Cultiver : partage de bonnes pratiques #Lyon

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Dans le cadre du parcours Cap 360°, nous avons demandé à chaque participant de révéler ce qui le rattachait personnellement au fait de « cultiver ». Sachant qu’il y a deux façons d’interagir dans son quotidien avec ce thème : soit indirectement, via nos approvisionnements personnels, familiaux ou professionnels (fruits, légumes, autres produits alimentaires), soit directement, par ce que nous cultivons, plantons ou récoltons…

Bonnes pratiques, découvertes de savoir-faire et savoir-être, échanges d’adresses en circuits courts : les retours sont nombreux et passionnants. Des pépites qu’il nous semble vital de partager avec le plus grand nombre, persuadés que nous sommes de leur impact sur nos vies respectives et sur la planète.

Ci-dessous, les retours de Lyon.

 

Stanislas : « J’habite actuellement chez ma sœur qui fait très attention à l’alimentation de sa famille et qui achète ses produits le plus possible de saison, notamment dans une épicerie bio, Prairial, à Vaulx-en-Valin. Ils s’approvisionnent auprès des producteurs locaux. C’est bio, c’est bon, mais c’est cher !

Les circuits courts, marchés ou AMAP, donnent l’occasion de rencontrer directement le producteur de ce que vous allez mettre dans votre assiette. Pour le producteur, c’est l’occasion de diversifier ses ventes, d’avoir des commandes assurées à l’avance et donc de ne livrer que ce dont le consommateur a besoin sans gaspillage.

Pour ma part, le dilemme auquel je suis confronté concernant mon alimentation est le rapport au prix. Consommer des produits de qualité en dehors des supermarchés a un coût et je jongle entre mon budget et mon envie de qualité.

Je suis d’abord à la recherche de produits frais. J’aime manger si possible le moins de produits transformés. Pour l’instant, je fais des courses essentiellement au supermarché mais je suis content d’acheter la viande au rayon boucherie. Ça a d’ailleurs tendance à aiguiser mon appétit.  Et d’ailleurs, sur certains produits comme le jambon de pays, on en trouve souvent du moins cher au rayon boucherie plutôt que sous vide.

Ma prochaine étape sera sans doute d’acheter ces mêmes produits davantage dans des points de ventes qui assurent plus de qualité et de proximité.

Sinon, j’aime la cueillette des champignons et la pêche en rivière, plus pour le contact avec la nature que pour déguster le poisson ou les champis, mais je n’ai toujours pas trouvé de coin propice à côté de la Part-Dieu ! »

 

Anne : « Pour nous qui avons la chance d’avoir un jardin, l’été est un grand moment : tomates, salades courgettes etc… qui se retrouvent mitonnées et, soit englouties tout de suite, soit congelées pour l’hiver. Mais ça ne suffit pas, bien sûr…

Moi aussi je fais mes courses au supermarché, mais je prends mes fruits et légumes de préférence au rayon « saveurs du coin » qui ne propose que des produits de producteurs des environs de Lyon. Ceci dit, je complète quand même car les oranges et les citrons en hiver, même si ce n’est pas de saison, c’est quand même bon ! En revanche pas question d’acheter des courgettes « fraiches » au mois de décembre !

Nous avons aussi la chance d’avoir une ferme sur le plateau de Saint Rambert (Lyon 9) où l’on peut acheter des fruits et légumes. Elle est ouverte le lundi et jeudi soir dès 17h. Depuis deux ans maintenant vient aussi un producteur de fromages et de viande.

L’un dans l’autre, je ne dépense pas plus pour les légumes/fruits mais la viande et le fromage sont un peu plus chers et ça m’arrête, je le reconnais. J’imagine que ça correspond à un vrai besoin car il y a de plus en plus de monde.

Et une fois par an, je m’offre le cadeau d’une petite commande à la boutique en ligne bio qui s’appelle Les jardins d’Hildegarde. C’est cher (surtout les frais de port)… Mais ça vaut le coup.

Dernière chose, j’espère ne pas faire un hors sujet mais je me suis toujours méfiée +++ des produits raffinés, transformés, tous ces produits que mes enfants appellent « avec cancer ajouté », donc j’achète le plus brut possible (ex : farine T65 ou mieux T80, jamais de la 45 ou de la 55/ plutôt que l’acheter, faire sa pâte à tarte prend 5 mn etc…) et je cuisine, et je congèle. »

 

Jean-Philippe : « Habitant en ville, comme d’autres, il est plus difficile d’avoir le contact avec la nature. Mais en famille, nous nous efforçons de n’acheter que des produits de saison (avec leurs surprises comme le fait d’avoir trouvé des fraises en décembre l’année dernière chez un producteur). Nous avons la chance d’avoir de nombreux commerces et un marché à proximité, ce qui nous permet d’acheter des produits de qualité, directement au producteur. La différence de qualité avec les grandes surfaces est saisissante et, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas forcément plus cher. En revanche, il est vrai que cela demande plus de temps à cuisiner.

Nous ne sommes pas particulièrement favorable au bio, car il y a aussi une industrie du bio qui ne vaut pas toujours mieux que la filière traditionnelle : pour les cultures, la seule différence est que les produits de traitement doivent être d’origine naturelle… mais certains sont tout aussi toxiques que les produits industriels. Pour l’élevage, il y a souvent des conditions d’espace et d’alimentation qui sont meilleures, mais l’impossibilité d’utiliser certains traitements en cas de maladie fait que les animaux sont souvent dans une santé précaire. C’est une des raisons qui nous font préférer les circuits courts, qui permettent de discuter avec les producteurs et de savoir comment ils travaillent, car en agriculture traditionnelle aussi, on peut être respectueux de la nature. Les produits de protection des cultures ne sont pas un mal en eux-mêmes, car ils permettent par exemple de lutter contre l’ergot, parasite des céréales, qui peut être mortel pour l’homme. C’est l’usage qui est fait de ces produits qui doit être adapté et non systématique. Entre refuser de se soigner et prendre en permanence des médicaments, il y a un juste milieu.

Je pense que le principal critère est le respect de la nature, dans sa diversité, sa capacité d’interaction et le respect du consommateur pour ne pas chercher à lui vendre n’importe quoi (quand on voit par exemple ce qu’on appelle le minerai de viande et ce qu’on en fait). Et de ce point de vue, les industriels sont complètement à côté de la plaque, mais en partie parce que les consommateurs ne tolèrent plus la variabilité et jugent sur l’apparence et non le contenu. Il y a un travail d’éducation à faire, et ce que j’ai énormément apprécié lorsque nous étions dans les Bouches-du-Rhône avant d’arriver à Lyon, c’est que les enfants allaient avec leur école faire des visites d’exploitations maraîchères, revenaient avec des légumes, faisaient de la soupe en classe, et rapportaient l’excédent à la maison. C’est à mon avis un excellent moyen de les familiariser avec les produits naturels. Maintenant que nous sommes à Lyon, nous avons installé des jardinières pour que les enfants puissent faire pousser des plantes, un bac potager, nous avons aussi une vigne en pot et des oliviers qui nous ont déjà donné du fruit. Cela permet de garder le rythme des saisons, la notion du temps pour faire pousser et obtenir une maturation. »

 

Isabelle : « Je suis plutôt novice sur le thème « cultiver »… Je reconnais que je ne me posais pas beaucoup de questions en tant que consommateur, choisissant la facilité du supermarché où l’on trouve tout « sous la main » et me contentant de boycotter les produits espagnols et à base d’huile de palme ! Mais depuis quelques temps, je m’informe et prends petit à petit conscience de l’importance de connaître l’origine des produits et la façon dont ils sont cultivés, cela ayant un impact sur notre santé et notre économie.

J’ai découvert récemment deux adresses dans mon quartier que je n’ai pas encore testé (mais j’en ai bien l’intention) : la ferme de Maxence (dans le 3e) et ma ferme en ville (6e) où l’on peut trouver des produits locaux et de saison.

Enfin, avec quelques amies sensibilisées, nous nous retrouvons une fois par mois pour cuisiner ensemble et préparer un menu à base de produits locaux et de saison, justement… »

 

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