Qui ne s’est jamais dit, en quittant sa chambre d’hôtel : “quel dommage que ces savonnettes finissent à la poubelle, je ne les ai quasiment pas utilisées !”. C’est à cette réflexion que l’association à but non-lucratif SapoCycle tente d’apporter une solution en proposant un système de collecte, recyclage et redistribution de pains de savon.

Une expatriation fructueuse 

Cette idée de recyclage de savons a émergé pendant l’expatriation au Cameroun de Dorothée Schiesser Peyrouzet : elle y est particulièrement touchée par l’impact des maladies liées au manque d’hygiène sur la population. 

À son retour en Suisse en 2014, elle décide de créer SapoCycle, une association à but non-lucratif proposant une distribution gratuite de savons réalisés à partir des rebuts de savonnettes des hôtels. 

La démarche rencontre rapidement le succès. Après seulement deux ans d’activité, l’association est même nommée au Swiss Tourism Award, une distinction internationale remise aux acteurs du tourisme (hôtels, restaurants, cafés, offices de tourismes…) pour récompenser leurs innovations et leurs investissements. 

Forte de son succès, Dorothée Schiesser Peyrouzet décide de développer la structure et de créer, en mars 2018, une filiale sur le territoire français, dont les membres sont basés à Mulhouse. 

SapoCycle en quelques bulles

Le programme de recyclage de savons « Bubbles Saving Lives » de SapoCycle est simple et efficace : 

  • L’association conclut des partenariats avec des hôtels qui s’engagent à lui transmettre leurs savons usagés. La méthode de collecte dépend des pays : en Suisse, elle se fait via la société de transport helvète Planzer, alors qu’en France, les hôtels font parvenir leurs rebuts saponacés par voie postale. 
  • Une fois acheminés dans le centre de traitement Wohnwerk (à Bâle) pour les hôtels suisses et ADAPEI Papillons Blancs (en Alsace) pour les structures françaises, les savons usagés sont râpés, réduits en poudre afin d’être reconditionnés, sous contrôle bactériologique, en de nouveaux pains de savon
    Ce recyclage est intégralement réalisé par des personnes en situation de handicap ou en réinsertion professionnelle. 
  • Les nouveaux savons ainsi obtenus sont ensuite transmis à des associations en vue d’être distribués à des familles dans le besoin en France, en Suisse et dans les pays les plus défavorisés. 

Actuellement, SapoCycle travaille avec quelques grands noms du domaine associatif suisse (Schweizer Tafel, Tischlein deck dich, Swiss Red Cross, Stiftung MadagasCare…) et français (Les Restos du Coeur, l’Association Saint Vincent de Paul ou encore Caritas Alsace). 

Des valeurs contemporaines 

Via son programme « Bubbles Saving Lives », SapoCycle travaille sur 3 des enjeux majeurs du XXIème siècle : 

  • La réduction de notre impact environnemental : selon une étude de 2016 menée par FHNW Suisse, le recyclage des savons inutilisés permettrait une réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’incinération de ces derniers, lorsqu’ils  sont considérés comme des déchets.
  • L’intégration sociale : en sous-traitant l’intégralité du recyclage des savons à des entreprises favorisant la  réinsertion professionnelle, SapoCycle participe à l’inclusion sociale et sociétale en France et en Suisse.
  • L’aide aux plus démunis : la distribution des savons recyclés à des familles dans le besoin permet à l’association de lutter contre les inégalités sociétales actuelles, dont la pauvreté.

Une association qui mousse

En tout juste 5 ans d’existence, l’association a distribué plus de 134 800 savons à travers le monde. Cela a été uniquement possible grâce à son réseau de partenaires, actuellement composé de 234 hôtels en France, en Suisse et en Allemagne. Selon les estimations de l’association, ces derniers lui auraient fourni 21 583 kg de rebuts de savons.

Parmi ces derniers, on compte la chaîne Accor, avec l’intégralité du réseau Mercure, quelques Novotel et certains Pullman. Plus récemment, le groupe a décidé de faire rentrer dans le circuit ses filiales plus « économiques ». On peut désormais voir apparaître quelques Ibis Budget, comme celui d’Issoire ou de Paris-Orly

Mais les chaînes hôtelières ne sont pas les seules à participer à l’aventure. Des structures indépendantes, ou de plus petite ampleur ont également décidé d’y prendre part, à l’image du Grand Pigalle Hôtel ou du Champagne Royal Hôtel et Spa

« Le rire est le propre de l’Homme, le savon aussi »

Philippe Geluck

Selon l’UNICEF, chaque année, 1.4 millions d’enfants meurent dans le monde de maladies liées à un manque d’hygiène comme la pneumonie ou la diarrhée. Ces maux sont d’ailleurs les deux premières causes de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans.

Or, des études ont montré que plus de 800 enfants par jour  pourraient être sauvés s’ils avaient accès à des produits d’hygiène de première nécessité (soit une réduction de 40 % des victimes). Mais le savon est une denrée chère et difficilement accessible pour les plus démunis. 

Ce qui semble être une aberration quand on sait que pas moins de 51 millions de savons sont  annuellement jetés par l’hôtellerie française. Ces chiffres démontrent l’importance de la démarche initiée par SapoCycle !

À vos dons ! 

Si ce projet vous a touché, ne bullez plus, agissez en soutenant le projet via la plateforme de don !

Dix francs suisses (soit un peu moins de 10€) suffisent pour fournir du savon à une famille dans le besoin pendant une année. En contrepartie, vous recevrez un petit kit de remerciement composé, entre autres, d’une maison, d’un immeuble ou d’un village en savon recyclé ! 


Sources

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