Forum 2020 “Territoires Vivants”. Philippe Royer, directeur général de Seenergi et président des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) témoigne de ce qu’est pour lui un territoire, de ce qui participe à sa vitalisation et incite à faire émerger notre vocation profonde. Une vidéo qui fait du bien.

“Nous ne sommes pas dans un monde où tout est foutu, malgré le fait qu’on y ressente des malaises. Nous sommes dans un monde d’opportunités. Il revient à chacun d’entre nous de voir ces opportunités pour les traduire en espérance pour notre société,”

Philippe Royer : “Je suis investi dans plusieurs projets :

  • Au niveau professionnel, je dirige un groupe coopératif dans le secteur agricole pour développer une agriculture du vivant moderne pour permettre aux agriculteurs de retrouver une dignité dans leur métier. De quoi produire tout en respectant au mieux la vie du sol, des plantes et des animaux.
  • Concernant les EDC que je préside depuis 2 ans, c’est un mouvement de 3400 membres qui vise à permettre à chaque membre d’unifier sa vie personnelle, sa vie professionnelle et sa vie spirituelle.

Nous ne sommes pas dans un monde où tout est foutu, malgré le fait qu’on y ressente des malaises. Nous sommes dans un monde d’opportunités. Il revient à chacun d’entre nous de voir ces opportunités pour les traduire en espérance pour notre société,

Selon vous, qu’est-ce qu’un territoire ?

Pour moi, un territoire est un espace géographique dans lequel vont se retrouver des ressources naturelles – un sol, un climat, une histoire – des personnes et un milieu vivant. Dans l’idéal, une alchimie se créée !

Un territoire vivant est un territoire qui va remettre de la vie et du lien entre ces acteurs ; nous sommes bien dans un monde où tout est lié.

Depuis peut-être 20 / 30 ans, nous faisons partis d’une société fragmentée. L’être humain est parti dans une logique individualiste et une exploitation de la nature assez forte.

On ne peut pas continuer sur un modèle non durable. Dans un territoire vivant, les acteurs vont se lever en disant « On va recréer du lien et de la vie et faire que cet écosystème fonctionne ». Chacun avec son identité différente, avec ses histoires différentes va apporter ses atouts et ses compétences uniques. Et l’enjeu, ça va être de mettre en adéquation cette histoire, ces ressources naturelles, ces talents, pour produire du bien commun. Et on va arrêter de se limiter à l’intérêt général. Le problème de notre société aujourd’hui, c’est qu’elle génère beaucoup trop d’exclus et de déchets. Il y a donc urgence à retrouver la notion de bien commun.

Qu’est-ce que la notion de bien commun ? C’est le fait de prendre en compte tous les acteurs autour d’une ressource, pour la gérer au mieux : l’exploiter, la préserver et la transmettre. Il est nécessaire de conserver l’esprit d’entreprendre, de continuer à innover sur un territoire, mais on va le faire dans une logique de création collective, on va créer dans du commun en veillant à inclure les plus fragile dans la systémie et à respecter la planète, ces quatre composantes vont faire émerger une économie du bien commun. Et si partout où on est, en France, on redéploie cette économie du bien commun, la France elle-même va se retrouver dans une dynamique du bien commun.

Un mot pour conclure ?

Réveillez l’homme ou la femme qui est en vous ! Reprenez votre liberté ! Et faites attention : vous vous êtes aliénés vous-même à être dans un monde normalisé, dans lequel vous voulez ressembler à une image, vous n’êtes plus vous-même.

Donc, éteignez votre cerveau. Laissez émerger en vous, de manière tripale, la vocation de ce que vous avez envie de faire dans le monde. Une vie passe vite. J’invite donc à réfléchir à ce que vous aimeriez avoir fait d’essentiel dans votre vie à l’heure de votre mort. Arrêtez-vous sur cette question qui ne fait pas mourir ! Elle va vous permettre de remettre l’essentiel avant l’important. Et si vous mettez l’essentiel avant l’important, votre vie sera transfigurée. Et vous aurez ce qui est essentiel : la paix et la joie.”