Travail ou retour à l’emploi, la force de la bienveillance

Toulouse_DebatBienveillant
Le 24 mai 2016, l’alvéole « débat bienveillant » organisait une conférence-débat sur le thème « Travail ou retour à l’emploi, la force de la bienveillance », en partenariat avec d’autres associations : ACTE, Action Femmes 31 et Solidarités Nouvelles Face au Chômage. Plus d’une centaine de personnes se sont réunies ce soir-là. Benoit, en charge de l’alvéole, raconte.

INTRODUCTION

Le Courant pour une écologie humaine est une initiative prise en 2013 par 3 personnes, qui, ensemble, et sur la base d’un constat partagé sur l’état de notre société française, ont voulu réveiller les consciences : il est urgent de remettre l’homme au centre de nos activités, de nos débats, de nos vies, d’agir « à hauteur d’homme ». Ce courant – ni parti, ni mouvement – est présent sur tout le territoire français, dont la Haute-Garonne.

Ecologie humaine : prendre soin de notre environnement, naturel, végétal, minéral, urbain ou rural, par une meilleure gestion des ressources terrestres, une meilleure alimentation, une plus grande sobriété énergétique … c’est l’écologie. C’est important. Prendre soin de l’homme, de tout l’homme, de tous les hommes, des plus proches aux plus éloignés, avec une attention particulière aux plus fragiles, aux plus petits. C’est la dimension humaine de l’écologie. C’est essentiel. Les deux sont indissociables et la seconde donne une cohérence à la première. « Tout est lié » dit le pape François.

Pourquoi y-a-t-il urgence ? Parce que le constat nous saute à la figure. Consumérisme excessif qui génère les gaspillages, absolutisation de la liberté individuelle au détriment de la fraternité, rejet des plus faibles, communautarisme, financiarisation de toute activité, refus du dialogue, clivages et violences. C’est ce que l’on voit actuellement dans notre pays. Ces excès amplifiés par une mondialisation mal contrôlée, des médias avides de sensations fortes et motivés par le seul audimat, une absence de vision globale de nos édiles. En oubliant les initiatives nombreuses et discrètes d’anonymes qui font un travail remarquable pour changer ces évolutions délétères. Nombreux parmi vous s’investissent. Qui en parle ?

Comment accepter qu’en France, pays de la liberté et de l’égalité, à fort pouvoir d’achat, où la protection sociale et médicale est si forte, pays de haute technologie, nous ayons un taux de chômage de 10%, 10 000 suicides par an mais 200 00 tentatives majoritairement chez les jeunes, un taux de divorces qui explose, des résultats scolaires jugés médiocres …. Tous problèmes auxquels on ne sait avancer comme solution que plus de moyens, d’argent et de croissance économique ? Et la croissance de l’homme qu’en fait-on ? Est-elle indexée à la croissance économique ?

A quoi sert le Courant pour une écologie humaine ? Le CEH est un éveilleur de consciences, un laboratoire d’initiatives et de partage d’actions, avec d’autres. Pas seulement pour éveiller les élites, mais pour éveiller chacun de nous, car chacun est concerné et chacun, à sa place, a le pouvoir de changer le cours des choses à son niveau. Avec en fil directeur : la recherche du bien commun, le bien de l’homme et la responsabilité de ce que nous transmettrons à nos enfants et petits-enfants.
Comment ?
– Par le partage des expériences, la mise en valeur des initiatives concrètes, des sessions de form’action, l’organisation de débats, les assises de l’EH en décembre 2014 à Montreuil, un colloque sur l’agriculture à Paris. Assises du travail, peut-être, en 2017 à Toulouse ?
– Par le travail en réseau avec d’autres associations et mouvements qui partagent les mêmes priorités.
– Aussi par la pratique contagieuse de la bienveillance dans nos relations sociales, familiales, professionnelles, nos relations de tous les jours.

 

« TRAVAIL ET RETOUR A L’EMPLOI : LA FORCE DE LA BIENVEILLANCE »

Le travail, même si il est en perpétuelle transformation et quelle que soit sa forme, salariée, indépendante, bénévole, domestique, reste une activité essentielle de l’homme : œuvre de création, de libération, de contribution à la croissance de la société, à sa propre construction et à celle de ses proches. Et pourtant, il est souvent vécu comme une aliénation, comme une lutte, comme une nécessité alimentaire et sociale subie. Et que penser de ceux et celles qui en sont privés, les jeunes qui n’arrivent pas rentrer dans le monde de travail, ou les moins jeunes qui perdent leur emploi ou n’arrivent pas à en retrouver ? Il y a un énorme chantier, et les augmentations salariales, les contrats aidés, le changement du code du travail, et toutes les lois qui s’empilent depuis 50 ans ne suffiront pas à inverser le cours des choses. C’est au cœur des relations, patron/subordonné, client/fournisseur, contremaître /ouvrier, professeur/élève, élu/citoyen, homme/femme, parents/enfants …. qu’il faut travailler. La pratique de la bienveillance dans les relations au travail, dans l’organisation de la vie sociale, dans l’accès à l’emploi… est une des clés de cette révolution du travail qu’il nous faut mener.
La bienveillance en entreprise peut être pratiquée de différentes façons.
Christophe Nobilet, témoigne. Il a repris voilà 4 ans l’entreprise France créances, qui a 40 ans d’existence et emploie une trentaine de salariés. Son objet : le recouvrement de créances. Une activité de service et de proximité, à priori ingrate et peu gratifiante. Dans la réalité elle exige beaucoup d’écoute, de dialogue, de pédagogie et parfois de fermeté ! Un dialogue qui s’appuie sur des principes d’équité et de justice. Un travail donc où la bienveillance a une très grande importance pour éviter les conflits. Et, dans la grande majorité des cas, cela fonctionne.

Suite à ce témoignage, le débat, animé par Sabine Caze, débute. Sont en premier lieu présentées les associations partenaires :
ACTE : accompagne des cadres en repositionnement et en recherche d’emploi. Des bénévoles : anciens cadres et dirigeants d’entreprise, graphologues, psychologues … Un accompagnement sur la durée.
Action Femmes 31 : concentre son action sur le retour à l’emploi des femmes quadra qui veulent reprendre du travail après avoir consacré quelques années à l’éducation de leurs enfants ou à d’autres occupations.
Solidarités nouvelles contre le chômage : association nationale qui aide les personnes dans leur recherche d’emploi. S’adresse à tous types de professions.

En synthèse, les orateurs ont montré chacun à sa façon que la bienveillance dans les relations professionnelles est un état d’esprit et une démarche qui, bien loin de la complaisance ou de l’idéalisme, participent à la construction des personnes et des groupes. Cette construction vise à la fois un plus grand épanouissement personnel et une contribution plus active au projet de l’entreprise.
Cette attitude de bienveillance exige de travailler :
– La connaissance de soi. C’est un des axes de l’accompagnement fait par Acte, Action Femmes 31 et SNC.
– La capacité d’écoute active.
– La simplicité et la vérité dans la relation.
– Le courage dans le dialogue et l’action.
CONCLUSION

Des interventions de qualité et bien dans la tonalité « écologie humaine », proposant à la fois des principes de comportement et d’attitude et des exemples concrets.
Quelques mots clé : « créer de la valeur dans le respect des valeurs de l’entreprise ». « Cela demande une exigence de vérité ». « Etre d’abord bienveillant avec soi-même ». « Accepter l’échange ». « Ecoute active ». « Simplicité dans la relation, surtout quand il faut faire passer des messages difficiles. ». « La bienveillance peut aller avec la gagne ». « C’est un moteur ». « Un comportement plus qu’un mode d’emploi »…
A méditer… et mettre en pratique !

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Courant pour une écologie Humaine

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