Raphaèle Bernard-Bacot, artiste butineuse, propose sa chronique potagère au fil des saisons. En ce mois de décembre, elle nous plonge dans la belle histoire d’un tubercule improbable : la poire de terre ou yacón.

Poire de terre ou Yacon.

La poire de terre : un tubercule exotique

Et si on commençait l’année avec un légume-fruit croquant, sucré et exotique tel que le yacon ou la poire de terre ? Il ressemble à la pomme de terre par ses tubercules, à la poire par sa forme et à la pomme et la pastèque par son goût. Quel bouquet original !

Originaire du Pérou, cette tubéreuse de la famille des Astéracées signifie « racine d’eau », traduction littérale de yacon. Au pays des Incas, en partant travailler au champs, on emportait toujours avec soi une ou deux tubercules à couper en rondelles pour étancher sa soif.

La poire de terre Raphaèle Bernard-Bacot

Le yacon : aussi bon cru que cuit

Comme le topinambour, le yacon est une vivace au caractère facile. Mais ils sont aussi envahissants l’un que l’autre, pouvant atteindre facilement 1m50 voire 2 mètres de haut. Avec leur gabarit imposant, ce sont des parfaits coupe-vent à installer en bout de jardin.

Ces géants prennent leur temps pour fleurir car ce n’est qu’à l’automne que vont apparaître, au milieu de leurs feuilles en forme de triangles, leurs petites fleurs jaunes.

La poire de terre se consomme aussi bien crue que cuite. Elle peut même se déguster en salade de fruits ou en dessert détox au cœur de l’hiver, en apportant un bienfait inédit pour la santé ; leur sucre n’est pas assimilable comme tel pour le corps. Elle est donc recommandée aux diabétiques ou tout simplement aux gourmets soucieux de leur ligne.

Cultiver la poire de terre

Géante mais frileuse, la poire de terre ne se plante qu’en mai après les dernières gelées. Inutile de l’arroser, de la butter, de la tailler ou encore de lui prévoir un tuteur, la poire de terre se débrouille très bien toute seule sans aucun soin particulier. La récolte est toujours abondante et se conserve aisément au frais et à l’abri de la lumière.

Et, bonus supplémentaire, elle n’en devient que plus savoureuse avec le temps ! Ses tubercules se cultivent dans une terre profonde, fraîche et enrichie, comme les dahlias auxquelles elles ressemblent à s’y méprendre, à la différence près que ces dernières ne sont pas comestibles. Mais, contrairement aux dahlias, le printemps venu, les poires de terre ne sont pas la cible des limaces.

En somme, ces poires-là sont idéales pour les jardiniers débutants !


Retrouvez la chronique de novembre 2022, sur le topinambour.