Invité par l’équipe du Courant pour une écologie humaine de Compiègne, Michel Pernot du Breuil, fondateur de SENS (Solidarité entreprises nord-sud) explique pourquoi il participe au projet de l’Hermitage, dans l’Oise : une belle façon de vitaliser les territoires ruraux.

Michel Pernot du Breuil : “Je suis issu de l’agriculture familiale. Je suis très sensible à ce qu’il se passe dans les milieux ruraux, tant en France d’ailleurs qu’en Afrique. Cela fait 39 ans que je suis engagé dans cette activité de développement en milieu rural africain. Je travaille sur l’entreprenariat social, avec un focus sur l’entreprenariat permettant de résoudre des problématiques en milieu rural.

J’ai toujours eu peur des grosses entreprises, des grosses organisations. En fait, ce qui m’a fait peur pendant mes stages quand j’ai fait mes études, c’était l’entreprise, l’industrie. J’étais un pion au milieu de tout ça. Or, depuis toujours, je crois beaucoup plus – c’est d’actualité – aux micro organismes contagieux ; des micros organismes qui développent un endroit, une façon de faire et qui se démultiplient, qui inspirent d’autres. Je crois aussi beaucoup à la création de liens de complémentarité et de co-développement entre des quartiers de villes et des villages.

Depuis ma plus tendre enfance, je suis touché par la difficulté du monde paysan, des petits producteurs. J’ai grandi sur une petite exploitation familiale : je sais tout ce qu’elle m’a apporté, du point de vue éducatif. Se développer et faire grandir des enfants dans un contexte comme celui-ci, c’est gagnant. 

En 2017, Michel Pernot du Breuil participe à la création de l’Hermitage, à Autrèche (60), un tiers lieu qui décloisonne, questionne et fait agir.

À l’Hermitage, nous avons créé une micro ferme agro-écologique qui produit des fruits et légumes bio en proximité et qui produit aussi des entrepreneurs ! Elle créée du lien social au village, ce qui génère un modèle que d’autres voudront adopter. C’est le développement d’un concept d’entreprises qui font travailler ensemble petits producteurs et transformateurs pour créer de la valeur sur leurs produits et mieux approvisionner les villes en alimentation saine. Quand je dis “saine”, je pense produite agro-écologiquement, avec des vrais qualités nutritionnelles ; la création de valeur est là aussi. Dans un même projet, on intègre à la fois des personnes fragiles, des méthodes de productions agro-écologiques et de la viabilité économique.

Je crois fermement à ce projet. C’est une conversion lente qui ne se fait pas d’un claquement de doigts. En milieu rural, la situation Covid nous a tous donné envie de mieux nous nourrir, plus en proximité. On veut tous des produits bons pour notre santé mais aussi bons pour la santé de la planète. Il y a plus d’envie de la part des administrés d’avoir une démocratie participative et du développement durable. On assiste à des déclics forts. Moi, je pense qu’il y a un vrai mouvement… pour une écologie humaine !” 

 

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