L’amarante, “mauvaise herbe” comestible

14 Oct, 2022 | NATURE & ENVIRONNEMENT

Fille de paysans solognots, Caroline Martin grandit avec le goût des légumes qui ont pris le temps de pousser au potager familial. Après 20 ans en Grande-Bretagne, l’envie de vivre différemment, près de la nature, la ramène dans sa région natale. Elle s’y installe avec son mari et décide de prendre le contrôle de son alimentation en faisant un jardin potager. Elle y découvre notamment les plantes sauvages qui y élisent domicile et partage aujourd’hui son amour de l’amarante.

Amarante

L’amarante, éventail de couleurs

Originaire d’Amérique Centrale, l’amarante est une plante qui s’avère incroyable quand on prend le temps de l’étudier.

De fait, il en existe des centaines de variétés ; si les vertes sont connues des jardiniers et des agriculteurs comme étant des mauvaises herbes, certains adorent les rouges pour leur coté plantes sculpturales très décoratives.

En réalité, il en existe aussi des orange, violacées, rosées… Bref, il suffit de faire une rapide recherche sur internet pour voir une superbe collection de couleurs !

Cultiver l’amarante

C’est une plante qui, si les conditions sont bonnes – temps doux et pluvieux – poussera extrêmement vite. Au jardin potager, même s’il fait sec et chaud, elle poussera bien plus vite que vos plants ; il sera donc nécessaire de ne pas la laisser envahir leur territoire et de faire du désherbage.

Consommer les feuilles d’amarante

À l’instar de son cousin d’Amérique de Nord, le Chénopode (une autre mauvaise herbe…), il est possible de manger ses jeunes feuilles. Récolter les feuilles les plus jeunes de chaque plante arrachée permettra de faire un plat des moins coûteux ! Légèrement bouillies ou cuites à la vapeur, avec une noix de beurre, les feuilles d’amarantes ressemblent à des épinards.

Si vous avez choisi d’avoir des amarantes plus décoratives, dans votre parterre de fleurs, sachez que les variétés à feuilles rouges sont tout aussi mangeables et que leurs feuilles deviennent mauves à la cuisson (de quoi impressionner vos invités !). Et si vous conservez le liquide de cuisson, vous pouvez y faire cuire du riz ; celui-ci prendra une magnifique couleur pourpre, un joli moyen de faire pétiller le riz blanc.

Attention, comme pour les chénopodes, les feuilles d’amarantes contiennent de l’acide oxalique. Il ne
faut donc pas en manger souvent et éviter totalement en cas de problèmes rénaux.

Les graines, semblables au quinoa

Si l’on ne peut faire que quelques repas avec des feuilles d’amarante, on peut en revanche manger ses graines aussi souvent qu’on le souhaite. Les jardiniers peuvent donc les laisser pousser dans leur jardin, là ou elles ne risquent pas de faire trop d’ombre aux légumes.

L’amarante a de nombreux points communs avec le quinoa ; ses graines sont exempts de gluten et c’est une bonne source de protéines. On en trouve d’ailleurs de plus en plus dans les magasins spécialisés et les coopératives bio. Elle contient aussi différents minéraux et elle est riche en fibres.

Une chose à savoir : pour les jardiniers qui veulent manger les graines, il faut bien les laver : « elles ont une teneur élevée en saponine qui doit être éliminée par lavage avant de pouvoir être consommée (l’amarante achetée est généralement prête à l’emploi). Ce processus simple consiste à rincer les graines à plusieurs reprises (au moins 5 fois) dans un bol d’eau et à les filtrer à travers un tamis fin. » (traduction de l’anglais)
Quoi qu’il en soit, une fois les lavages finis, ces graines peuvent être germées, transformées en pop-corn, grillées, moulues en farine ou consommées comme des céréales, ce qui permet de les ajouter à une multitude de plats.


Découvrez le dernier article de Caroline Martin sur le chénopode blanc.

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