui n’ont pas les moyens de leur procurer les soins nécessaires. Pour pallier ce problème et s’assurer de la bonne prise en charge des patients, le personnel des PMI développe des partenariats entre organismes. Néanmoins, la continuité de prise en charge entre PMI, associations et hôpitaux peut être compromise pour des raisons financières. Ainsi, ces partenariats entre PMI et différentes structures publiques et associatives pourraient être soutenues par l’État.

 

Par ailleurs, la PMI ne bénéficie pas de financement pour répondre aux besoins autres que sanitaires des familles accueillies. Aussi, la PMI de B. a mis en place une pièce dédiée à l’accueil des dons matériels (ex: lait, couches, vêtements de bébé). Ces derniers sont remis aux parents les plus nécessiteux.

 

Outre l’amélioration du suivi des patients, la PMI souhaite apporter davantage. Elle accueille des familles dans une grande misère. L’écoute et les paroles bienveillantes sont un grand bienfait pour les personnes dans le besoin. Toutefois, ces dernières ont aussi des besoins matériels vitaux. Les dons collectés par la PMI permettent de répondre à une partie de la demande. Un financement supplémentaire lui permettrait d’offrir des produits de première nécessité aux patients qui en manquent le plus.

 

Enfin, il est de la responsabilité de chaque membre du personnel de la PMI de traiter ces patients de manière bienveillante, d’accorder une écoute active et une empathie envers les parents et enfants, sans discrimination. Individuellement et collectivement, dans la bienveillance, il est possible de transformer la société.

 

>> Pour en savoir plus sur la PMI, cliquer ici (p. 48) <<

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Courant pour une écologie Humaine

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