Le temps d’acquisition du langage est une période cruciale dans la vie d’un enfant. Le langage structure notre rapport aux autres, à la société et au monde. Son enseignement peut être perçu comme un vecteur de stress pour les parents. C’est là qu’intervient l’association 1001 mots.

1001mots est une association fondée début 2018, par Florent de Bodman, spécialiste de la petite enfance. Il explique : « Nous nous appuyons sur des rapports de sciences cognitives pour établir nos programmes. À un ou deux ans, c’est le meilleur moment pour que l’enfant acquière le langage. Les neurosciences montrent qu’à ce stade de la vie, la plasticité cérébrale est extrêmement élevée et que les connexions neuronales se font à un rythme jamais égalé par la suite ».

Concrètement, l’association propose aux parents des ateliers lors desquels des intervenants (orthophonistes, psychologues, puéricultrices…) suggèrent jeux, activités, idées pour stimuler le langage au jour le jour : apprentissage de chansons, construction de jouets à partir d’objets du quotidien, lectures incitant l’adulte à décrire minutieusement chaque situation racontée, en y mettant l’intonation, etc.
Le but visé par l’association est de donner envie aux parents de s’inspirer de ces bonnes pratiques pour les utiliser une fois à la maison avec leur enfant.

Malak, maman de Raphaël, témoigne : « Depuis que je suis venue ici (aux ateliers de 1001 mots), j’ai compris qu’il fallait aider Raphaël à parler. Maintenant, je lui dis des mots et il répète des mots que j’ai dits, parfois juste la dernière syllabe. Alors que pour ses deux aînés, je les avais laissé parler tout seuls : et ils ont commencé juste à parler à 3 ans ».

Des parents dits « ambassadeurs » organisent des ateliers grâce aux connaissances acquises pour favoriser l’échange de « pair à pair ». En complément, l’association envoie des livres d’histoire pour enfant, tous les mois, gratuitement, ainsi que des conseils par SMS pour stimuler les parents à interagir avec leur enfant. Un exemple : « Votre enfant vous tourne autour pendant la préparation du repas ? Profitez-en pour lui raconter ce que vous faites, le faire participer en posant des questions. Vous l’aidez à comprendre et à dire des phrases plus longues. »

Maryama, 27 ans, mère de Sidy, valide la méthode : « Je me sens plus détendue maintenant : je peux tout faire en même temps. Par exemple : je suis dans la cuisine, j’arrive à être avec Sidy, faire la cuisine et l’occuper en même temps. Alors qu’avant, ce n’était pas le cas. »

1001mots propose ses services avant tout aux familles défavorisées. Une étude américaine montre qu’à 3 ans, les enfants de familles défavorisées connaissent 500 mots contre 1.000 mots pour les familles aisées. Cela engendre de lourds retards tout au long de la scolarité. Cette vision humaniste de l’association a conduit la Fondation Charles Defforey, qui soutient chaque année plusieurs ONG s’illustrant dans l’humanitaire, le social, la recherche scientifique ou la culture, à  récompenser l’association 1001 mots via un don de 150.000 euros en octobre 2020. Une aide bienvenue pour l’ONG, qui ambitionne de s’étendre au plan national.

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