Jean-Philippe Lajambe, entrepreneur, propose une aperçu synthétique des différents types d’écologie existants et leurs potentiels écueils. Il le dit lui-même : c’est parfois un peu caricatural, mais ça permet d’avoir quelques repères forts pour bien comprendre les différentes tendances que l’on perçoit au quotidien dans les discours ambiants.

Jean-Philippe Lajambe : “On parle beaucoup d’écologie. Or, il y a beaucoup d’idées différentes qui apparaissent derrière ce mot d’écologie. L’idée est donc de définir les mouvements écologiques qui existent et les idées qui les sous-tendent.

L’écologie du bon sens

Cette écologie du bon sens, de la vie quotidienne, passe par plein de petites actions pour retrouver le sens de la consommation. Cela peut passer par le fait de refaire des gâteaux, des conserves, d’avoir un compost alimentaire, d’utiliser du vinaigre blanc et du bicarbonate pour faire son ménage…
On vous dénigrera assez vite en vous disant “à quoi bon ?”. La réponse est simple ; elle réside dans l’importance du “faire sa part”, valorisé par le mouvement Colibri. Voilà comment devenir acteurs, assez simplement, pour injecter plus de cohérence à sa vie.

La deep ecology

La deep ecology ou écologie profonde met la Terre au centre de la vie, elle est déifiée, elle devient supérieure à l’homme. L’un des risques engendré est que l’homme finisse par n’être considéré que comme son prédateur, qu’il ne s’aime plus.
Ce mouvement est assez complexe. Il explique un certain nombre de choses de notre monde. Ainsi, beaucoup de couples occidentaux se posent aujourd’hui la question d’avoir des enfants : le fait de ne pas avoir d’enfant protègerait la planète. Cela pose donc une vraie bonne question : quelle est la place de l’homme sur notre planète ?

L’antispécisme

L’antispécisme est lié, notamment, à la reconnaissance des droits des animaux. On connait le succès des végétariens qui refusent la consommation de chair animale. C’est une sorte de revanche contre l’exploitation abusive des animaux par l’industrie agro-alimentaire (élevage et abattoirs intensifs, etc.).
L’autre idée sous-jacente qui émerge de ce mouvement est que l’homme n’est pas censé avoir plus de droits, qu’il est un animal comme les autres. Il va être mis au même niveau que la loutre ou le cafard… Sans doute est-ce l’une des dérives de l’antispécisme.

Écologie et démographie

Certains expliquent que la surpopulation de la planète est la cause des dégâts environnementaux. La réponse pour préserver notre environnement serait donc une solution de malthusianisme : réduire le nombre d’habitants sur la planète. L’un des dangers de cette vision est d’avoir un droit de regard sur la vie et la mort d’un certain nombre de Terriens…

Le capitalisme vert

Le capitalisme a du mal à prendre la question écologique au cœur de son sujet et tombe parfois dans ce que l’on appelle le green washing. Je crois que la vraie question que l’entreprise doit se poser est la finalité de l’entreprise. Apporte-t-elle un projet autour de l’humain ? Ou a-t-elle comme unique finalité de faire de l’argent – et, par là-même, de piller les ressources dont elle a besoin ?
Quoi qu’il en soit, l’écologie prend bien en compte une critique du capitalisme tel qu’il est aujourd’hui.

L’écologie politique

Il est assez frappant de constater qu’en Europe, la plupart des partis politiques écologiques sont très présents sur les questions sociétales. Ce que l’on peut remarquer, c’est que l’on va prôner une vie plus simple, un respect des personnes, le principe de précaution, sur l’aspect environnemental. Et sur l’aspect humain, on va être sur une écologie totalement libertaire. Un bon exemple parmi d’autres : les OGM. On va refuser les OGM d’un côté mais tout ce qui est reproduction artificielle ou manipulation génétique va être accepté pour l’homme. Apparaît donc une contradiction, une ligne de fracture importante, entre l’écologie politique environnementale et l’écologie politique sociétale.

L’écologie humaine

L’écologie humaine est un terme qui insiste sur l’intéraction entre l’homme et son environnement – naturel et social. Sa responsabilité est donc engagée : il doit prendre soin de sa planète et des autres.
L’écologie humaine a donc pour objectif de remettre l’homme au coeur de la problématique écologique.

On peut voir, à travers cette énumération succincte, que l’écologie nous amène à reconnaître nos limites. Ces différents mouvements écologiques “jouent” avec elles : la limite entre l’homme et l’animal, entre l’homme et la technique, etc.
L’écologie est donc un terme très vague qui englobe énormément d’idéologies, énormément d’enjeux pour notre société.”

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