Bastien, la quarantaine, père de 4 enfants, travaille dans une banque à Lyon. C’est déjà un beau programme, mais ça ne s’arrête pas là : il a récemment décidé de suivre un stage d’auto-construction d’éolienne. Son objectif ? Atteindre l’autosuffisance énergétique. Il raconte ses surprises et les nombreux enseignements qu’il a tiré de cette expérience peu commune.

Genèse du projet 

Cette transition écologique étant très satisfaisante à vivre, Bastien et sa femme décident de pousser plus loin encore la démarche et se mettent à chercher des solutions pour réduire leur dépendance énergétique ainsi que leur empreinte carbone.

En 2013, après avoir apris que leur troisième fille est atteinte d’une maladie génétique orpheline , Bastien et sa femme décident de réaliser un rêve de longue date : prendre un congé sabbatique et partir à la découverte du monde. 

Ils achètent un véhicule tout-terrain et partent avec leurs 4 enfants, âgés de 1 à 8 ans sillonner les routes de l’Asie du Sud-est, de l’Afrique Australe et de l’Amérique du Sud deux années durant. Cette aventure enrichissante et constructive les renforce dans leurs convictions écologiques et humaines : impensable de reprendre un rythme de vie classique façon “Métro, Boulot, Dodo” !

À leur retour en France, le couple achète alors une grande propriété de 5 hectares dans la Drôme qui permet à Bastien de continuer à travailler à Lyon tout en vivant dans un endroit calme, propice à la transmission de valeurs fortes à la nouvelle génération. 

Construit il y a plus de 40 ans, ce domaine comprend des terres agricoles, des bois, des cours d’eau et quelques sources d’eau potable. Il permet ainsi à la famille d’être autonome en chauffage et en eau, la maison n’est d’ailleurs pas reliée au réseau de distribution d’eau communal. Les vergers et les pâturages leurs permettent, quant à eux, de produire une partie de leur alimentation.

Cette transition écologique étant très satisfaisante à vivre, Bastien et sa femme décident de pousser plus loin encore la démarche et se mettent à chercher des solutions pour réduire leur dépendance énergétique ainsi que leur empreinte carbone.

Parler à ses voisins et faire des découvertes fructueuses

Bastien et son épouse découvrent l’association Tripalium. Ce réseau, fondé en 2007, propose à des particuliers de suivre des stages d’auto-construction d’éoliennes Piggott.

En discutant avec des voisins, ils apprennent que, dans les années 70, une éolienne existait sur leur propriété et permettait à l’ex-propriétaire de produire une partie de son électricité. Séduit par l’idée, le couple décide de se renseigner sur le potentiel énergétique de leur terrain. Pour ce faire, il mandate une société de conseil en énergie pour obtenir un diagnostic de leur consommation actuelle, en observe les réductions potentiellement réalisables et creuse les technologies existantes pouvant les aider à atteindre ce but. La conclusion de toutes ces démarches : il leur faut une combinaison panneaux solaires / éolienne. 

C’est alors que Bastien et son épouse découvrent l’association Tripalium. Ce réseau, fondé en 2007, propose à des particuliers de suivre des stages d’auto-construction d’éoliennes Piggott.

Vous avez dit “éolienne Piggott” ?

Une éolienne de petite taille, dont les pales sont faites en bois ; le mât est une structure tubulaire en acier. La technologie est donc simple, mais permet un entretien efficace qui garantit une durée de vie plus longue que les éoliennes industrielles.

Les éoliennes Piggott ont été inventées par un fermier écossais, Hugh Piggott, il y a une quarantaine d’années. Ce dernier, lassé de son groupe électrogène, décide d’utiliser le potentiel énergétique éolien de ses terres pour produire sa propre  électricité. Il construit alors sa propre éolienne.

Après sept tentatives infructueuses, il arrive à mettre au point un système robuste et pérenne. L’éolienne ainsi construite est une éolienne de petite taille, dont les pales sont faites en bois ; le mât est une structure tubulaire en acier. La technologie est donc simple, mais permet un entretien efficace qui garantit une durée de vie plus longue que les éoliennes industrielles. 

Séduits par la technologie, ses voisins s’intéressent au concept. Devant leurs nombreuses questions, Hugh Piggott décide de rendre public ses plans de construction : l’aventure des éoliennes Piggott est née ! 

Et cela fait maintenant 20 ans que le fermier parcourt le monde pour transmettre son savoir et rendre accessible cette initiative au plus grand nombre. Conscient de la demande grandissante, Hugh Piggott propose désormais 6 diamètres différents – de 1m20 à 4m20 pour une puissance unitaire variant entre 200W et 2kW – et un manuel (commandable sur le site internet de Tripalium) détaillant les plans et les étapes à suivre. 

Ces dernières années, Hugh Piggott a également pris part au projet AWP (African Wind Power), ce réseau d’initiatives durables qui permettrait d’alimenter en électricité une partie du continent africain

Tripalium, un concept inédit !

La plateforme Tripalium propose des stages d’auto-construction d’éoliennes Pigott en France. En 13 ans, l’association a réalisé plus de 200 stages et donc construit plus de 200 éoliennes domestiques. 

Et voici comment cela fonctionne : un particulier, désireux de construire sa propre éolienne, propose à l’équipe de Tripalium d’accueillir une formation, soit à son domicile si cela est possible soit dans une structure qu’il connaît : atelier partagé, zone industrielle… 

Les deux parties s’accordent alors sur une date et une durée de formation (généralement comprise entre 4 et 7 jours), puis ils publient une annonce sur le site Internet de l’association. Une fois la capacité maximale (15-20 personnes selon les lieux) / la date d’échéance atteintes, les inscriptions sont clôturées. 

La formation est généralement encadrée par 2 à 3 formateurs agréés, rémunérés par les frais d’inscription des participants, variant entre 200 et 500€ la semaine. Ces frais incluent également le déjeuner et l’hébergement. Les participants n’ont donc plus qu’à charge le petit-déjeuner et le repas du soir. 

L’association demande en effet aux organisateurs d’être en mesure d’offrir le gîte et le couvert aux participants pendant la durée de la formation : dortoirs, tentes dans le jardin, chambres d’amis… toutes les solutions peuvent être envisagées. Une description des prestations est d’ailleurs souvent jointe à l’offre de stage. 

Cette organisation permet de proposer une offre à l’échelle nationale, conviviale et surtout accessible à tous profils et budgets.

Autonomie et liberté

C’est à travers la curiosité des participants, que, dans une grande liberté, les talents et les compétences émergent d’eux-mêmes.

Pendant la formation, les participants sont divisés en 3 groupes et œuvrent sur les trois “corps” d’une éolienne : le façonnage des pales à partir de différentes essences de bois et principalement à l’aide d’outils non mécanisés (scies, marteau…), les soudures et l’électronique.

Une grande autonomie est laissée aux participants dans la gestion des compétences. Chacun est libre de rester autant de temps qu’il le souhaite sur chaque tâche, selon ses compétences, ses besoins et sa volonté. Les horaires journaliers sont également libres pour un seul objectif commun : que l’éolienne soit opérationnelle à la fin du stage.

Bastien est surpris et émerveillé par cette façon dont est organisé le travail : c’est à travers la curiosité des participants, que, dans une grande liberté, les talents et les compétences émergent d’eux-mêmes. Une véritable leçon de management, selon lui.

À noter que chaque atelier est piloté par un formateur qui garantit la sécurité de ses apprentis et leur transmet ses connaissances.  

L’éolienne ainsi construite sera laissée à l’organisateur de la formation qui aura, en contrepartie, financé l’hébergement et les matières premières nécessaires.

Une expérience à vivre !

À la question, “Êtes-vous satisfait de l’expérience ?”, Bastien répond sans hésiter : “bien évidemment !”. 

Selon lui, cette formation a exactement répondu à son besoin tant technique, car elle lui a permis d’apprendre à construire sa propre éolienne de “A à Z”, qu’humain, car il a pu découvrir des personnes d’horizons, de classes sociales et de cultures différentes. Et c’est souvent rare dans notre société en silo où les diverses classes sociales ont bien du mal à se rencontrer. C’est d’ailleurs très intéressant, quand on parle avec Bastien, de noter comme son regard se transforme au fil de la semaine. Oui, il a quelques préjugés en arrivant. Et certainement ceux d’en face, en dreadlocks et baggy, n’en pensent pas moins. Mais à travers des idéaux partagés et un travail commun, les frontières humaines classiques s’effondrent pour laisser place à une sorte d’évidente fraternité. Bastien est convaincu qu’il n’aurait pas eu la chance d’échanger avec ces personnes s’il n’avait pas suivi ce stage, ce qui a rendu l’expérience plus enrichissante encore.

Cette formation a également permis à Bastien d’en apprendre d’avantage sur lui-même, sur ses capacités techniques, son engagement et surtout sa détermination. Car il faut être déterminé pour se lancer dans un projet comme celui-ci : “sacrifier” ses congés, investir du temps et de l’argent pour la formation, l’achat des matières premières et la réalisation de la structure.

De plus, même si Bastien et sa famille n’ont jamais douté de la faisabilité du projet, ce stage les a conforté dans la démarche à suivre et surtout dans les moyens à mettre en place (matériaux et outillage à acheter, installations à avoir…). Désormais, ils savent qu’ils peuvent construire une éolienne en 5 jours, avec des matières premières de base, peu d’électronique et surtout que le système obtenu sera simple d’utilisation et facilement réparable. 

Faute de temps, ils n’ont pas encore pu s’atteler à la construction, mais n’ont pas oublié leur beau projet et se sont engagés à nous faire parvenir des photos une fois l’éolienne en fonctionnement. Et oui, bien sûr, dès qu’on les obtiendra, on vous les montrera !

Si le concept vous a séduit et que votre environnement vous permet de suivre les traces de Bastien et sa famille, ou si vous êtes simplement curieux d’en apprendre d’avantage sur cette initiative responsable, n’hésitez pas à consulter le site et les offres de stage de Tripalium. Vous nous tenez informés de ce que vous pensez construire de votre côté, pour restaurer notre rapport à la nature ?


Sources

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