Orienter les chefs d’entreprise vers le bien commun

Chef d'entrepriseLe chef d’une entreprise de taille moyenne, de 100 à 1000 salariés, est soumis à une pression forte, dont parfois seuls ses proches, ses consultants ou son équipe dirigeante prennent la mesure.

Il doit concilier des intérêts admis comme contradictoires : ceux de ses actionnaires, de ses salariés et le sien propre. Pour croître, son entreprise doit également respecter le cadre juridique édicté par les pouvoirs publics et créer une relation harmonieuse avec son écosystème : ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires commerciaux.

ACTIONNARIAT, SALARIAT ET ENTREPRISE

Depuis quelques années, l’intérêt des actionnaires devient la mesure principale de l’action du dirigeant. Ce déséquilibre s’accentue encore depuis septembre 2008 : à mesure que les banques contribuent à resserrer les conditions d’accès au crédit, le pouvoir des actionnaires enfle.

Les déséquilibres budgétaires de nombreux Etats occidentaux ont également  des conséquences sur l’économie réelle, et sur les profits des entreprises de taille moyenne. Ces entreprises n’ont pas la taille suffisante pour « mettre en danger le système » en cas de faillite. Elles sont souvent laissées à leurs difficultés.

RESPONSABILITES DES CHEFS D’ENTREPRISE

Avec la crise, servir l’intérêt des seuls actionnaires n’est plus tenable. Dans la tempête, tous les acteurs sont mobilisés. Mais comment motiver des salariés s’ils sont souvent la première variable d’ajustement ? Comment motiver ses principaux cadres si l’actionnaire peut les remercier en quelques semaines ? Comment nouer des relations de confiance avec ses clients et ses fournisseurs  si l’entreprise est tentée de tirer la corde au maximum ?

« Contribuer au bien commun n’est plus une option, c’est une priorité pour l’avenir de nos entreprises »

Chefs d’entreprises, soyez courageux !

Posons que le chef d’entreprise est le seul à pouvoir s’opposer au désir de profit immédiat des actionnaires et que sa responsabilité est en définitive de résister.

Une entreprise qui rémunère justement ses salariés et ses fournisseurs, une entreprise qui recherche la qualité de ses produits ou de ses services  est une entreprise qui crée une valeur particulière : celle-ci ne se lit pas immédiatement dans le bilan ou le compte de résultat, mais elle est perceptible par tous. Contribuer au bien commun n’est plus une option, c’est une priorité pour l’avenir de nos entreprises.

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À propos de l'auteur

PHILIPPE FILLINGER
PHILIPPE FILLINGER

Philippe FILLINGER dispose d'une large expérience de conseil en finance d’entreprise, à la tête de la société de conseil i-ROE. Marié, père de cinq enfants, âgé de 46 ans, Philippe FILLINGER est diplômé d'HEC 1991 et de l'Université BOCCONI de MILAN.

Vos réactions

5 personnes ont donné leur avis pour "Orienter les chefs d’entreprise vers le bien commun"

  1. Georges-Henri Florentin dit :

    Bonjour,

    Chef d’entreprise, cette réflexion m’intéresse même si j’ai la chance de ne pas avoir la pression des actionnaires. Réconcilier, dans l’inconscient collectif francais, salariés et dirigeants me paraît indispensable, pour des raisons philosophiques, spirituelles et éthiques, mais aussi pour des raisons d’efficacité. La « musique ambiante » cultive à l’écoeurement doutes, dénigrement et oppositions (noir versus blanc plutôt que yin et yan). Oui je rencontre énormément de dirigeants comme de salariés honnêtes, travailleurs, dévoués et ayant l’esprit d’équipe. Il existe une France des « braves gens » beaucoup plus importante qu’on ne le dit. Faisons le savoir.
    Ayant travaillé sur les ecosysthemes je crois fortement à l’écologie sociale. Que l’écologie humaine s’en préoccupe aussi est une excellente chose.

    Merci.

    Georges-Henri FLORENTIN

  2. Paul Pasquier dit :

    J’ai du mal à voir quel est le programme derrière ces propos, somme toute, très banals. Vous souhaitez pas nous en dire un peu plus ?

    • Benoît VANDAME dit :

      @ Paul Pasquier,

      Je comprends votre frustration qu’il n’y en ait pas plus sur le sujet dans ce billet. Mais justement, l’objectif des contributions est de lancer la discussion, le débat sur les sujets.
      De plus d’autres contributions arriveront qui apporteront plus d’éléments concrets. Vous même, n’hésitez pas à développer ce que cela évoque chez vous, dans votre métier ou à préciser vos attentes. Nous demanderons à M. Fillinger de développer et/ou nous chercherons des contributeurs qui pourrons vous aider à trouver des solutions.

      Cordialement,
      Benoît VANDAME

  3. Ben dB dit :

    Bonjour,

    en ce qui me concerne, et « grâce » à ma double expérience (Finance de marché et conseil auprès de représentants du personnel) je partage votre écrit. Il y a dix ans, passant mon BAC, j’étais plus avide de gain que d’espérance;

    Comme le dit très justement Monsieur Florentin, il est urgentissime de réconcilier salariés et patronat, mais aussi jeunes / vieux, la crise économique, financière, sociétale précipitant les divisions.
    L’entretien de ce clivage est malheureusement bénéfique à certaines catégories : des politiques aux sphères de la haute finance pour qui « cash is king » (sans non plus tomber dans la théorie du complot) sans oublier de nombreux journalistes. Mon impression est, pour imagé, qu’il s’agit donc plus d’un jeu de pions où les pions sont les individus.
    La question est donc de savoir comment quitter ce jeu ?

    Une première solution plus ou moins avancée pourrait être de tous devenir actionnaire des entreprises : projet très louable mais, malheureusement, l’époque est au court-termisme pour les jeunes générations dont je fais parti : je veux, je prends, je consomme, je jette. Nous cherchons le plus souvent à maximiser ce que nous gagnons en valeur pécuniaire plutôt que d’optimiser ce que nous gagnons en « humanité » .
    Le problème ne serait-il pas éducatif ? si, jeunes, plutôt que poussés à consommer notre jeunesse à tout va ce qui suppose de développer son patrimoine monétaire, nous étions sensibilisés à la vie ce qui suppose des qualités humaines, peut-être la société serait-elle plus vivante et les rapports au travail différents au sein de l’entreprise (respect entre parties prenantes et responsabilité sociétale)?.

    Cordialement,

    Ben dB

    • barthel dit :

      Bonjour,

      Je suis jeune et décidé à investir de façon courageuse c’est à dire à long terme sur des projets à forte valeur ajoutée sociale donc avec une rémunération plus faible que les produits d’épargne classique. Quels produits choisir ?
      Je suis jeune et courageux mais pas téméraire, si je me lance j’aimerais ne pas être seul à essuyer les plâtres et à prendre des risques pour quitter ce jeu de pions du capitalisme financier qui paralyse les états. Pourquoi ne pas créer un « club d’investissement » ou un groupe « Ecologie humaine » qui permettrait de démarrer à plusieurs un projet d’investissements pour épargner humainement ?

      cordialement

      Grégoire B.

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