Un potager à partager

Impossible de mettre les mains dans la terre à Paris, pensez-vous ? L’équipe d’Isabelle prouve le contraire : elle a proposé de mettre en place un potager dans un minuscule jardin caché entre de grandes tours d’immeubles. Un reportage inspirant.

Le contexte

Était proposée aux participants de la form’action Cap 360° saison 3 la réalisation d’une action collective visant plusieurs objectifs : lutter contre l’isolement, agir à proximité avec délicatesse, travailler à pacifier et apaiser les relations entre les personnes et les communautés. Il s’agissait également de rencontrer plusieurs personnes ressources, des médiateurs, pour construire l’action de façon pertinente. Le tout étant à inscrire dans une perspective de bien commun, harmonisant le bien de chacun et le bien de tous.

Quand l’équipe d’Isabelle se réunie ce soir-là, un fort consensus émerge : le défi d’une action collective sera relevé et, qui plus est, cette dernière sera en lien avec la terre et le maraîchage. Oui, oui, en pleine ville ! Après réflexion, l’équipe se décide à créer un potager commun, idéal pour générer du lien entre les habitants du quartier et pour récolter physiquement le fruit de leur travail.

Première étape : trouver un lieu où installer le potager. L’équipe se met en quête de l’endroit idéal, facilement accessible, porteur de mixité sociale et générationnelle. Une recherche qui mène à de magnifiques découvertes.

Alexis, jardiner

Alexis est un jeune jardinier qui travaille avec des personnes en réinsertion à Nanterre. C’est la première rencontre lumineuse, riche en précieux conseils, que fait l’équipe.

Alexis partage son expérience avec chaleur et simplicité : le travail de la terre permet de se décentrer, de se reconnecter aux saisons, à la vie en plein air ; il apporte du bien-être. Le jardinage a plusieurs autres atouts : il est créatif – le champ des possibles est vaste – et pédagogique – il enseigne notamment un autre rapport au temps, à l’effort et à l’abondance – et peut également s’avérer lucratif via la production de ses propres fruits et légumes.

Le jardinage est une opportunité fabuleuse pour créer du lien avec des personnes en marge de la société ; de fait, il se pratique avec un peu de bon sens, à tout âge. « Même si l’on a vécu loin de la nature, on la découvre et l’apprivoise avec joie. Le lien avec la nature, à travers une activité comme le jardinage, permet de recréer du lien facilement avec des personnes en difficultés. »

Une porte s’ouvre…

L’équipe contacte plusieurs associations : le timing n’est pas le bon, il n’y a pas de besoin et pas de souhait de s’investir dans ce projet. Qu’à cela ne tienne, il en faut plus pour lui faire baisser les bras. Marie et Benoît suggèrent de réaliser ce potager avec la maison Ozanam à Boulogne qui accueille quotidiennement des personnes isolées et propose des cours de français aux personnes étrangères et de soutien scolaire pour leurs enfants. Cette maison de quartier possède un jardin : elle s’avère ravie à l’idée d’animer en commun un atelier d’initiation au jardinage.

Plusieurs bacs de terre sont installés dans la cours. Y sont semés fruits et légumes avec l’aide des enfants du soutien scolaire. S’il y a de l’appréhension au début, très vite, cet apprentissage laisse place à l’amusement. « Les enfants ont montré beaucoup de bonne volonté malgré des réticences au départ. Petit à petit, ils se prennent au jeu et commencent à prendre du plaisir dans cette toute nouvelle activité. Les parents étaient très heureux face à tant d’enthousiasme ! »

… et ne se ferme plus !

Les mois suivants, les enfants du soutien scolaire continuent à veiller sur les plantations : cette implication autonome émeut l’équipe du CEH. Visiblement, cette activité délaissée par les jeunes générations a finalement suscitée un intérêt profond et durable. Il n’y a d’ailleurs pas que les élèves qui se sont attachés à leurs plantations : les groupes d’alphabétisation, les autres associations qui louent les salles en semaine, les bénévoles de la maison d’Ozanam… tous observent avec tendresse les plants sortir de terre, la floraison advenir, les fruits sortir…

Après deux mois d’attente, la première récolte a lieu. C’est l’occasion rêvée d’organiser une petite fête !

Isabelle souhaite prolonger l’aventure sur le long terme : « L’objectif est de s’améliorer dans les années qui viennent et continuer à créer de l’intérêt auprès des enfants, notamment ».

 

Bref, vous l’avez compris : il y a de nombreux avantages générés par le rapport à la terre. Le jaillissement étonné d’une joie tendre n’est pas des moindres. À vous maintenant de trouver un chemin pour en bénéficier !

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Courant pour une écologie Humaine

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