Le bien : ultime quête de chacun

Tiré du mémoire de Cyrille Krebs, responsable de l’alvéole Éducation, ce texte traite de l’importance d’atteindre le véritable «  bien » qui nous mène à un épanouissement personnel.  Nous vous laissons découvrir ci-dessous l’objectif de chaque individu au fil de sa vie.

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« Tout art et toute investigation, et pareillement toute action et tout choix, tendent vers quelques biens, à ce qu’il semble. Aussi a-t-on déclaré avec raison que le bien est ce vers quoi toutes choses tendent » [1] déclare Aristote en préambule de l’Ethique à Nicomaque. Chez lui, la démarche éthique est née de ce désir profond du bien ancré en l’homme. La question de la vérité reste vitalement présente. Ce qui m’apparaît comme un bien l’est-il vraiment pour moi ? On ne veut ni se tromper ni se mentir. Nous voulons le meilleur bien pour nous et pas un bien illusoire. « Si donc il y a de nos activités quelque fin que nous souhaitons par elle-même, et si nous ne choisissons pas indéfiniment une chose en vue d’une autre (car on procéderait ainsi à l’infini, de sorte que le désir serait futile et vain), il est clair que cette fin-là ne saurait être que le bien, le Bien Souverain »[2]. L’être en tant qu’il est un bien nous attire. Il faut laisser grandir en nous la puissance de l’intention droite qui suscite le désir ; ce désir qui nous pousse à chercher une connaissance toujours plus grande du bien qu’il nous faut. Il y a une exigence d’objectivité au cœur de l’expérience subjective. Il nous faut faire coïncider ce que nous éprouvons avec ce qui est objectivement bon pour nous en tant que personne et nous permet de nous réaliser dans notre singularité. Le plaisir et le bien ne se confondent pas. Le désir nous met en action, il est élan et dynamisme. Désir et plaisir jouent un rôle capital mais pas décisif. Ce qui m’apparaît comme plaisant n’est pas nécessairement mon vrai bien. Aujourd’hui on confond « avoir de la valeur » avec « apparaître subjectivement comme bien ». Certes le plaisir est une des figures, une des manifestations du bien, mais il doit être situé dans l’ordre de l’éthique. La relativité du bien devient irréductible si la mesure est donnée par ce qui apparaît comme plaisant [3]. L’erreur porte sur l’identification entre bien et plaisir. Le plaisir en lui-même est un signe qui manifeste une disposition[4].

 

[1] Aristote, Ethique à Nicomaque, 1094a – 1

[2] Aristote, Ethi. A Nico. 1094 a – 20

[3] En réalité, « celui qui se livre à tous les plaisirs et ne se refuse à aucun devient un homme dissolu, tout comme celui qui se prive de tous les plaisirs comme un rustre devient une sorte d’être insensible … » Aristote, Ethique à Nicomaque 1140a

[4] « … En effet, c’est à cause du plaisir que nous en ressentons que nous commettons le mal, et à cause de la douleur que nous nous abstenons du bien. Aussi devons nous être amenés d’une façon ou d’une autre, dès là plus tendre enfance … à trouver nos plaisirs et nos peines où il convient, car la saine éducation consiste en cela. … » Aristote, Eth. à Nico. 1140b

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Courant pour une écologie Humaine

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