« Il n’est de technique que d’homme » Table ronde sur le transhumanisme

Jean-Guilhem Xerri, Biologiste médical, Jean-Marc Potdevin, Entrepreneur et Tugdual Derville, co-initiateur du Courant pour une écologie humaine, expriment leur point de vue sur le rapport de l’homme à la technique : allons-nous vers une posthumanité ?
« Et peut- être que la conscience de la mort est l’une des plus précieuses alliées de la vie. »

 

Jean-Guilhem XERRI : « L’enjeu n’est pas de devenir post-humain, ou de devenir sur-humain, mais bien de devenir plus humain. Je peux devenir post-humain, je peux courir plus vite, être plus efficace dans mon travail, ce n’est pas pour ça que je serai plus humain. Et l’enjeu aujourd’hui c’est au contraire, collectivement, mais aussi personnellement de s’interroger sur ce qui fait notre humanité. Finalement, deux choses me semblent résumer l’enjeu : notre capacité au don et à la gratuité et la place que nous laissons aux plus fragiles d’entre nous. La révolution de la bienveillance se retrouve évidemment dans ces deux préoccupations. »

Jean-Marc POTDEVIN : « Avec toutes ces nouvelles technologies, on assiste à un phénomène assez enthousiasmant qui est cette volonté des hommes de s’interconnecter. C’est beau, cette volonté de rester en contact, de partager. Et pourtant, des problèmes émergent. Ces réseaux peuvent être une fuite du monde, une fuite de la vraie relation à l’autre, de son intériorité, un « paraître ».
On peut aussi utiliser ces technologies pour mettre en relation des gens qui ne se connaissent pas forcément, en les poussant vers le réel, vers le concret : réussir à rapprocher les personnes de leurs voisins, y compris les personnes sans-abri. »

Tugdual DERVILLE : « Comment peut-on affronter ce sujet sans pour autant nous priver des bienfaits qu’il nous apporte ? Dans le lobby de la transhumanie, il y a un refus absolu de la transcendance. Nous ne sommes qu’un amas de cellules, réduit à des équations et le fantasme ultime est de pouvoir transférer notre être dans une machine. Il y a un fantasme face auquel nous pouvons répondre par le principe de vulnérabilité. Et je vois dans ce principe de vulnérabilité l’accueil des trois dures limites de notre humaine condition : un corps sexué, le temps compté et la mort inéluctable. Et peut-être que la conscience de la mort est l’une des plus précieuses alliées de la vie parce qu’elle nous incite à être complètement et pleinement des vivants ! »

 

Cette table ronde a eu lieu dans le cadre des premières assises du Courant pour une écologie humaine, pour une révolution de la bienveillance, en décembre 2014.

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