Notre choix : vivre d’écologie humaine

Depuis quelques années, Benoît et Virginie vivent plus intensément l’écologie humaine au quotidien. Retour sur ce qui a évolué pour se rapprocher petit à petit de ce mode de vie fondé sur la recherche du bien commun.

L’écologie humaine : une évidence

Virginie : « Nous avons toujours été sensibles à l’écologie, mais ce qui nous a vraiment lancé à transformer en profondeur notre quotidien, c’est le diagnostic d’autisme de notre fils aîné, il y a 4 ans. On s’est alors rendu compte qu’il y avait un lien entre l’autisme et l’environnement. C’est ainsi que l’écologie humaine, qui était déjà importante pour nous, est devenue comme une évidence à propos de laquelle il nous était nécessaire de témoigner afin d’y sensibiliser chacun. »

Un lien essentiel hommes – nature

Benoît : « Dans écologie humaine, on a tout d’abord le mot écologie. Ce terme vient de oikos, la maisonnée, et logos, la science. Il s’agit ni plus ni moins de la prise de conscience que l’on a une maison commune. Il faut prendre en compte deux concepts : celui de la maison commune, c’est la science de notre écosystème, la nature qu’il faut respecter, donc l’écologie telle qu’on l’entend communément mais il y a aussi la considération de la colocation de la maisonnée. On se rend alors compte que tout est lié : nos rapports humains les uns vis-à-vis des autres et les conséquences de ces rapports sur la biosphère, notre maison commune. L’un ne va pas sans l’autre, il s’agit de trouver un équilibre juste. »

Transformer notre rapport au temps

Benoit : « L’écologie humaine est d’abord du bon sens, une forme de sagesse. Par exemple, l’homme a un rythme biologique ; forcer ce rythme pour toujours plus d’accélération a nécessairement un impact sur l’écologie. Une image pour illustrer ce propos : nos smartphones nous habituent à toujours plus d’immédiateté. Qu’est-ce que cela enseigne à nos enfants – pour ne citer qu’eux – du rythme de la vie « naturelle », qu’il soit lié à notre sommeil, à notre capacité d’écoute, aux saisonnalités, à la croissance biologique expérimentée par tout être vivant, qui enseigne la patience, la sagesse de l’attente ? L’éducation au tout, tout de suite, impacte visiblement la planète.

Autre exemple, peut-être plus personnel, mais qui mérite que l’on y réfléchisse. Placer nos grands-parents dans un EHPAD est-il vraiment pertinent ? On a un rythme de vie très rapide ; on ne peut pas tout gérer ; pour certains, il y a déjà la famille nucléaire qui occupe beaucoup de place. Déléguer à des institutions médicalisées le soin de nos personnes âgées est devenue une solution qui s’impose. Mais peut-être faut-il remonter à la source du problème et se poser une autre question : est-ce que le rythme de nos sociétés est pertinent ?

Pour nous, c’est l’un des fondements de l’écologie humaine. Il y a une notion essentielle de réappropriation / réhumanisation du temps, pour être mieux à même de prendre soin de tout l’homme et de tous les hommes. »

Respecter l’homme et la nature jusque dans la consommation quotidienne

Virginie : « C’est précisément lorsque l’on recherche des solutions au quotidien, pour faire les bons choix vis-à-vis de la grande famille humaine et de notre maison commune, que l’on se rend compte que tout est lié. Ainsi, pour consommer, nous nous dirigeons de préférence vers des producteurs locaux ou bien des petites boutiques aux projets innovants. Tout d’abord, nous mangeons beaucoup mieux, tant au sens du gout que de la santé, mais ça me rend aussi plus heureuse de savoir que la personne qui me permet d’accéder à un bien est vraiment rémunérée à la juste valeur de son travail. C’est vraiment la respecter et je suis contente de contribuer à la pérennité de projets locaux de valeurs et respectueux de l’environnement : car l’argent représente un pouvoir que nous donnons… C’est une belle manière d’établir un lien positif et bienveillant entre les hommes, tout en limitant notre impact négatif sur l’environnement. »

Sensibiliser les générations futures

Benoît : « J’aime cette histoire du vieil indien qui dit à un enfant que dans l’homme, il y a deux loups qui se battent : l’amour et la haine. C’est ce qui nous définit, et il en reste là. L’enfant demande alors lequel des deux gagne. L’indien répond que c’est celui que l’on nourrit.

Il s’agit donc de se nourrir de connaissances, d’images et de mots pour s’humaniser. Ca peut passer par choisir notre environnement visuel, par exemple. Ainsi, nous n’avons pas de télévision, ce qui nous évite d’être assommés de publicités ou de regarder ce qui s’impose à nous. Surtout, ça nous permet d’être pro-actifs sur nos choix : ce que l’on va regarder et le moment où on va le regarder. Avec la télévision, c’est imposé. »

Virginie : « Ce que l’on donne compte aussi beaucoup : un regard bienveillant provoque de l’ocytocine chez la personne qui le reçoit et chez la personne qui le donne. Notre comportement influe sur notre environnement direct et génère une spirale positive.

Cela me fait revenir à nos smartphones. Je me suis rendue compte que lorsque quelqu’un m’appelait alors même que j’étais déjà avec des gens, je m’excusais et je décrochais. La personne qui est physiquement absente a plus d’importance que la personne qui est présente, qui s’est déplacée et qui prend du temps pour un moment personnel. Pour éviter d’être débordés, peut-être peut-on utiliser une corbeille à téléphones dans laquelle les gens déposent leurs téléphones le temps de vivre un vrai moment de qualité. »

Des conseils pour ceux qui le souhaitent

  1. Ne pas être trop exigeant. Il faut l’être, sinon on ne fait rien, mais il ne faut pas vouloir aller trop loin trop vite. Qui veut aller loin ménage sa monture !
  2. Ne pas être dans le jugement. Nous sommes appelés à une conversion personnelle. C’est nous qui devront changer et évoluer et c’est parce que nous le faisons que les choses font changer autour de nous.
  3. Rester humble : nous n’allons peut-être pas réussir sur tous les fronts et autour de nous, d’autres pourront nous inspirer.
  4. Vivre d’espérance : cela demande de l’énergie et si l’on n’y croit pas fondamentalement, c’est compliqué de s’y lancer.
  5. Garder la joie !

« Pour conclure, osons dire que cette démarche d’écologie humaine nous intéresse depuis toujours. C’est un chemin sur lequel on avance chaque jour, poussés par un désir de cohérence pour nos vies. C’est un cheminement spirituel qui nous fait prendre conscience que tout est lié. Si ce tout est lié a été particulièrement démontré par notre découverte de l’autisme, ça n’est pourtant qu’une illustration et non pas la raison de notre action. »

  • Notre choix : vivre d’écologie humaine
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Courant pour une écologie Humaine

Vos réactions

2 personnes ont donné leur avis pour "Notre choix : vivre d’écologie humaine"

  1. Sandrine dit :

    Bonjour
    Je partage votre vision et j’habite la métropole lilloise. Si vous organisez des activités ou rencontres je suis intéressée.
    Bravo pour votre message.
    Et merci pour notre écosystème
    Sandrine

  2. Pierre dit :

    Merci pour cette belle leçon d’écologie humaine !

    On en dira jamais assez qu’il est important de prendre de la distance avec les nouvelles technologies pour réapprendre à s’ancrer dans le réel.

    Je suis également sensible à la partie sur les personnes âgées. Mon grand-père de 91 ans a la chance de pouvoir vivre encore chez lui, avec des aides à domicile matin et soir et la proximité de mes parents. Cela demande des efforts à toute la famille, mais c’est sans doute grâce à cela que mon aïeul est toujours vivant et relativement autonome.

    Vivons tous l’écologie humaine pour un monde meilleur !

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