Choisir la vie vs subir la fatalité

Dans le cadre de la dernière soirée de Form’action Cap 360° 2018, sur le thème « Choisir la vie ! », Tugdual Derville, co-initiateur du Courant pour une écologie humaine, propose de s’exercer quotidiennement à la joie et à l’accueil de l’imprévu pour vivre toujours plus densément. 

Tugdual Derville : « C’est intéressant de concevoir nos vies comme un processus d’humanisation, de vitalisation qui nous tirerait de l’inexistence, du néant, pour nous emmener vers toujours davantage de vie. Ça se traduit par cette injonction consciente ou non : choisir la vie !

Pour ce faire, nous pouvons essayer de discerner les lieux qui, dans nos existences, sont des lieux fossilisés, pourris, croupis, où une sorte d’esprit de fatalité ou de mort est venu figer les choses.

Cela peut être dans une relation avec une personne qui est devenu un ennemi, un empêcheur, ou que l’on a étiquetée au point que lorsqu’on la rencontre, on ne croit pas que puisse jaillir quelque chose de vivant, de nouveau, d’imprévu de cette relation. On peut faire là un travail, en se disant : « et si je laissais la vie venir purifier cette eau pour, de croupie, devenir courante ? » et découvrir alors qu’on laisse à l’autre sa chance de ne pas rester dans cette fatalité dans laquelle on l’enferme.

La façon dont je vais regarder des personnes, dans le métro, par exemple, va changer selon mon humeur du moment. Elle peut dégouliner de négativité ou déborder de vie : je vais alors m’émerveiller de traits burinés, fatigués et permettre à une bienveillance souriante d’émerger.

Autre illustration : quand on a des projets, on a tendance – et c’est normal – à vouloir des résultats rapides et une efficacité exemplaire. Or, peut-être peut-on tenter aussi accepter la part d’imprévu et de créativité qui va subitement donner une autre tonalité à ce projet, et qui va le réadapter au réel. Ne pas tout enfermer, tout programmer, pour laisser jaillir la vie.

Il y a donc comme une philosophie du choix de la vie qui va essayer de déjouer nos compulsions de fatalité, ces dernières ne contribuant pas à notre humanisation ni à celle des autres…

Au fond, ce choix est dans chacun de nos gestes. Quand je me lève le matin, il y a deux façons de faire : me lever dans l’élan d’une vie ou simplement de faire comme on a toujours fait, dans une sorte de ritualisation morbide. En renouvelant sans cesse son regard sur les événements et sur les gens, on a une vie plus dense, plus intense, qui nous satisfait plus. Les parties trop « ronronnantes » de nos existences, même si l’on a besoin de rites pour se sécuriser, ne laissent pas tant de traces que cela dans nos souvenirs. On est très marqué, en revanche, par ce qui a pu donner la vie. Et aussi, bien sûr, par ces temps de deuil qu’il est nécessaire de regarder… Le choix de la vie passe par le consentement au deuil. À quoi ai-je dû renoncer de mes projets, de mes amours, de mes idées, de mes ambitions ? À quel deuil de personnes chères ai-je dû faire face ? Et quand j’ai bien mesuré tout l’arrachement que cela représentait, je peux alors prendre le temps de voir ce que j’en tire comme force de vie…

Le choix de la vie est marqué par la joie, une joie communicative, qui est un combat intérieur et qui nous relie les uns aux autres. »

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Courant pour une écologie Humaine

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