Selon Philippe Royer, auteur de S‘engager pour le bien commun, l’économie bienveillante consiste à mettre le bien collectif au-dessus du bien individuel.

Économie bienveillante

Philippe Royer : ” L’économie bienveillante se rapproche de l’économie de communion ; c’est une économie dans laquelle on sait que le bien collectif est supérieur au bien individuel. Et dans laquelle chacun apporte ses talents individuels pour contribuer au bien collectif.

C’est une économie qui va à l’encontre de l’approche américaine ultralibérale de, notamment, l’économiste Milton Friedman disant de l’entreprise qu’elle devait être profit. Ou de celle de Ronald Reagan, 40ème président des États-Unis, qui affirmait lors de son discours d’investiture que le gouvernement n’est pas la solution à notre problème ; le gouvernement EST le problème. Autrement dit, seul le marché peut tout régler.

Depuis janvier 1981 (date du discours de Reagan), cependant, on a bien pu percevoir que le marché ne réglait pas tout. Certes, il a généré des choses positives en termes d’emploi et de créativité, pour ne citer que cela. Mais on a vu également que si on laissait le marché régler la répartition de richesses, par exemple, ça ne fonctionnait pas.

Acteurs du bien commun

La somme des individualismes ne fait pas le bien commun. Il est absolument essentiel de poser cette vision du bien commun et d’inviter chaque personne à la rejoindre, pour en devenir acteur. Le mécanisme du bien commun est différent de ce que l’on connaît aujourd’hui : il s’agit de partir d’une vision collective, à laquelle on apporte des contributions individuelles.

Et ça, ça nous conduit au bonheur. Car c’est lorsque je contribue à la vie bonne, en faisant des choses qui ont du sens individuellement et collectivement, que je me sens en harmonie. Alors, la raison d’être du groupe rejoint ma raison d’être et ma vocation profonde ; de cette harmonie découle la paix, la joie – l’essentiel, au fond !

Quant aux biens matérialistes, leur cumul est une sorte de drogue : on en veut toujours plus. Et l’on est toujours déçu parce que l’on trouve toujours quelqu’un qui possède plus nous !

Mettre sa vocation en mouvement

On a déjà tout reçu, à travers nos talents et notre vocation ! Quid de les mettre au service du bien commun ?

Je crois qu’il est important de mettre sa vocation en mouvement, non dans une compétition contre les autres, mais dans une belle coopération, et une grande cohérence. Voilà la recette du “gagnant-gagnant” !

Je crois que c’est ça, le modèle de l’économie bienveillante.”


Découvrir une autre vidéo de Philippe Royer : S’engager concrètement pour le bien commun