Le pouvoir (magique) de l’homme : choisir la vie

Pierre-Yves Gomez, économiste et co-initiateur du CEH, rappelle une différence fondamentale entre l’être humain et les autres êtres vivants : seul l’Homme peut « choisir la vie« .

Pierre-Yves Gomez : « Choisir la vie est la clé de voûte : ce thème fait tenir tout ce que nous avons construit ensemble lors des trois saisons de la form’action Cap 360°. L’année dernière, nous avons travaillé sur Tout l’Homme, cette année, sur Tous les Hommes, mais nous ne nous sommes jamais posés la question de ce qu’est l’Homme.

De quoi parlons-nous lorsque l’on évoque l’être humain ? En quoi un être humain est-il différent d’une abeille ou d’une étoile ?
Si l’on n’affronte pas ces questions, nous risquons de verser dans un humanisme ouvert à tout vent. Une des réponses possibles à ces questions est le thème de cette ultime soirée : choisir la vie !

L’univers tend vers l’entropie : tout converge vers la stabilité, l’absence de mouvement. Tout, sauf un mécanisme unique : la vie. Cette dernière va dans le sens inverse ; elle ne tend pas vers la stabilité ou l’énergie la plus faible, bien au contraire ! Elle va vers le désordre et l’énergie la plus grande possible. C’est ce que l’on appelle la néguentropie, la négation d’entropie, un mystère pour les physiciens ; la vie va donc en sens inverse du mouvement général de l’univers qui tend vers la stabilité absolue. En ce sens, la vie s’oppose à la mort.

Parmi les vivants, il y a un être particulier, l’être humain, qui a conscience de la vie. Cet être est doté d’une capacité incroyable : pouvoir choisir entre la vie et la mort, entre l’entropie et la néguentropie. Il peut donc choisir le mystère de la vie, avec ses côtés incroyables et décapants, sans se contenter simplement d’être vivant – il y a d’autres êtres vivants – mais en se sentant responsable du vivant et en le choisissant. Voilà comment une définition de l’être humain émerge incidemment, quelque chose qui le distingue de tous les êtres : l’être humain est le seul vivant qui peut choisir d’être vivant.

Tugdual Derville a rappelé le lien entre choisir la vie et la vulnérabilité, choisir la vie en fonction du plus faible. Gilles Hériard Dubreuil a montré que choisir la vie est le choix de vivre ensemble ; c’est une aventure collective, commune. Quant à moi, j’ai traité ce thème sous l’angle de la bienveillance « veiller au bien » : choisir la vie, c’est porter un regard de vivant sur les êtres vivants.

Nous avons chacun apporté notre morceau de pierre pour rappeler que l’être humain, « tout l’Homme et tous les Hommes », se résume in fine à cette définition : l’être humain est celui qui choisit la vie ».

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Courant pour une écologie Humaine

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