Nucléaire : l’engagement d’un agriculteur japonais en zone contaminée

Muneo KANNO, agriculteur et directeur de l’ONG « Résurrection de Fukushima », fait part de son expérience post-accidentelle dans l’ouvrage Les populations locales face aux conséquences à long terme des catastrophes nucléaires : Les enseignements de Fukushima et de Tchernobyl. Il évoque les difficultés rencontrées après l’accident nucléaire et les procédés mis en place pour redonner vie à son village. 

kanno

« Les taux de contamination à Iitate se situent entre 30 000 et 1 000 000 Bq/m2. M. Kanno a précisé que l’agriculture a été supprimée et que le démantèlement de la centrale nucléaire prendra environ 40 ans. Dans ces conditions, les habitants peuvent-ils revenir et reprendre leurs activités agricoles ? C’est un immense fardeau pour les générations à venir et il est important de partager le savoir parce que les générations partagent un destin commun. Après l’accident de Fukushima, tout le village a été évacué et divisé en trois catégories selon les débits de dose. C’est la raison pour laquelle la famille de M. Kanno a été séparée. Muneo Kanno souligne que le processus de décontamination est sous la responsabilité de l’État. Les habitants ne peuvent décider par eux-mêmes. En 2014, les zones résidentielles ont été décontaminées.

En 2015, ce seront les zones agricoles. Les forêts et les montagnes ne sont pas concernées par la décontamination. Muneo Kanno estime, en tant que victime, qu’il pouvait et qu’il devait participer à la solution et a décidé d’agir pour sa zone évacuée. Ainsi, en juin 2011, il a commencé à travailler avec M. Tao, qui était directeur de « Résurrection de Fukushima » avant M. Kanno, et l’a rencontré presque tous les weekends pendant plus de trois ans. Actuellement le noyau central de l’ONG est constitué de 15 membres de tous âges, tous volontaires. Elle a reçu de l’aide extérieure (notamment des universitaires mais également des autorités, des villageois). L’ONG compte un total de 250 membres individuels et 6 entreprises membres. Le but de l’ONG est de reconstruire les conditions de vie humaine. Les activités de l’ONG sont principalement localisées dans les zones habitées affectées et consiste à réaliser des mesures et à informer.

Au Japon, la bureaucratie est divisée en sections et chaque section travaille sur ses propres problèmes sans collaborer avec les autres sections. M. Kanno estime que l’État ne dispose pas de plan pour un futur après le travail de décontamination. Pour l’ONG, cette question est au contraire très importante. Il existe différentes opinions dans le groupe qui doit s’adapter aux différents besoins et partager l’opinion des villageois. M. Kanno considère le besoin de renforcer la coopération avec les universités et les autorités.

Par exemple, l’ONG a effectué des mesures de radioactivité dans l’environnement en collaboration avec l’administration.

Ils ont établi une cartographie de la radioactivité afin de rendre visible la présence de radioactivité et reçoivent désormais des fonds du gouvernement pour poursuivre cette activité. En ce qui concerne les résultats des prises de mesure, ils font apparaître de faibles niveaux de radioactivité pour les aérosols mais la contamination du sol sur les 5 premiers centimètres est toujours élevée et reste présente. Ils ont également lancé un projet qui traite de la question des sangliers sauvages qui saccagent les fermes. Avant, le niveau de contamination de la viande allait jusqu’à 15 000 Bq/kg. Désormais, il est d’environ 500 Bq/kg donc le projet va se poursuivre, mais la question principale continue à porter sur la santé humaine. »

En lire plus (retrouvez l’intégralité de ce témoignage p.68)

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Courant pour une écologie Humaine

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