L’homme et la terre : ce que nous enseignent les paysans

homme-terrePaysans, nous aimons la terre !  Nous nous définissons comme une association de paysans. Nom périmé, dont nous sommes pourtant fiers ! Car le paysan, c’est l’homme du pays. En deux sens : l’homme qui nourrit le pays, en le cultivant. Et l’homme qui habite le pays, qui le connait, qui l’aime.

UNE ÉCOLOGIE FAITE D’OBSERVATION

Pour lui, la terre « n’est ni trop basse, ni trop sale. ». Son écologie est faite d’observation, d’expérience, d’erreurs, d’amour et d’humilité, plus que d’idées et de directives qui stérilisent.

Son écologie est faite d’observation, d’expérience, d’erreurs, d’amour et d’humilité, plus que d’idées et de directives qui stérilisent.

C’est pourquoi le concept d’écologie humaine nous interpelle. C’est l’écologie faite par l’homme, et pour l’homme. Un homme debout, libre, libre de penser par lui-même, et qui cultive sa terre en respectant les rythmes, en les découvrant chaque jour un peu mieux.

LA TERRE GARDE DANS LA RÉALITÉ

Mais le paysan doit aussi retrouver la confiance. La confiance en lui-même d’abord, la confiance en ses semblables. Car les grands tracas de notre temps : solitude, dispersion, poids des administrations, nous atteignent aussi de plein fouet. Mais nous avons un antidote : la terre nous garde dans la réalité.

C’est cet antidote que nous voudrions partager avec vous, avec tous ceux à qui  l’ « écologie humaine » parle. Nous ne pouvons aimer l’homme si nous n’aimons pas la terre. Nous ne pourrons aimer la terre si nous méprisons l’homme. Mais la terre et l’homme ensemble, c’est une alchimie extraordinaire, faite de travail, de sueurs, de récoltes et de bonheurs.

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À propos de l'auteur

EMMANUELLE FRANCOIS
EMMANUELLE FRANCOIS

Vos réactions

6 personnes ont donné leur avis pour "L’homme et la terre : ce que nous enseignent les paysans"

  1. Bonjour Emmanuelle François,

    Il y a longtemps que je voulais répondre à ma manière, en tant qu’artiste, à votre article.
    Je viens d’une famille d’artisan (ébéniste) et de paysan (côté maternel), dans le Cher.

    J’ai réalisé une vidéo il y a un an, de mon père en pré-retraite, passant du temps à s’occuper d’un terrain traversé de sources qu’il aménage. « La Sourdaie » est son domaine de prédilection où ses savoir-faire et ses savoir-être (avec la nature, par exemple) vont continuer à se développer dans cette période de la vie où ce n’est plus exclusivement le métier qui fonde l’homme, mais une manière d’être au monde dont le métier a été fondateur pour l’homme. Il a dessiné avec un architecte l’aménagement d’une tour dans la maison (qui était celle du gardien des sources qui entretenait le système hydraulique alimentant le château plus haut, en eau). Il est intervenu dans le paysage d’abord en défrichant ce terrain de ½ hectare, puis en canalisant les sources qui avait rendu cette terre très marécageuse. Là, il s’occupe des bassins, sur les parois desquels il a dû remodeler la glaise pour stopper les fuites. Ce temps-là est très précieux pour l’homme : on dirait un enfant qui redécouvre les joies du jeu & de la construction dans la nature, avec la nature. Ce rapport au paysage de mon père m’a toujours saisie & l’acquisition de La Sourdaie, ce lieu qu’il a lui même baptisé ainsi, est pour l’homme qu’il est un renouvellement de son rapport au monde, à la nature, au travail, à l’être profond… somme toute attitude encore très proche de l’esprit artisanal.

    Institut de beauté : portrait d’un homme dans son paysage
    24 min 30 _ VI 2012
    coul. _ 16:9 _ mini-dv

    avec Sylvain Treuillard
    à La Sourdaie

    Sur le blog Machina perceptionis :
    http://treuilsanaturemorte.blogspot.fr/2013/07/institut-de-beaute-portrait-dun-homme.html

    Mon père a été Maître Artisan Ébéniste, en retraite ce 1er juillet 2013, à l’âge de 61. Il a collaboré avec des architectes, prenant soin de choisir sur pied, dans les forêts locales (Pays Fort, Sologne) les arbres qu’il allait ensuite scier & mettre à sécher lui-même avant de le choisir à bon escient, plus tard, pour en réaliser un meuble, un assemblage mobilier. Son travail l’impliquait totalement depuis son corps jusqu’à son esprit. Ce rapport physique, intellectuel, voire spirituel, au travail, est une marque de l’artisanat. Toujours, la noblesse de son travail était relevée, non seulement dans son résultat, esthétique, mais dans son processus même qui épanouissait aussi l’homme dans sa tâche (sans vouloir idéaliser ce métier, car les inconvénients sont aussi nombreux, notamment pour la santé).

    Voir Institut de beauté sur Youtube :
    http://www.youtube.com/watch?v=qUHYu9l9qF0&feature=share&list=UU2Olb997BOzR8ybgS6p70xw

  2. Par ailleurs, je tiens un blog « La Vaillante », Paroles de fond & de veille au service de la vie dans la société française, Post 13 janvier 2013, où j’ai publié une page concernant aussi la définition du pays : « Connaître & aimer son pays » d’après la lecture du livre de Bernard Peyrous : http://lavaillante.hautetfort.com/connaitre-et-aimer-son-pays.html Voir le chapitre : « Nation, État & Pays »

  3. Très beau texte d’une extrême vérité. Moi-même paysan, je sens ces mots vibrer en moi. Merci.

  4. Jean-Marie Gouarné dit :

    C’est une belle vision mais je la trouve un peu trop colorée de romantisme.

    D’abord n’oublions pas que le mot « pays » vient de « pagus », qui désignait l’espace extérieur à la cité. L’homme du pagus, le « paganus », était le « païen », le mécréant qui résistait aux idées nouvelles, et parfois même le banni ou le hors-la-loi. Tout sauf l’homme qui a choisi la terre et qui l’aime. Ce n’est que dans les tous derniers siècles que se définit le « paysan » avec la connotation sentimentale, voire nostalgique, qui s’attache maintenant à ce mot.

    Dans la ruralité d’aujourd’hui, le « paysan » européen a depuis longtemps laissé la place à l’agriculteur, c’est-à-dire à un professionnel de l’agro-alimentaire qui gère une industrie à base de nitrates, de gazole, de subventions et de réglementation. Il est souvent victime d’un mal de vivre qu’on croyait réservé aux citadins. Impliqué dans un système économique global, il n’a pas la complète maîtrise de sa relation avec une terre qui est avant tout considérée et traitée comme un facteur de production.

    Je ne doute pas de l’existence de paysans qui aiment la terre, comme l’auteur de cet article. Je pense aussi qu’ils ont plus de chances que les autres d’avoir une vie équilibrée (ce qui bien entendu ne veut pas dire une vie facile). Mais je crains qu’il ne s’agisse d’une minorité de survivants. Ou peut-être, dans une perspective plus optimiste, de précurseurs d’un monde futur… mais à très, très long terme !

    Dans l’immédiat, je vois surtout dans l’agriculture l’histoire pathétique d’une lutte contre la terre. Une lutte qui dure depuis plus de 5000 ans et qui par exemple, dès la plus haute Antiquité, a irréversiblement bouleversé l’équilibre du monde méditerranéen en y remplaçant la forêt par le maquis, la garrigue et le désert. Contrairement aux administrations et aux marchés, la terre est la seule partenaire du paysan qui ne rend les coups que de manière indirecte et longtemps après les avoir reçus. Bien peu de paysans sont conscients de la responsabilité que cela implique.

    Nous devons nous souvenir que, pendant les premiers millions d’années de notre histoire de primates hominidés, nous avons exclusivement vécu dans les hautes branches de la canopée en cueillant notre nourriture. Et puis, il y a quelques millénaires, donc en quelque sorte très récemment, les changements climatiques et l’augmentation de nos effectifs nous ont obligés à descendre des arbres, puis à taquiner le sol pour en augmenter la productivité. Depuis, notre histoire est une longue suite de crises qui montre que nous n’avons pas encore réussi à nous adapter durablement à ce changement. Paysans ou non, nous sommes capables de visiter la Lune et de nous passionner pour les étoiles, mais nous n’aimons pas la terre; notre culture humaniste et scientiste nous la fait considérer comme une ressource au service de l’homme et non comme un monde dont l’homme fait partie. La survie de notre espèce impliquerait un dépassement de ce malentendu fatal, mais ce n’est pas gagné.

    • françois dit :

      1- ce n’est pas l’agriculture mais le bois nécessaire aux galères romaines qui a provoqué la désertification du bassin méditerranéen.
      2- la survie de notre espèce impliquera un retour à l’amour de la terre :elle n’est pas une carrière minière nais notre matrice vitale :nous venons de la terre ,nous y retournons et dans l’intervalle nous en tirons notre nourriture .y a t-il plus beau sujet d’émerveillement et de louange que la photosynthèse: en absorbant le CO2
      elle purifie notre air et fait pousser les plantes sans que l’homme sache pourquoi !

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