Frédéric Di Meglio est triple champion du monde de photographies sous-marines. Lors du forum Territoires Vivants 2020, il a exposé une séletion de magnifiques photos. Une occasion en or de partager sa passion de cette merveille qu’est le territoire aquatique.

“Dans le cadre du forum Territoires Vivants organisé par le Courant pour une écologie humaine, Je suis venu présenter une exposition de photographies sous-marines . Exposition importante car cela me donne l’opportunité de parler du territoire vivant que constituent les océans.

Un territoire, c’est un espace. L’avantage de l’océan, c’est que c’est un espace géant. D’ailleurs, quand on est loin dans l’espace et que l’on regarde la Terre, on voit que cette dernière est une planète bleue essentiellement composée de mers et d’océans. Il est important de comprendre qu’à travers le mot “territoire”, il y a certes le mot “terre” mais également la mer et l’océan !

Cet espace des océans est en interrelations avec toutes les espèces animales qui y vivent. C’est important pour l’homme de comprendre que l’on est interdépendant. À chaque fois qu’une espèce disparaît, c’est comme si l’homme se coupait un membre.

Les images exposées ont été prises dans différents endroits du monde. Là encore, c’est pour montrer l’interconnexion qui existent entre différents territoires. Il y a des photos qui ont été faites en Atlantique, en Pacifique, en Océan Indien, en mer Méditerranée…

Ici, par exemple, vous avez une photo de mer Méditerranée. C’est l’image d’un poulpe. Le poulpe est un animal extrêmement intelligent. Dans les espèces animales sous-marines, c’est même l’une des espèces les plus intelligentes. On dit parfois que son œil est presque humain. Il a des facultés d’adaptation, de mimétisme. Il peut saisir des choses avec ses 8 bras et il peut se faufiler dans des interstices…

Là, vous avez une image de raie manta qui a été faite aux Marquises. Les raies manta, c’est comme de grands oiseaux qui font 7 mètres d’envergure. Ce sont des animaux fabuleux parce que l’on arrive à avoir des interactions avec eux. Elles viennent tourner autour de vous, une fois qu’elles vous ont acceptés. Oui : ce sont les animaux qui nous acceptent. Sinon, ils fuient. Et quand ils nous acceptent, automatiquement, ils viennent autour de nous.

Regardez l’image du cachalot : quand vous vous mettez à l’eau non loin d’un troupeau de cachalots, au bout d’un moment, l’un d’entre eux vient vers vous. Vous pouvez passer une heure avec lui ; il vous a choisi. Ces interrelations sont très riches émotionnellement. Grâce à cela, le photographe peut réussir à saisir des instants, comme un cachalot qui ouvre la bouche. Rassurez-vous : il n’ouvre pas la bouche pour vous manger ! Un cachalot, pour faire simple, c’est une baleine avec des dents. Pour vous donner un ordre d’idée, sa mâchoire fait 4 mètres et chacune de ses dents pèse environ 1 kg !

Dans ces relations animalières, on sent bien une interrelation très forte.

On parle souvent des requins. Les relations que nous entretenons avec ces animaux ont beaucoup évoluées. Il y a encore trente ans, on estimait que c’était des bêtes à tuer. Elles sont considérées actuellement de façon très différentes.

Notre monde évolue. On comprend mieux certaines espèces lesquelles nous comprennent davantage également. C’est un plaisir et une passion d’être témoin de cette évolution dans le monde sous-marin.

Comment êtes-vous acteur de votre territoire ?

Je suis acteur en prenant des images et révélant cette beauté sous-marine à ceux qui le souhaitent.
Je suis également très impliqué dans des activités subaquatiques, à travers la plongée scaphandre, l’apnée (les images de mammifères se font d’ailleurs principalement en apnée). Je suis moniteur deuxième degré de plongée donc je forme des personnes au plaisir d’être sous l’eau.

Je suis aussi moniteur handisub pour permettre de faire plonger des personnes en situation de handicap. J’ai ainsi eu le grand plaisir de faire plonger des paraplégiques et des quadriplégiques : elles retrouvent un espace à trois dimensions qu’elles avaient perdu. C’est fabuleux !

De quels changements la société a-t-elle besoin aujourd’hui ?

Il y a déjà des changements en cours dans la société, des prises de conscience. Vis-à-vis de la nature, notamment. La biodiversité de la mer, par exemple, est fondamentale. Plus on sélectionne des espèces, plus c’est un danger pour le futur. Le monde évolue, se transforme. Or, certains êtres vivants – animaux comme humains – semblent aujourd’hui ne pas correspondre à la norme. Ils sont pourtant importants : qui sait si, dans un espace lointain, ce ne seront pas eux, la norme ?

Un mot pour conclure ?

Une phrase d’Antoine de Saint-Exupéry : l’eau n’est pas nécessaire à la vie, elle EST la vie. En tant que passionné de mer et d’océan, je peux en témoigner !”

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