S’enraciner pour se ressourcer

Quels sont les domaines d’enracinement pour l’Homme ? A quoi ça sert de vouloir s’enraciner ? Pierre-Yves Gomez, co-initiateur du CEH, nous apporte quelques réponses dans le cadre du parcours Cap 360°.

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Pierre-Yves Gomez : « Le mot « racine » dérive du grec rhadix, rameau, branche lié au rapport qu’il y a entre les branches et les racines, celles-ci étant comme les branches enterrées de l’arbre. S’enraciner, c’est développer des racines comme un arbre ou une plante, pour réussir à puiser des ressources, dans différents éléments. Alors, nous pouvons être. Alors, nous pouvons nous développer. Alors, nous pouvons nous réaliser en tant qu’Homme.

L’essentiel est de savoir d’où nous tirons notre ressource vitale. Simone Weil, dans son magnifique « L’enracinement », détaille les différents lieux d’enracinement pour un être humain. Citons-en quelques-uns.

 

La langue

On s’enracine dans une langue, dans un langage. L’être humain est un être de parole, c’est ce qui le distingue de l’animal. On entre dans une culture par la langue. Albert Camus disait : « ma patrie, c’est la langue française. ». Quand on parle d’identité nationale, on oublie souvent que c’est d’abord la langue du pays. Cette langue me donne les ressources : mots, expressions culturelles, résonances de sens qui me permettent de me situer, d’agir et de me réaliser dans le monde.

Cette ressource est indispensable : on a tous eu cette expérience, à l’étranger, de ne pas parler la langue du pays ; sans cette ressource d’enracinement, il est difficile de nous réaliser là où nous sommes.

 

La famille

Deuxième lieu possible d’enracinement : l’environnement familial. La famille me donne à être au monde dans une continuité. C’est là que je vais trouver des ressources qui sont à la fois celles de mon origine, celles de l’affection qui m’est donné, de la défense apportée par la communauté créée par le fait d’être en famille. Et c’est la première expression de l’enracinement possible dans une communauté politique. On oublie souvent que la famille est le premier espace politique où je vais trouver les ressources de réalisation dans ce monde précité. L’univers familial me donne des ressources pour pouvoir grandir, et grandir parfois ailleurs.

 

La biosphère

Là encore, je fais appel à notre expérience commune, sans doute partageable. L’apaisement apportée par la contemplation de la nature ; le bien-être perceptible lorsqu’on évolue dans un espace naturel, … : tout cela nous ramène à un espace bien plus large que l’espace purement technique, social, économique, que nous avons créé, nous humains. Cet espace est beau et bon, mais nous avons également besoin d’un espace plus large qui nous rend vivant au milieu des vivants : la biosphère.

Donc, la contemplation, ou le travail dans / avec, ou même le passage, la marche dans la nature, nous permettent de nous enraciner de nouveau. C’est en puisant dans ce milieu naturel que nous trouvons les ressources pour grandir en humanité.

 

Le spirituel

Toute personne, quelle que soit sa spiritualité, est amenée à y trouver des ressources : par la transcendance, l’énergie apportée. Elle apporte également des ressources intellectuelles, de raisonnement. Bref, le spirituel nous apporte ce souffle qui nous permet d’être plus nous-mêmes là où nous sommes. « Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être sont des racines, buvant les cieux. » (Rilke)

 

L’enracinement nous permet donc le ressourcement. Il y a racines, il y a enracinement, dès lors qu’il y a de l’énergie, des ressources qui sont données pour grandir davantage. »

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Courant pour une écologie Humaine

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