Nucléaire : les politiques publiques ont-elles un rôle à jouer ?

L’extrait ci-dessous du livre Les populations locales face aux conséquences à long terme des catastrophes nucléaires : les enseignements de Fukushima et de Tchernobyl met en évidence l’influence et l’importance des politiques publiques sur la cohésion sociales des communautés après un accident nucléaire. Un ouvrage passionnant, détenant de nombreux témoignages sur la complexité de situations post-accidentelles et la manière d’appréhender le futur.

japon

« Les politiques publiques peuvent influencer de façon positive ou négative la cohésion sociale des communautés locales, régionales ou nationales affectées par un accident nucléaire. La façon dont les politiques publiques prennent en compte les valeurs de cohésion sociale (dignité, vérité, honnêteté, justice, équité, solidarité, culture démocratique) influe sur la capacité qu’ont les acteurs à construire individuellement et en commun leur réponse à la situation post-accidentelle. Une bonne politique doit intégrer dans ses objectifs la préservation de la cohésion de la communauté affectée. La solidarité entre les communautés affectées et la communauté nationale (et éventuellement la communauté internationale) est une condition clé pour la réhabilitation des conditions de vie après une catastrophe nucléaire. La liberté de choix (c’est-à-dire de rester ou de partir, de revenir ou non) est une valeur fondamentale. Il est nécessaire d’éviter toute discrimination et de fournir un soutien équitable à ceux qui, pour des raisons qui leur sont propres, ne suivent pas le mouvement majoritaire. 

Les expériences rassemblées dans ce document permettent d’identifier trois phases de natures différentes dans la situation post-accidentelle, à mesure que la diversité des enjeux et que la complexité du processus de réhabilitation se déploient. La première phase consiste en la mise en œuvre de politiques publiques dont l’objectif est la protection des populations, qui sont centrées sur des critères de protection sanitaire et radiologique.

Dans la deuxième phase, se développent des stratégies publiques visant à reconstruire des conditions de vie économiquement viables, humainement dignes et ayant un sens. Dans cette phase, les processus de prise de décision doivent s’ouvrir à la participation des citoyens et des parties prenantes. La troisième phase consiste en une transformation du système de gouvernance afin de prendre en compte la nature émergente des processus de réhabilitation.

Dans cette troisième phase, l’objectif des politiques publiques n’est pas seulement de protéger les citoyens, mais aussi d’apporter les moyens et un soutien aux citoyens et aux communautés locales dans la (re)construction de leur propre projet de vie. Le passage d’une phase à l’autre représente un changement aussi bien dans les priorités stratégiques des autorités publiques que dans les objectifs des citoyens et des communautés locales, depuis une perspective essentiellement centrée sur la gestion des risques pour aller vers une perspective plus large de reconstruction de la qualité de vie, qui inclut la gestion du risque, mais ne se limite pas à celle-ci. »

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Courant pour une écologie Humaine

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