202 millions de membres, 7,8 milliards de déchets recyclés et plus de 44,8 millions de dollars reversés à des associations : voici le fructueux bilan de TerraCycle depuis sa création. On a décidé, qu’en en cette Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, on allait vous présenter cette entreprise leader dans le recyclage des déchets non recyclés par les filières de tri classiques.

Genèse du projet

L’idée de TerraCycle naît en 2001, au Canada. Tom Szaky, hongrois d’origine, fils unique d’un couple de médecins, découvre cette année-là les “supers pouvoirs” des lombricomposteurs. 

À l’université de Princeton, aux États-Unis, où il suit des études de psychologie et économie, il entreprend de développer ce type de compostage. Il place toutes ses économies dans une flotte de lombricomposteurs et tente d’éradiquer les déchets organiques générés par les étudiants en espérant produire cet engrais qui entretiendrait les belles pelouses du campus. 

Après plusieurs mois à récupérer à la pelle les restes de nourriture des cafétérias de son université, Tom se retrouve épuisé, fauché, prêt à jeter l’éponge. Et c’est là qu’il rencontre Suman Sinha, son tout premier investisseur. Avec cet argent, Tom peut louer ses premiers bureaux et se consacrer exclusivement au lancement de Terracycle.

En 2005, il lance son premier “grand” partenariat avec la multinationale Walmart, une entreprise américaine transnationale spécialisée dans la grande distribution, qui lui permet de développer sa collecte de compostage et en parallèle de commercialiser l’engrais produit. Le succès étant au rendez-vous, Tom décide d’aller plus loin dans l’aventure. Il lance un programme de collecte de bouteilles usagées en vue de les utiliser pour conditionner les engrais vendus. À la fin de l’année 2006, c’est un million de dollars d’excréments de lombric liquéfiés, conditionnés dans des bouteilles de soda usagées, qui est vendu sur le territoire américain.

En 2007, TerraCycle élargit encore sa gamme de recyclage et propose le déploiement de bornes de collecte de sachets de jus de fruits usagés. Le succès est tel (les 100 points de collecte sont épuisés en moins de 24 heures) que l’entreprise décide de réitérer le programme avec les pots de yaourts et les emballages de barres énergétiques. 

Ainsi, depuis 2008, TerraCycle ne cesse de diversifier son offre, gardant toujours en tête son combat initial : éliminer la notion de déchets. 

Publication de livres sur les enjeux de la réduction des déchets (The Future of Packing, Make Garbage Great ou encore Outsmart Waste), commercialisation des DVD de la série Garbage Moguls pour inciter les entreprises à réduire leurs déchets, production d’une chaîne télévisée Américaine nommée “Human Resources” (visionnable sur ITunes)… l’entreprise est sur tous les fronts pour atteindre son but !

Les campagnes de recyclages gratuits

Dans le monde entier, la plateforme TerraCycle offre plusieurs programmes de collecte. Son programme phare consiste en la proposition de campagnes de recyclages gratuits pour les particuliers. Ils visent à collecter des déchets non recyclés par les filiales classiques : capsules de café, mégots de cigarette, stylos, gourdes de compotes, plastiques de plage… principalement générées par les marques sponsors. 

À chaque nouvelle campagne, la plateforme indique le nombre de points de collecte proposés. 50 pour les collants DIM, 1 000 pour les emballages cosmétiques L’Oréal, 200 pour les capsules Eco Caps Lavazza et des dosettes souples Carte Noire ou encore 550 pour les gourdes de compote Pom’Potes. 

Structures publiques (écoles, mairies, centres administratifs…), particuliers ou entreprises privées, tout le monde est à même de candidater pour recevoir une borne de recyclage. 

Une fois que la potentielle structure d’accueil à accepter d’héberger le point de collecte, le demandeur n’a plus qu’à faire parvenir son formulaire de candidature à TerraCycle pour vérification et approbation. 

Si le dossier est retenu, le demandeur reçoit une autorisation de l’entreprise de recyclage, le nouveau point de collecte est enregistré sur la plateforme Internet et est visible sur les cartes dynamiques de localisation des bornes. 

Les seules exigences de la plateforme : que les points de collectes soient accessibles au public et qu’ils soient distants à minima de 8 km l’un de l’autre. 

La typologie des emballages acceptés est choisie par les financeurs du projet. Certains sponsors vont proposer un recyclage par thématique, à l’image de St Michel et de son programme de recyclage des emballages de biscuits et pâtisseries. D’autres se restreignent aux emballages de leurs propres produits, tel que UHU qui n’accepte dans son programme que les contenant de sa marque. 

Terracycle se charge uniquement de la collecte des déchets, le recyclage est laissé à la charge des marques initiatrices du programme en question. 

Pour inciter les particuliers et les collectivités à participer au projet, Terracycle a mis en place un système de récompense : la plateforme crédite les comptes des participants de points Terracycle qui pourront être convertis en dons financiers à l’association de son choix, sur la base de 1 centime d’euro par point TerraCycle. 

La quantité de points attribuée par collecte dépend du poids total de cette dernière, à raison de 100 points par kilogramme de déchets, sur la base d’un envoi minimal de 5 kg. Par conséquent, les collectes inférieures à 5 kg ne reçoivent pas de récompense. 

De manière plus concrète, 10 kg de déchets recyclés permettent à la structure de collecte de gagner 1000 points TerraCycle et donc de faire un don de 10€ à l’association sélectionnée par vos soins.

Déchets industriels / boîtes Zéro Déchets / ateliers d’Upcycling 

En 2014, Terracycle lance un programme payant avec des solutions de recyclage pour les déchets non pris en charge par les filières classiques. 

La structure propose à la vente des boîtes “Zéro Déchets” en vue de collecter les déchets générés par les particuliers, les collectivités ou les entreprises. Une fois le bac rempli, le fruit de la collecte est à envoyer à TerraCycle qui se charge du recyclage. Accessoires de nettoyage (balais, serpillères, seaux…), cassettes vidéos, chewing-gums et leurs emballages… le panel des possibilités est large et varié. Le traitement des déchets est ainsi subventionné par les contributions des participants, dont le montant varie selon le type de collecte et la taille des contenants (entre 150 et 300€)

L’entreprise propose également des kits de recyclage industriels pour les centres de distribution, les unités de production et les entrepôts. Les structures intéressées peuvent donc prendre contact avec TerraCycle pour estimer leurs besoins réels et chiffrer les coûts associés. Il est intéressant de noter que l’économie du recyclage ne sera pas toujours négative. En effet, dans certains cas, TerraCycle pourra valoriser les déchets de sorte qu’ils génèrent des bénéfices pour la structure en question (revente de matières premières qui auraient été enfouies ou incinérés dans le circuit de traitement standard). 

Plus récemment, TerraCycle a généré des idées d’incitation à l’économie circulaire. Avec son équipe de R&D, elle a travaillé sur les matériels d’écriture et est ravie de pouvoir proposer le premier feutre intégralement réalisé à partir de stylos usagés. 

L’entreprise propose également des tutoriels DIY pour l’animation d’ateliers d’upcycling. Jeu de bowling avec des bouteilles en plastique, lampes avec des bouteilles de shampoing, décorations de Noël avec du papier aluminium… une belle source d’inspiration pour considérer nos déchets différemment !

Le cas BIC, pionnier du mobilier urbain français

L’entreprise de matériel d’écriture française BIC fut la première à soutenir TerraCycle dans le déploiement de points de collectes gratuites en Europe et tout particulièrement en France. 

Aujourd’hui, après 9 ans de partenariat, l’entreprise de matériel d’écriture a collecté plus de 26 millions de déchets et a donné près de 328 000 d’euros à des associations. 

Elle vient d’ailleurs de lancer un partenariat avec Plas Eco, une société française spécialisée dans la conception, la fabrication et la distribution de mobilier urbain dénommé Ubicuity. BIC est ainsi à l’origine de la première gamme de mobilier d’extérieur fabriqué, en France, à partir de stylos recyclés.   

Bien que sponsorisée et pilotée par BIC, la démarche intègre plusieurs acteurs du monde du recyclage. Ainsi, TerraCycle met à disposition les outils nécessaires pour l’organisation, la gestion et la collecte des stylos usagés sur leur lieu de consommation (supports de communication, campagnes de sensibilisation…). Les déchets collectés sont par la suite broyés et envoyés sous forme de pellets ou de paillettes, à Govaplast

Après une sélection minutieuse des matériaux, Govaplast fabrique des planches en plastique recyclé en vue de les envoyer à Plas Eco qui se chargera de les transformer en mobilier urbain. 

À l’heure actuelle, la gamme Ubicuity propose 7 modèles différents : banquettes pour étudiants, bancs d’école, jardinières pédagogiques, tables de pique-nique, tours d’arbre assurant sa protection ou encore assis-debout pour collégiens et lycéens.

Le principal avantage de ces mobiliers urbains réside dans leur résistance, leur faible coût économique (280€ pour un banc)  et surtout leur faible empreinte carbone ! 

Les institutions et les collectivités sont d’ailleurs de plus en plus conscientes de l’importance de valoriser ce type de produits et donc de plus en plus nombreuses à en implanter dans leurs espaces publics : Clichy, Antibes, Toulon…

Loop, la plateforme de e-commerce responsable 

La dernière innovation en date de TerraCycle est sa plateforme de e-commerce zéro déchets, Loop. Initiée en 2019, cette dernière a très vite été accessible dans les supermarchés Loblaws au Canada, Kroger et Walgreens aux États-Unis ou encore dans Tesco en Angleterre. 

Tout nouveau en France, il est pour le moment uniquement accessible en région parisienne (75, 78, 92, 93 et 94) et dans le Grand Lille, mais la plateforme travaille sur un élargissement du réseau à l’échelle nationale. 

L’idée de Loop est de réduire les déchets à la source, avant même qu’ils ne deviennent des rebus. Ainsi, à l’image d’un magasin de vrac en ligne, il propose aux consommateurs des denrées alimentaires, des produits d’entretien ou d’hygiène et de beauté dans des contenants consignés et réutilisables. Pour ce faire, le prix des articles est majoré d’une consigne (indiqué à côté du prix de vente), qui sera restituée aux acheteurs une fois que ces derniers auront retourné les contenants concernés. 

Comme de nombreux sites de e-commerce, la plateforme impose des coûts de livraison de l’ordre de 7.9€, offerts pour toute commande supérieure à 100€. Les frais de collecte des contenants, elles, ne sont pas facturés aux consommateurs.

Si cette entreprise de collecte et de recyclage est inspirante, n’oublions pas que le meilleur déchet reste celui qu’on ne produit pas. À bon entendeur, salut !


Sources

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